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Clause de conscience : les pharmaciens pourront-ils se montrer anti IVG ?

Clause de conscience

Le Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens (CNOP) fait voter les pharmaciens sur une plateforme à propos d’un projet de nouveau Code de Déontologie. Se positionnant avec comme “objectif premier” de “protéger l’intérêt du public et de garantir que l’intérêt du patient prime toujours sur celui du pharmacien”, la potentielle adoption d’une clause de conscience pourrait permettre une politique anti-IVG chez les praticiens.

Un nouveau Code de Déontologie des pharmaciens :

Les codes de Déontologie sont présents dans de nombreux corps de métiers et visent à établir une cohésion, avec certains règles qui permettent ou non certaines actions pour les professionnels inscrits au sein des Ordres. En ce qui concerne celui des pharmaciens, le CNOP organise depuis décembre 2015 des votes virtuels afin de s’ajuster à la volonté de la majorité. La polémique réside dans la signature d’une clause de conscience (quand bien même les médecins en ont une), puisque cela pourrait permettre à des pharmaciens de refuser de délivrer des contraceptifs uniquement par conviction personnelle.

Une clause de conscience ?

Actuellement, les pharmaciens n’ont pas le droit de refuser de délivrer un de leurs produits sanitaires à cause de leurs opinions en tout genre. Voter en faveur d’une clause de conscience impliquerait que “le pharmacien peut refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine“. Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, a montré hier 19 juillet son étonnement, en affirmant que “suivie d’effet, elle ouvrirait clairement la possibilité pour des pharmaciens de refuser de délivrer la contraception d’urgence [pilule du lendemain], la pilule, le stérilet ou même le préservatif “.

Clause de conscience

Contraceptifs © droit-inc

Seulement, pour les pharmaciens eux-mêmes ainsi que pour la Présidente de l’Ordre des Pharmaciens, il s’agirait d’une extrapolation des réseaux sociaux, qui ferait voir la clause de conscience comme une mesure essentiellement anti-avortement, alors qu’il ne s’agissait pas du tout du sujet premier. C’est d’abord l’indépendance des pharmaciens qui prime, d’autant plus que 85% des 3 000 et quelques pharmaciens auraient voté en faveur de la clause, ce qui signifie nullement qu’ils soient autant à vouloir s’opposer à la contraception.

Une lutte pour l’IVG qui n’est malheureusement pas encore finie :

Déjà en mars dernier, Marisol Touraine avait réagi face à l’alerte du planning familial de Gironde qui avait dénoncé un pharmacien refusant de vendre toute forme de contraception, et ce pour une raison de conviction religieuse, ce qui est jusqu’à maintenant interdit par la déontologie pharmaceutique. D’autres formes de dénonciation de ces pratiques non reconnues par la profession avaient déjà eu lieu, notamment avec le procédé de la caméra cachée qui suivait une jeune fille demandant une pilule du lendemain qui les pharmacies refusaient parfois d’attribuer.

Une pétition à l’égard d’Isabelle Adenot, Présidente de l’Ordre des Pharmaciens, lui demande de retirer la clause du projet de Code de Déontologie a été lancée il y a deux jours.

Crédit image à la Une : medicaline-santé.fr

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