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Comprendre en 5 minutes l’affaire « des cabinets de conseil » qui parasite la campagne

Le Sénat a publié un rapport de plus de 300 pages sur le recours aux cabinets de conseil. Une pratique qui s’est accrue sous le quinquennat d’Emmanuel Macron faisant enflée la polémique.

L’affaire « des cabinets de conseil » est un cheveu sur la soupe dans la campagne d’Emmanuel Macron. Le sénat publiait le 16 mars dernier un rapport de 365 pages titré : l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques. Un compte-rendu dans lequel la commission d’enquête affirme qu’en 2021, les dépenses de l’État en cabinet de conseil ont dépassé le milliard d’euros. Invité sur France 3, le président-candidat a répondu à cette polémique.

Pas « d’affaire » pour le Président

« On a l’impression qu’il y a des combines, c’est faux », a déclaré le président de la République au micro de France 3, avant d’ajouter qu’« aucun contrat n’est passé dans la République sans qu’il respecte la règle des marchés publics. Que quiconque a la preuve qu’il y a manipulation mette le contrat en cause pénal ». Un message qui semble être directement destiné au Sénat qui est à l’initiative du rapport. Ce dernier met aussi en cause le cabinet McKinsey, l’accusant de ne pas avoir payé d’impôt en France depuis quelques années. Là encore, Emmanuel Macron réagit en expliquant que cela s’explique par les règles fiscales en vigueur. Tout en précisant qu’il s’est « battu pour instaurer un impôt minimal sur les grandes entreprises […], dans quelques mois ces cas pourront être bannis ».

L’opposition du candidat cri, quand à lui, au scandale. Certains souhaitent que le Président s’explique plus profondément sur cette affaire.

Mais que dit exactement ce rapport ?

C’est un « phénomène tentaculaire » dénoncé par le Sénat, le gouvernement fait appel pour certaines tâches ou missions à des cabinets privés externes, ce qu’on appelle des cabinets de conseil. Cette pratique a toujours existé, mais depuis le quinquennat de Macron, elle s’est accélérée, notamment durant la crise sanitaire. Des dépenses qui ont dépassé le milliard d’euros au global en 2021 dont 893,9 millions pour les ministères. En comparaison, en 2018 les dépenses de conseil des ministères plafonnées à 379,1 millions d’euros. Des montants qui paraissent normaux pour Emmanuel Macron qui juge que « lorsque des ministères sont jour et nuit au travail et qu’ils demandent des prestataires extérieurs pour les aider, ça ne [le] choque pas ».

Pourquoi le nom McKinsey ressort ?

Un des cabinets de conseil, McKinsey, est au cœur de la polémique. Ce dernier n’aurait pas payé d’impôt en France pendant 10 ans grâce à de l’optimisation fiscale selon le rapport. Un fait qui dérange alors que le gouvernement lui a versé des millions d’euros pour ses différentes missions.

La justice a donc été saisie par les sénateurs, une enquête est en cours. Cependant, le cabinet a affirmé avoir respecté les règles fiscales françaises.

Une particularité française ?

Le gouvernement a lui aussi affirmé qu’il n’y avait aucun scandale. « Cela fait des décennies que c’est utilisé dans tous les pays » s’est exprimé Gabriel Attal. Avant d’ajouter qu’un objectif était fixé : « baisser de 15 % les dépenses en 2022 ».

Mais ce n’est effectivement pas une pratique exclusivement française. Gabriel Attal estime que la France est l’un des pays qui dépense le moins sur le sujet : « Je crois qu’on a dépensé 40 fois moins que certains de nos voisins, comme le Royaume-Unis, en cabinets de conseil ».

Beaucoup d’autres pays y ont recours notamment l’Allemagne. Le journal allemand Der Spiegel a révélé que les dépenses germaniques à destination des cabinets de conseil avaient augmenté, passant de 1,1 milliard à 2,9 milliards d’euros.

À lire aussi : Pourquoi la Turquie tient-elle autant à jouer les médiateurs dans la guerre en Ukraine ?

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