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Des résidus “potentiellement toxiques” dans des protections périodiques bio

Par principe de précaution, la marque italienne bio Organyc rappelle plus de 3.100 boîtes de protections périodiques. Le produit présenterait des traces très résiduelles de glyphosate, comprenez, la substance active de l’herbicide Roundup de Monsanto.

Encore plus loin que le “scandale sanitaire” lié aux protections périodiques. Une enquête rendue publique mardi 23 février par le magazine 60 Millions de consommateurs révélait la présence, à très faibles doses, de résidus potentiellement toxiques dans plusieurs produits de protections hygiéniques. Aujourd’hui, la marque italienne Corman qui commercialise les produits bio Organyc décide de rappeler près de 3.100 boites de protèges-slip. En effet, des tests ont relevé la présence, si infime soit-elle, de résidus de glyphosate, la substance active de l’herbicide Roundup commercialisée par Monsanto.

Pourtant spécialisée dans les protections périodiques biologiques, bio Organyc se retrouve dans le même “scandale sanitaire” que les marques présentant des traces de produits toxiques dans leurs produits. De tels produits présentent de réels risques pour la santé des femmes.

La marque Organyc se présente comme étant : "La seule gamme de protection féminine complètement réalisée en Coton biologique certifié : une garantie pour la femme et pour l'environnement." Source : aromatic-provence

La marque Organyc se présente comme étant : “La seule gamme de protection féminine complètement réalisée en Coton biologique certifié : une garantie pour la femme et pour l’environnement.” Source : aromatic-provence

De nos jours, on retrouve des ingrédients toxiques dans les tampons et les serviettes jetables. Parmi tous les ingrédients, on retrouve notamment de l’aluminium, des traces d’alcool, des additifs de parfum particulièrement irritants mais également des hydrocarbures, sans oublier les résidus de pesticides. Mais les serviettes hygiéniques ne sont pas les produits les plus préoccupants. La compositions des tampons est pire encore. Les procédés de blanchiment des tampons laissent des résidus de dioxine ; les dioxines sont également des sous-produits indésirables que l’on trouve lors des procédés de fabrication comme le blanchiment au chlore des pâtes à papier ou dans la production de pesticides.

La composition des tampons hygiéniques n'est pas obligatoirement affichée sur les boites. Source : change.org

La composition des tampons hygiéniques n’est pas obligatoirement affichée sur les boites. Source : change.org

Ces découvertes laissent-elles entrevoir un problème sanitaire majeur ?
Les produits toxiques présents dans les protections périodiques peuvent être au contact direct du corps de la femme, ce qui soulève un problème sanitaire majeur. Pour les utilisatrices de tampons périodiques, la paroi vaginale étant naturellement très absorbante, les substances chimiques composant les produits pénétré aisément l’organisme. Or, le corps ne peut s’en débarrasser et accumule ainsi de plus en plus de toxines s’avérant dangereuses voire nocives pour la santé. Les expositions répétées – comme c’est le cas avec les produits hygiéniques – peuvent perturber le métabolisme humain selon les déclaration du Dr Laurent Chevallier, chef de l’unité de médecine environnementale du CHU de Montpellier.

Après le choc toxique, le cancer ? En octobre 2012, Lauren Wasser a du être amputée de la jambe droite à la suite d’un syndrome de choc toxique dû à un tampon hygiénique. La mannequin américaine de 27 ans a décidé de poursuivre en justice le fabricant, lui réclamant d’afficher plus clairement la composition de ses produits sur la boite. Aujourd’hui, bien que les risques liés au syndrome figurent sur la notice, aucune information concernant la composition du produits n’apparait.

Après avoir utilisé des tampons hygiéniques de la marque Kotex, elle sera emmenée aux urgences avec plus de 41°C de fièvre, et frôlant l’arrêt cardiaque. Image : Jennifer Rovero/ Camraface

Après avoir utilisé des tampons hygiéniques de la marque Kotex, elle sera emmenée aux urgences avec plus de 41°C de fièvre, et frôlant l’arrêt cardiaque. Image : Jennifer Rovero/ Camraface

Des conseils pour éviter le SCT

  • Changer son tampon toutes les quatre à huit heures (même pendant la nuit)

  • Utiliser des tampons normaux ou peu absorbants, quitte à les changer plus souvent (les tampons super absorbants peuvent favoriser le développement de bactéries et donc d’infections)
  • Utiliser des serviettes hygiéniques ou une coupe menstruelle, selon ce qui vous convient le mieux
  • Laver ses mains avant de mettre ou d’enlever un tampon
  • Retirer le tampon dès la fin des règles

Du glyphosate dans 85% des tampons et serviettes hygiéniques
Des chercheurs argentins de l’Université de Plata mené une étude sur la composition des produits hygiéniques. Ils ont trouvé du glyphosate dans 85% des tampons et serviettes hygiéniques vendus dans leurs commerces. Le glyphosate est connu pour être le principal composant du Roundup, l’herbicide controversé du géant américain Monsanto. Ce même produit avait été classé “probablement cancérigène” dans un rapport de l’Agence du cancer de l’Organisation mondiale de la santé (IARC) en mars dernier.

Quels intérêts ont les produits toxiques présents dans les protections périodiques ?
À grand renforts de publicités, les marques vous font la promesse de “recueillir le flux au plus près de votre anatomie”. Elles usent cependant d’arguments en tout genre pour ne pas mentionner leurs ingrédients sur leurs produits. Des barrières protectrices anti-odeur parfumées à l’aloe vera, au voile “doux” qui vous confère un “parfait confort”, nombreux sont les composants qui se cachent dans vos produits hygiéniques.

Si les tampons hygiéniques et autres serviettes sont majoritairement composés de coton ou de viscose, de rayonne et parfois d’une combinaison des deux ; la fabrication même de ces matières premières est à l’origine de la contamination.

Coton destiné à la fabrication de serviettes hygiéniques. Source : wedemain

Coton destiné à la fabrication de serviettes hygiéniques. Source : wedemain

38,1 tonnes de pesticides sont pulvérisés sur 14,4 millions d’hectares de coton
Aujourd’hui, la marque Tampax, pour n’en citer qu’une, fabrique ses tampons à partir d’un mélange de viscose et de coton. Le coton est cultivé de manière conventionnelle. Néanmoins, environ 38,1 tonnes de pesticides sont pulvérisés sur 14,4 millions d’hectares de coton conventionnel cultivés chaque année aux Etats-Unis.

La rayonne, elle, est constituée de pâte de bois blanchie. Aux États-Unis, la matière première de la rayonne utilisée est désormais obtenue grâce à des procédés de blanchiment. Ceux-ci sont totalement sans chlore ou sans chlore élémentaire et qui sont dépourvus de dioxines. En revanche, des techniques d’analyse de pointe ont permis de déceler des traces de dioxines dans les tampons. Si ces quantités s’avèrent infinitésimales, elles se situent toutefois à la limite de détection, elle ne sont donc pas considérées comme préoccupantes pour la santé des utilisatrices de tampons.

Attention : pulvérisation de pesticides en cours. Procédé risqué. Source : eco-sapiens.com

Attention : pulvérisation de pesticides en cours. Procédé risqué. Source : eco-sapiens.com

Présence de dioxines dans l’air, l’eau et le sol

Partout dans le monde on peut trouver des dioxines dans l’air, l’eau et le sol. Cette contamination fait suite aux effets de la pollution qui s’opère au fil des ans. Il est donc possible que les traces de dioxines présentes dans les tampons s’y trouvent en raison des matières premières soumises aux effets de l’environnement.

À lire aussi : 93% des cours d’eau contaminés par les pesticides

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