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«Effets secondaires», «Berberian Sound Studio», «Dead Man Down» #1Mercredi3Films

Les sorties de la semaines se mettent à faire leur psychologie de comptoir : et si vous n’étiez pas totalement celui auquel vous prétendiez être ? Les apparences cliniques, cinématographiques et urbaines sont trompeuses.

EFFETS SECONDAIRES : PSYCHO-PHOBIE

Effets SecondairesLoin de son aura de femme fatale, poudrée à foison sous ses lunettes à grosses montures, Catherine Zeta-Jones semble avoir du mal à jouer l’ambiguité de son personnage, une psychologue capitaliste sortie du dernier Soderbergh. Ce-dernier semble avoir mêlé l’approche anthropologique de l’Apocalypse qu’il avait développé dans son film choral Contagion à la fascination envers les figures féminines avec The Girlfriend Experience, dont l’héroïne était jouée par l’actrice du X Sasha Grey.

Emilie (Rooney Mara), jeune web-graphiste, a tout pour être heureuse depuis que son mari (Channing Tatum) est sorti de prison. Mais une dépression la pousse à consulter le psychiatre Jon Banks (Jude Law), et à prendre un traitement à base d’anxiolytiques aux effets secondaires puissants.

 

Encore une fois, les plans trop parfaitement structurés rappellent Michael Mann. Ce choix reflète cependant avec efficacité les méandres de l’âme humaine. La maladie est bien plus effrayante que le virus invisible, celui qui faisait sa loi dans Contagion. Le jeu des faux-semblants est rythmé, la machine infernale est huilée. Zeta-Jones, au milieu de cette mécanique, semble perdue.

BERBERIAN SOUND STUDIO : BEAUCOUP DE BRUIT

Berberian Sound StudioC’est l’outsider de la semaine, remarqué au festival d’Edimbourg l’année dernière et dont le projet initial était un court métrage. Berberian Sound Studio détruit l’illusion cinématographique, expose l’immonde, à savoir la post-production, sans pour autant perdre toute poésie.

Perdu dans les couloirs du studio Berberian, le Britannique Gilderoy (Toby Jones) se retrouve face à un problème esthétique majeur : engagé sur un projet italien, Le Vortex Équestre, en tant que directeur des effets spéciaux, il découvre le montage final à son arrivée en Italie. Le film est devenu un nanar gore et kitsch.

Ce fameux Vortex Équestre, nous n’en avons que le son, et quelques images du générique d’ouverture. C’est pourtant suffisant pour nous donner une idée du giallo bon marché qu’il va donner. En déplaçant l’action principale dans la cabine d’enregistrement des voix et des effets spéciaux, Peter Strickland rend hommage au travail de l’ombre, qui est déterminant dans la finalisation du film. Subtilement, l’ingénieur son prend peu à peu le pouvoir sur le film, entre ses rêves de campagne Anglaise et ses cauchemars doublés en italien. Ses expérimentations contaminent même le mixage, et autorisent des effets sonores inédits : la post-production se transforme en rite satanique, et le film en essai son. Bruyant de génie !

DEAD MAN DOWN : SUPER FARRELL

Dead Man DownLa mode des films huileux avec acteur viril en figure de proue n’est pas encore totalement enterrée. Depuis  Décembre 2012, on a eu droit à Tom Cruise dans Jack Reacher, Bruce Willis dans Die Hard 5, Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger sur le retour. Il nous manquait encore la carte Colin Farrell, le jeune Irlandais trash qui a depuis peu adouci son image de bad-boy et épilé son torse.

Béatrice (Noomi Rapace), défigurée par un routard ivrogne, observe depuis un moment son voisin de balcon, Victor (Farrell). Elle réussit à obtenir un rendez-vous avec lui, aussi bavard qu’une tombe. En guise de dessert, elle lui tend une vidéo qu’elle a faite de lui en train de tuer un homme. Le chasseur de têtes démasqué est face au mur : il doit tuer celui qui a volé le visage de la Frenchie pour ne pas être dénoncé. Le problème est qu’il est déjà sur une affaire personnelle délicate, qui implique son propre boss, Alphonse (Terrence Howard).

L’histoire de base n’est déjà pas très subtile : on ne parle plus de fils narratifs, mais de cordées épaisses. Le réalisateur de l’adaptation de Millénium (version Suédoise) est tombé dans une impasse : quel point de vue adopter ? Une fois les motivations de chaque personnage révélées, l’intrigue perd en rythme, et semble vouloir compenser avec des soubresauts de plans caméra à l’épaule. Les scènes d’action perdent en qualité, malgré le respect de l’ordre crescendo des scènes. Isabelle Huppert et une chanson de Zaz font plusieurs apparitions incongrues dans ce méli-mélo à la photographie sombre. L’ensemble donne un effet brouillon inachevé et maladroit, avec du potentiel mais vite oublié.

Crédits photos : Metropolitan Filmexport, Wild Side Films / Le Pacte, ARP Sélection.

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