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Déconfinement du 11 mai en France : le plan détaillé du gouvernement

À quatre jours de l’échéance du 11 mai, le gouvernement a dévoilé ce jeudi les derniers détails de la remise en marche progressive du pays, quasiment à l’arrêt depuis bientôt deux mois.

« Au vu des résultats sanitaires, le confinement peut être levé lundi 11 mai », confirme tout d’abord le Premier ministre. « Nous sommes en mesure de valider le déconfinement sur l’ensemble du territoire. Nous allons engager dès lundi un processus très progressif. »

Il a cependant averti que la France était « coupée en deux » selon les situations sanitaires entre départements « verts » et « rouges » qui auront des mesures différenciées, et appelé au maintien strict des gestes de protection.

Quatre régions, Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que le département de Mayotte, ont été classés en rouge sur la carte du déconfinement.

« S’ils (les départements verts) se maintiennent en vert les trois prochaines semaines, nous pourrons au tout début du mois de juin envisager une nouvelle étape de déconfinement », indique le Premier ministre. « Dans d’autres départements, le virus circule encore activement, ce sont les départements rouges. Le déconfinement y est possible avec certaines restrictions : pas d’ouverture des collèges, pas d’ouverture des parcs et jardins. »

Pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables

« Il n’y aura pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables après le 11 mai, même en Île-de-France », annonce le Premier ministre. Edouard Philippe a demandé aux personnes « âgées ou malades de pathologies comme l’obésité, le diabète » ou souffrant « d’insuffisance respiratoire » de « conserver dans toute la mesure du possible des règles de prudence très strictes », comme « celles des deux derniers mois ».

La France « prête à tester massivement »

La France « est prête pour tester massivement » les personnes présentant des symptômes du coronavirus ainsi que celles avec lesquelles elles ont été en contact, à partir du début du déconfinement le 11 mai, selon le ministre de la Santé Olivier Véran.

Le gouvernement a diffusé pour la première fois une carte de France des capacités par départements en tests virologiques, clé du déconfinement car ils doivent permettre d’isoler tous les malades. Toute la France est en vert, ce qui signifie que « la capacité de dépistage est aujourd’hui au niveau des besoins estimés » à 700 000 tests par semaine, selon le ministre.

Le ministre de la Santé rappelle que le pays a augmenté ses capacités d’accueil en réanimation en passant de 5000 lits à 10 500. « L’objectif est de revenir à notre capacité habituelle de 5000 lits pour permettre aux personnels de santé de retrouver un fonctionnement normal et un peu de répit », explique Olivier Véran.

Enfin, « une prime de 1500 euros sera versée aux personnels des Ehpad dans les 33 départements dans lesquels l’épidémie est la plus de forte et de 1000 euros ailleurs », a annoncé Olivier Véran. Cette prime sera « versée dans les prochaines semaines et défiscalisée ».

« 80 % à 85 % des 50 000 écoles de France vont ouvrir la semaine prochaine » 

C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Education. Un peu plus « d’un million d’élèves reviendront dans leurs classes avec 130 000 professeurs environ pour les accueillir ».

Les déplacements interrégionaux « fortement limités »

 « Ils seront très fortement limités pendant la première période du déconfinement », a précisé Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire. « L’offre sera volontairement réduite. Pour les TGV et Intercités, on passera de 7 % de l’offre à 20 à 30 % le 11 mai avec maximum 40 % de l’offre habituelle fin mai ».

Le port du masque y sera obligatoire pour les passagers à partir de 11 ans et les contrevenants seront passibles d’une amende de 135 euros. Par exemple en Ile-de-France, classée « rouge », l’accès aux transports en commun sera par ailleurs « réservé aux heures de pointe aux personnes détenant une attestation de leur employeur ou ayant un motif impérieux pour se déplacer », a ajouté la ministre de la Transition écologique.

Attestation et déplacements à 100 km

Dès le 11 mai, « il sera possible de sortir librement dans la rue sans attestation », a indiqué le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, dans une limite de 100 km autour de chez soi, à vol d’oiseau. Au-delà des 100km, une nouvelle attestation sera nécessaire pour motif professionnel ou impérieux. « Des contrôles seront organisés sur les routes, autoroutes, gares, aérogares. Lors d’un contrôle en voiture, deux cas de figure possible : une attestation remplie ou, sur un trajet de moins de 100 km, un simple justificatif de domicile sera suffisant », tout en ajoutant que les rassemblements restent limités à 10 personnes.

Pour les plages, « la règle générale reste la fermeture, mais le préfet pourra autoriser l’accès aux plages, lacs et centres nautiques sur demandes des maires », a annoncé Christophe Castaner.

Concernant les frontières, elles resteront fermées jusqu’au 15 juin au moins. Mais la « libre circulation des travailleurs transfrontaliers reste préservée », indique le ministre de l’Intérieur.

L’État « continuera d’être présent » pour les entreprises

« La vie sociale et économique va pouvoir redémarrer », a annoncé à son tour Bruno Le Maire, ministre de l’Economie. 400 000 entreprises qui représentent 875 000 emplois vont rouvrir. Les centres commerciaux de plus de 40.000 mètres carrés en France, dont la réouverture était incertaine, « pourront rouvrir » le 11 mai « en accord avec les préfets, sauf en Ile-de-France ». Les bars et restaurants restent fermés.

L’État « continuera d’être présent » pour les entreprises après le début du déconfinement, a assuré le ministre.
Il a notamment confirmé la prolongation jusqu’à fin mai du fonds de solidarité pour les petites entreprises et les indépendants, ainsi que l’exonération de charges sociales entre mars et mai pour les petites entreprises ayant dû fermer sur décision administrative.

Lundi « sera le début d’une nouvelle phase », celle d’un « redémarrage d’une partie de notre vie sociale », s’est réjoui le Premier ministre. Mais « elle demandera de la part de chacun de la discipline et de la responsabilité », car « ce sera sur la durée que nous réussirons à maîtriser l’épidémie ». « Le déconfinement progressif ne doit pas être le signe d’un relâchement de notre vigilance », a averti Edouard Philippe.

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