Cuphead, le jeu du studio MDHR sort enfin, 3 ans après son annonce et 7 ans après le début de son développement. Il est à présent temps de livrer notre verdict sur ce jeu qui fait beaucoup parler de lui ces jours-ci. Derrière ce trip d’animateurs se la jouant à l’ancienne se cache-t-il un véritable intérêt ludique satisfaisant… et frustrant ?

Cela nous avait tous frappé lors du premier trailer. Ce qui surprend quand on voit Cuphead pour la première fois, c’est évidemment son esthétique. Inspirée des cartoons des années 30, on pense aux productions Disney d’époque, mais également à Fleischer Studios (Betty Boop, Popeye). Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’un jeu reprend un style digne des cartoons d’antan. On pense surtout aux jeux Disney de l’époque 16 bits comme Mickey Mania ou plus récemment Bendy and the Ink Machine. Mais dans Cuphead, cette volonté de respecter ses ainés va jusque dans la technique. En effet, tous les sprites et animations du jeu ont été dessinés à la main, non pas sur celluloïd, mais sur du papier. Invraisemblable dans l’industrie vidéoludique et l’animation en général où l’imagerie numérique est devenue un standard.

Le rendu final est bluffant ! Des formes rondouillardes associées à des mimiques très expressives, le tout avec un soin et une fluidité des mouvements exemplaires, nous voilà revenus près de 80 ans en arrière. Le jeu va jusqu’à utiliser des filtres visuels retranscrivant le flou, le grain et les traces de pellicules. Une méticulosité qui force le respect !

Il y a de quoi être épa-thé

Si Cuphead avait pour seul intérêt son visuel unique, il serait sûrement très vite tombé dans l’oubli. Heureusement, le jeu se défend aussi du côté de son gameplay. A la base prévu pour n’être qu’un boss rush, Cuphead s’est vu agrémenté de quelques niveaux de run & gun optionnels à la Contra. Le joueur évolue sur plusieurs maps sur lesquelles il peut choisir le niveau qu’il souhaite jouer. Peu fournies en terme d’interactions, ces maps permettent quand même d’emprunter des raccourcis pour éviter un déroulement du jeu trop linéaire. Toutefois, il vous faut quand même vaincre tous les boss d’une map pour passer à la suivante.

Cuphead 02

Nos héros Cuphead et Mugman ont à leurs dispositions deux tirs différents, un dash et une attaque spéciale. Outre le tir simple, les autres tirs peuvent être récupérés dans la boutique du jeu moyennant quelques pièces récupérées dans les niveaux run & gun. Vous pouvez également rebondir sur les éléments roses à l’écran en appuyant sur le bouton de saut une fois dessus en ayant le bon timing. Le jeu compte également des phases en shoot’em up où vous pilotez un avion tirant des missiles. Tout un panel de mouvements qui ne vous sera pas de trop pour venir à bout des 23 boss du jeu qui vous mèneront la vie dure.

Attention à ne pas boire la tasse !

Car oui, Cuphead est difficile. Si vous avez entendu parler du jeu pour ça, sachez que cette réputation n’est pas volée. Les récupérations d’énergie au cours d’un niveau sont absentes et certaines attaques des ennemis mettront vos réflexes à rude épreuve. Si vous n’êtes pas prêt à recommencer un niveau des dizaines de fois avant d’en venir à bout, laissez tomber, Cuphead n’est pas pour vous. On parle ici clairement d’un jeu die and retry où vous aurez parfois envie de casser votre manette de frustration. Toutefois, de cette frustration naitra un plaisir immense quand le fameux « Knock out! » s’affichera à l’écran une fois le boss vaincu. Cuphead n’est pas un jeu accessible mais en échange de l’investissement qu’il demande, il vous procurera énormément de plaisir.

Cuphead 03

Concernant la partie musicale, on peut féliciter Kristofer Maddigan pour son premier travail sur un jeu vidéo. Mettant beaucoup en avant l’utilisation d’instruments à vent, les musiques renforcent à merveille le feel cartoon old school du jeu. On compte même quelques chansons avec des harmonies musicales vraiment emballantes.

Pour la partie technique, le jeu a droit à un traitement à l’image de son esthétique : léché. Développé sous Unity, difficile de prendre à défaut la fluidité du jeu qui ne lâche quasiment jamais ses 60 images par seconde. On regrettera quand même quelques temps de chargement un peu longuets et des bugs par moments mais on fait la fine bouche.

Combien de sucres avec votre café ?

Jouant la carte de la qualité plutôt que la quantité, Cuphead se finit rapidement pour un joueur doué. Toutefois, si le niveau de difficulté Regular ne vous suffit pas, une difficulté supplémentaire vous sera disponible après avoir fini le jeu. Si vous en voulez encore, vous pouvez même essayer de finir les niveaux run & gun en pacifiste et obtenir le meilleur score dans tous les niveaux. De quoi vous tenir de longues heures à rager derrière votre écran face à ces boss plus coriaces les uns que les autres.

Clairement pas destiné à tous, Cuphead est un breuvage pouvant être amer. Malgré des ingrédients de premiers choix, il peut être difficile à avaler, voir imbuvable pour certains. Pourtant si l’on fait l’effort d’apprécier son goût, on lui découvrira une saveur à nul autre pareil comme il n’en existe plus de nos jours. Doux-amer mais laissant un arrière-goût des plus agréables, Cuphead est plus que recommandable !

Cuphead 04

Cuphead est disponible depuis le 29 septembre 2017 sur PC via Steam et XBox One.

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