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Covid-19 : Sale temps pour les droits de l’Homme

Le Covid-19 est une bénédiction pour les régimes autoritaires. Démocratie muselée, informations étouffées, dissidents emprisonnés : Amnesty International met aujourd’hui le doigt sur toutes ces dérives dans son rapport annuel rendu public ce mercredi 7 avril 2021.

Nos libertés sont entravées depuis plus d’un an maintenant entre confinements, couvres-feu et restrictions de déplacements. C’est un mal nécessaire en temps de pandémie. Mais dans les régimes autoritaires, qui n’ont que faire de la démocratie, la situation s’est encore aggravée. Le rapport annuel d’Amnesty International révèle en effet que la pandémie a aggravé dans le monde entier les atteintes aux droits de l’Homme et les inégalités.

Le rapport s’ouvre sur ces quelques mots peu réjouissants : “La pandémie de Covid-19 a mis à jour le terrible bilan de politiques destructrices, délibérément créatrices de divisions et qui perpétuent les inégalités, la discrimination et l’oppression. Des mesures qui ont représenté un terreau fertile favorisant les ravages causés par le Covid-19”.

En effet, l‘année 2020 n’aura pas fait progresser les droits de l’Homme. Comme l’a rapporté Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty International France, au micro de France Inter : « L’année 2020 n’aura franchement pas fait progresser les droits de l’Homme. La pandémie a été un prétexte pour renforcer une main mise sur la société civile, pour réduire encore un peu plus la possibilité de s’exprimer, de critiquer, d’être dans la dissidence. »

À lire aussi : Rapport 2020/21 d’Amnesty International sur la situation des droits humains dans le monde

Un mal qui touche tous les pays

Au cœur même de l’Europe l’état de droit a été menacé et les libertés fondamentales réduites. En Hongrie, Viktor Orbán a ainsi commencé à utiliser et à abuser d’un gouvernement par décret, empêchant tout fonctionnement démocratique. Dans d’autres pays, notamment au Moyen-Orient, en Amérique latine, ou à Hong Kong, « des lois sont passées pour empêcher la diffusion de l’information car les gouvernements étaient soucieux de protéger leurs images et de ne pas risquer de critiques de la gestion lamentable de la pandémie. Ces lois ont été utilisées pour encore plus restreindre l’espace civique » ajoute la présidente d’Amnesty.

Autre exemple concret pointé par le rapport : le Vietnam. République socialiste au parti unique, déjà peu friand de liberté d’expression, le Vietnam a encore durcit sa répression. On y compte aujourd’hui pas moins de 173 détenus derrière les barreaux, dont la seule faute a été d’exprimer leur opinion. Jamais Amnesty International n’avait comptabilisé autant de prisonniers d’opinion. À cela s’ajoute une tendance de plus en plus marquée : la censure des opinions exprimées sur Internet. Il y a une grande répression de tous ceux qui critiquent le gouvernements tels que les bloggeurs, les activistes, les défenseurs des droits humains, etc.

Inégalités et minorités ethniques 

En outre, « les atteintes aux droits à la vie, à la santé et à la protection sociale ; les violences liées au genre et les menaces pesant sur les droits sexuels et reproductifs et la répression de la dissidence », ont encore augmenté. Dans de nombreux pays, souligne Amnesty, les minorités ethniques et les populations autochtones présentaient des taux d’infection et de décès disproportionnellement élevés, en raison, entre autres, d’inégalités préexistantes et d’un manque d’accès aux soins de santé.

« Des personnalités politiques ou religieuses s’en sont prises aux groupes marginalisés, les accusant de répandre le virus. Les musulmans ont ainsi fait partie des populations prises pour cibles dans certains pays d’Asie du Sud-Est, et les personnes LGBTI dans plusieurs pays africains et européens » précise Amnesty.

La France n’échappe pas à la critique 

La nouvelle secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, pointe également la France du doigt. Entres atteintes aux droits de manifester, maintien de l’ordre par tirs de LBD et la loi de sécurité globale, les droits civiques et politiques sont menacés. 

« Les mesures prises par le gouvernement face à la pandémie de COVID-19 ont soulevé un certain nombre de préoccupations en matière de droits humains, notamment en ce qui concerne l’usage excessif de la force par la police, le droit à la liberté de réunion pacifique et les droits des migrant·e·s et des demandeurs et demandeuses d’asile » souligne le rapport.

À lire aussi : La Syrie et la Russie accusées de crime de guerre par Amnesty International

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