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Élections législatives partielles : les 6 points à retenir

La droite en forme, En Marche qui fait de la résistance, échec cuisant des Patriotes… Suite à l’annulation de deux élections législatives à Belfort et dans le Val-d’Oise, les électeurs revotent dimanche 28 Janvier. Retour sur des partielles à fort enjeux, neuf mois après l’élection d’Emmanuel Macron.

C’est une constante sous chaque mandat. Décès, démission ou encore décision de Justice, ce sont plusieurs sièges de députés ou de maires qui, à chaque quinquennat présidentiel, sont remis en jeu. L’occasion pour la majorité de tester les rapports de force, et pour l’opposition de remporter des scrutins à dimension symbolique.

Scrutins locaux, enjeux nationaux

Les premiers tours de deux élections législatives sont particulièrement scrutés:

  • Une partielle dans le Territoire de Belfort, qui avait vu le candidat Les Républicains (LR) Ian Boucard l’emporter en duel à une poignée de voix près (50,75%) sur son adversaire du Modem, allié à La République En Marche (LREM). L’élection, annulée par le Conseil Constitutionnel suite à la diffusion de faux tracts de campagne, était considérée jusqu’à peu comme potentiellement gagnable par la majorité présidentielle.
  • Une élection à tout fort enjeu, dans le Val d’Oise. Dans cette circonscription de centre-droit, la sortante LREM Isabelle Muller-Quoy l’avait emporté très facilement (54,2% des voix) face à la LR, suite à une très large avance au premier tour. Les résultats, annulés suite à l’inéligibilité du suppléant de la députée élue, auront valeur de test pour le parti présidentiel.

Les Républicains sortent renforcés

Dans ces deux circonscriptions de droite, fortement disputées par LREM, le parti de Laurent Wauquiez avait réussi la qualification en juin dernier : 23,7% des voix à Belfort, et un peu plus de 17% dans le Val-d’Oise.

Il réalise une nette percée : plus de 15 points dans le premier cas, plus de 5 points dans le deuxième. Le parti a probablement profité de la sur-mobilisation de son électorat de base : les retraités et plus de 65 ans. À Belfort, Ian Boucard, qui a fait campagne sur une “ligne sociale” frôle les 40%. Dès lors, le député sortant est en position de force pour le second tour face au Modem (26,7%). A contrario, en Ile-De-France, la progression claire mais moins nette d’Antoine Savignat rend la victoire compliquée mais possible, ce qui aurait une forte valeur symbolique.

La majorité présidentielle recule mais résiste

Premier test pour Emmanuel Macron et sa majorité ce soir. À Belfort, les chances de victoire, à la suite d’un duel très serré en Juin, s’évanouissent. Le dossier Alstom, scruté dans de près dans la région, n’a probablement pas aidé. Mais le candidat du Modem reste loin devant ses autres adversaires, LR excepté.

Dans le Val-d’Oise, la sortante élue en Juin décroche de plus de 5 points, et passe sous la barre des 30% (29,28%). Mais l’écart avec le candidat de droite (23,67%) peut laisser présager une victoire dimanche prochain.

La France Insoumise fait du surplace, échec de la stratégie d’alliances à gauche

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon attendait beaucoup de ces scrutins. Notamment à Belfort où, situation inédite, la France Insoumise a accepté pour la première fois des alliances électorales. Deux partis de gauche, le Mouvement Républicain et Citoyen (9,1% en Juin dernier) et le Parti Communiste Français (1,4%) se sont ralliés à Anaïs Beltran, la candidate insoumise (12,2%). L’addition de ces trois forces pouvaient laisser espérer une percée de la gauche radicale, sur le papier à plus de 20%. Pourtant, avec 11,6% des voix, la France Insoumise réalise une sévère contre-performance. En Ile-de-France, FI augmente son score d’un point, à plus de 11%.

Avec des scores anémiques, le Parti Socialiste est au coude-à-coude avec Europe-Ecologie-Les-Verts, et aucune autre force politique à gauche n’apparait s’imposer face au mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

Le Front national décroche, Philippot contre-performe

Cela devait être son élection. Le parti de Florian Philippot, Les Patriotes, avait profité de la partielle à Belfort pour présenter comme candidate la médiatique Sophie Montel, bras droit de l’ancien conseiller de Marine Le Pen. L’objectif affiché était clair: dépasser le Front national, sur ces terres marquées par la désindustrialisation. Contre-performance pour Les Patriotes, qui atteint tout juste les 2%. Pire encore, dans le Val-d’Oise, l’ancienne candidate FN passée sous la bannière LP réalise seulement 1,19%.

Le Front national ne se réjouit pas pour autant de la situation. Le parti frontiste perd près de 10 points et passe derrière FI dans l’Est, là où Marine Le Pen dépassait 33%. Idem dans la région parisienne, avec un recul de 4 points.

Un second tour à suivre de très près

La percée de LR, favorisée par la sur-mobilisation de l’électorat âgé, rebat les cartes. L’élection partielle à Belfort, assura pratiquement une victoire dimanche prochain, scénario encore inenvisageable il y’a peu.

Au contraire, le recul de la majorité lui complique la donne dans le Val-d’Oise, où une défaite serait un mauvais signal. Mais chaque finaliste pourra compter sur des reports de voix venant de l’extérieur: une participation des abstentionnistes (plus de 70% dans les deux cas) pourrait rabattre toutes les cartes.

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