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Culte | Le Fugitif : on vous raconte quand personne ne voulait de la série

Alors que la série Le Fugitif est aujourd’hui considérée comme un classique de la télé, il fut une époque où personne ne voulait du concept de cette série.

Nous sommes le 28 août 1967 et ce soir là, ABC va entrer dans l’histoire en diffusant l’ultime épisode du Fugitif. Quelques 73.2 millions de téléspectateurs vont être au rendez-vous pour la seconde partie de l’épisode final de la série baptisé Le jugement, ce jour est le celui où la course-poursuite s’achève pour Richard Kimble. Avant d’être plus tard détrôné par le final de séries comme Mash ou Cheers, Le fugitif va longtemps demeurer comme la plus grosse audience de la télévision américaine. Son succès fut tel que des séries basées sur le même modèle furent lancées, comme Les envahisseurs, Kung Fu ou encore L’incroyable Hulk. Symbole d’une renommée puissante, la série est mentionnée dans d’autres programmes, que ce soit la série St Elsewhere ou l’un des personnages de Twin Peaks, manchot et prénommé Gerard (comme le Marshall qui traque Kimble).

En 1993, la série arriva même sur grand écran avec Harrison Ford dans le rôle de Kimble et Tommy Lee Jones lancé à ses trousses (il obtint même un film spin off, US Marshall).

De même à la fin des années 90, un nouveau remake fut proposé mais stoppé après une petite saison. Et 2020 marque le retour de la série dans une nouvelle version avec notamment Kiefer Sutherland.

C’est donc un immense carton pour cette série produite par une pointure de la télévision, Quinn Martin. Et pourtant, comme toutes ces belles histoires, elle ne commença pas sous les meilleures cieux car figurez vous qu’elle a failli ne jamais voir le jour. La raison ? Aussi simple que ça : personne ne voulait de cette série !

“Le concept le plus repoussant de toute l’histoire de la télé”. 

Voilà comment était qualifié le projet Le fugitif avant son arrivée à la télévision américaine. Et pourtant son créateur, Roy Huggins s’est battu comme un diable pour le faire aboutir, envers et contre tous. Car oui, bien qu’elle sera produite par Quinn Martin (Les rues de San Francisco), Le fugitif a en réalité été créé par une autre personne, Roy Huggins, qu’une grande partie du public français ne connaît. C’est lui qui est aussi à l’origine plus tard de 200 dollars + les frais. Roy Huggins s’est fait une solide réputation dans les années 50 en lançant des séries importantes comme Cheyenne, 77 Sunset strip et surtout Maverick (adapté aussi au cinéma avec Mel Gibson). Son succès aidant, on lui propose des projets au cinéma mais lui veut rester à la télé et lancer une nouvelle série.

“Je voulais faire une série contemporaine qui reprend les éléments qui ont rendu les westerns si attrayants. J’étais fatigué de faire du western, mais j’étais fasciné par la liberté du héros du western, qui va de ville en ville, fait ce qu’il veut, tombe amoureux d’une femme avant de repartir. Je voulais transposer ces éléments sur une série qui se passent de nos jours. Mais c’est compliqué de transposer un personnage comme celui-ci dans le monde actuel, les gens le détesterait. En revanche, si il est fugitif car victime d’une injustice, ça change tout. Et ça rajoute une pression si on sait que si on l’attrape, il meurt. Donc il doit sans arrêt bouger d’un lieu à l’autre.”

Sur le papier, en voyant le concept, beaucoup ont pensé que le concept de la série semblait être une adaptation des Misérables de Victor Hugo, une référence qu’Huggins n’a pratiquement jamais mentionné. Sa seule source d’inspiration, ce fut les westerns. Huggins s’est alors attelé à écrire un traitement pour présenter la série. Et peu de temps après, il a signé un gros contrat avec la 20th century Fox et s’est dit que parmi les idées qu’il allait leur proposer, il y avait Le fugitif. Il en a alors parlé avec son supérieur, Peter Levathes, le Président de la FOX, lors d’un voyage en avion. Et ce fut le début des déconvenues. Dans le regard de son patron, il a cru lire quelque chose du genre “mais qu’est ce qu’on a fait comme erreur en l’engageant !” Il n’a pas donné suite à cette idée de Huggins et a enchaîné vers une autre idée de séries. Et cette réaction fut la même face à toutes les personnes à qui il a parlé de son idée, y compris son propre avocat.

Malgré le fait qu’Huggins croit viscéralement attaché à son projet, profondément ancré selon lui dans la culture américaine, toutes ces personnes ont trouvé l’idée totalement repoussante. L’un de amis auteurs lui auraient même dit “Roy tu as une solide réputation dans le milieu, si tu veux la garder, arrête de parler de cette idée à quiconque dans une chaîne”… Et oui on parle bien de cette série dont le dernier épisode va rassembler quelques 73 millions de personnes devant leur écran. Et à force de se prendre des mauvais retours, Huggins va finir par se convaincre qu’effectivement, ce n’est peut-être pas une bonne idée que cette série Le fugitif. Il va alors donner un sérieux virage à sa carrière et accepter un post à la prestigieuse Université UCLA. Et c’est précisément à ce moment là, que la donne va changer.

Tout ça pour une raison : il est impossible que le héros soit un fugitif qui échappe à la justice. Impossible de valoriser un tel personnage dans une fiction télé. Pourtant, la série va arriver à la télévision. Comment Huggins puis le producteur Quinn Martin vont-ils parvenir à renverser la table ? Rendez-vous à l’écoute de notre histoire sur VL Media !!

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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