Ce 5 novembre et sans surprise, Gérard Collomb est redevenu Maire de Lyon pour un 4ème mandat. Un retour qui a reveillé l’opposition et transformé le conseil municipal en une joyeuse « cour de récréation ».

Médias locaux et nationaux présents en masse, dispositif policier exceptionnel aux abords de la mairie centrale et photographes parqués dans une succursale de l’Hôtel de Ville… c’était jour de conseil municipal aujourd’hui à Lyon. Un conseil « extraordinaire » dans tous les sens du terme : d’abord, car il a été contraint par la démission du maire sortant Georges Képénékian le 25 octobre dernier. Ensuite (et surtout) car il devait réélire Gérard Collomb pour un quatrième mandat à la tête de la ville de Lyon. Un mois tout juste après son départ fracassant de la place Beauvau, l’ex-futur Maire s’est présenté à 8h30 précise devant les 73 conseillers municipaux lyonnais… seulement 15 mois après avoir pris le large pour Paris. Un retour qui a lancé précipitemment les municipales et reveillé l’opposition qui rêve de mettre fin au règne Collomb qui dure depuis 17 ans. Rolland Bernard, le doyen de l’assemblée, a eu bien du mal à obtenir le silence de la part de ses « élèves » devant le regard amusé d’un Gérard Collomb venu siffler « la fin de la récréation ».

Gérard Collomb remet l’écharpe tricolore à gland or, symbole du Maire.

Une élection « promenade de santé » malgré l’égarement de quelques alliés

L’élection ne faisait aucun doute. A l’annonce des résultats et devant les médias, les élus lyonnais ont fait bonne figure, adressant à Gérard Collomb – par une salve d’applaudissement – des félicitations formelles. Néanmoins, l’ancien Ministre de l’Intérieur a obtenu 7 voix de moins qu’en 2014 soit 41 votes sur les 59 exprimés. Avec 73 conseillers municipaux, Gérard Collomb ne fait même pas le plein dans sa propre majorité : les élus écologistes se sont abstenus et l’ex-secrétaire d’Etat Thierry Braillard était tout simplement absent. Du côté de l’opposition, les élus Républicains ont également préférés l’abstention à l’exception de l’ex-Ministre Nora Berra (qui n’est plus chez les LR). De leur côté, 8 conseillers municipaux ont votés pour le maire centriste du 2ème arrondissement Denis Broliquier, le seul opposant à Gérard Collomb dans cette élection. A noter également la presence de 10 votes blancs. Une fois l’élection formelle effectuée et les noms des 21 adjoints officialisés, l’opposition s’est exprimée sans manquer de tacler sévèrement le nouveau maire et lui de répliquer pour faire rire sa majorité et un auditoire acquis.

Collomb comparé à Bouteflika et même à l’Empereur Palpatine

Cette séance d’expression de l’opposition n’a pas dû être une partie de plaisir pour Gérard Collomb. Les tacles étaient nombreux et très bien préparés. C’est l’ex-élu PS, désormais proche de Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Perrin-Gilbert qui a taclé le plus sévèrement : « Vous aviez 15 000 raisons de ne pas vous représentez. 15 000, c’est le nombre de jour depuis votre 1er mandat le 25 mars 1977. Emmanuel Macron prononçait ses 1ers cris à la maternité » avant d’ajouter : « à force de vous succéder à vous même, Lyon est en train de devenir une nécropole politique ». Dans un discours tout aussi offensif retraçant la vie de Gérard Collomb, le chef de file des Républicains Stéphane Guilland pointe « 17 années d’échec » et rappelle qu’il avait 7 ans lors de son premier mandat. Un discours auquel le nouveau maire s’est empressé de réagir en exprimant son souhait, ironique, de prendre Stéphane Guilland comme « biographe ». Le nouveau Maire de Lyon a été comparé au président algérien Abdelaziz Bouteflika qui, malgré son infirmité, brigue un cinquième mandat à la tête de son pays. La saga Star Wars s’est même invitée dans les débats. En effet, Gérard Collomb a été comparé au personnage Palpatine. Le grand méchant de la saga, qui prend progressivement le pouvoir dans les épisodes I, II et III avant de devenir empereur, doit faire face à la rébellion dans les épisodes IV, V et VI. « Je vois que le retour pousse à la création littérraire » s’est amusé Gérard Collomb.

Toutes ressemblances avec un scénarie envisageable seraient fortuites.

A LIRE AUSSI :

Gérard Collomb : le ministre symbole qui ne devait (surtout) pas vaciller