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La mascarade électorale syrienne

C’est dans un pays anéanti par la guerre et des bombardements destructeurs que les premières élections présidentielles soit-disant démocratiques vont se dérouler ce mardi.

Le clan Assad dirige la Syrie d’une main de fer depuis plus de 40 ans durant lesquels toute dissidence a été fermement réprimée. Il avait déjà écrasé un soulèvement des Frères musulmans dans les années 1980. La Révolution déclenchée il y a trois ans par la vague de protestations dans le monde arabe a causé plus de 500 000 blessés selon la Croix rouge et a ruiné l’économie du pays. Afin de tenter de mettre fin au désordre et de légitimer son pouvoir, Bachar Al-Assad a organisé des élections présidentielles.

C’est une première puisque son père, Hafez Al-Assad, avait instauré le référendum plébiscite référendaire dans les années 1970. Le chef d’Etat syrien était choisi tous les sept ans par plébiscite, après avoir été désigné par le parti Baas. Le fait que le chef de l’État soit sacré par le biais d’une élection pourrait sembler être une avancée démocratique importante, mais en pratique, ce n’est qu’une “farce”. Laurent Fabius a été interrogé et il est catégorique puisqu’il dénonce un simulacre d’élection.

En effet, l’élection est jouée d’avance car les conditions d’une élection présidentielle transparente ne sont pas remplies. Bachar Al-Assad est en position de force puisqu’il s’est occupé de l’organisation des élections et a réussi à se poser comme le seul garant de la stabilité du régime et de la sécurité pour les Syriens. Il ne laisse aucune place à ses adversaires, dont la notoriété est quasi nulle, qui sont réduits au rôle de faire-valoir. Les deux autres personnalités qui sollicitent la confiance du peuple sont Maher Al-Hajjar, parlementaire alépin, et Hassan Al-Nouri, entrepreneur.

Le vote est organisé uniquement dans les zones contrôlées par le gouvernement qui représentent 40% du territoire. Seuls 60% des Syriens vont donc pouvoir participer au scrutin. La situation des villes d’Homes et d’Alep sont particulières. Les habitants d’Alep Est ont fuit les rebelles et se sont réfugiés à Alep Ouest. Ils vont donc pouvoir voter. Quant à Homes, bastion des rebelles, 2.000 derniers rebelles se sont retirés et ont laissé leur place à l’armée le mois dernier, ce qui devrait permettre aux habitants de s’exprimer.

Photo : AFP/ Joseph EID

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