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Présidence turque : une victoire écrasante pour l’AKP

ANKARA – Turquie. Un vent de victoire souffle des les urnes vers le nouveau président élu Recep Tayyip Erdogan , dimanche dernier

L’ancien premier ministre turque, à la tête du pays depuis 11 ans déjà, marque la continuation de ce qu’on pourrait plus appeler un règne qu’une carrière politique. Avec 52 % des votes en sa faveur, il gagne dès le premier tour.

Recep Tayyip Erdoğan et sa femme, célèbrent avec le parti, ce tournant dans la politique exécutive du pays.

Recep Tayyip Erdoğan et sa femme, célèbrent avec le parti, ce tournant dans la politique exécutive du pays.

C’était l’objectif. Il a réussit.

Depuis un an et demi de campagne officielle menée à travers toute l’Anatolie, remporter la présidence dès le premier tour signifiait enraciner dans les opinions son pouvoir. Mais cette campagne d’Erdogan on l’a dénoncée comme une mise en scène politique, la répétition d’une partie qui était déjà jouée d’avance, où la place aux autres candidats restait très contrôlée et diminuée face à celle du premier ministre sortant.

Malgré les critiques, Erdogan possède un électorat qui lui reste très solidement attaché.Grand charismatique il joue sur la mémoire turque et excite l’engouement des foules en prônant l’héritage ottoman.

Pour le reste des électeurs, ils avaient el choix entre : Ekmeleddin Ihsanoglu et Selahattin Demirtas. Le premier, candidat commun des laïques kémalistes et des nationalistes, a remporté 38,5 % des suffrages c’est un professeur, calme, et pieux. Le second , du Parti démocratique du peuple (HDP, principale force pro-kurde), c’est un kurde qui prône le pouvoir aux opprimés, la tolérance et la place aux minorités : avec 9,5% des votes. Ce résultat, impensable il y a encore quelques années lorsque le gouvernement luttait contre les rebellions pro-kurdes, ce n’est pas une défaite, et on peut voir en ce score une amélioration, aussi légère soit-elle, de la scène politique turque.

 

Les trois candidats à la présidence.

Bulletin de vote pour le premier tour des élection présidentielles turques.

Tout ça les statiques l’avaient prévu.

Et ses opposants, aussi porteurs d’espoirs puissent-ils avoir eu l’air, étaient surtout symboliques. Cette victoire on s’y attendait. Elle s’explique par une préparation mature de 7 ans déjà. Empêché par la constitution turque de réitérer en tant que premier ministre son mandat, le leader du parti AKP (Le Parti pour la justice et le développement, centre droit ) a depuis 2007 prévu la mise en place de sa présidence, et son maintient au pouvoir. Nombreuses réformes sont passée pour préparer l’étoffement du poids exécutif.

Je leur dit : venez, ouvrons une nouvelle page. L’amour de la patrie et les intérêts supérieurs de l’Etat sont au-dessus de tout. Le peuple a défendu sa souveraineté. “a déclaré Erdogan lors du meeting célébrant sa victoire.

Le nouveau président se positionne en faveur de l’unité nationale, et enjoint à la fraternité et la solidarité. “ J’aime tous les Turcs quelles que soient leurs origines. Un seul peuple, un seul drapeau, un seul Etat. “ déclare-t’il, toujours hier lors du discours de célébration de sa victoire, disours dans lequel il réitère toutefois ses déclarations de guerre contre le mouvement Gülen (vaste et puissant groupe social à base religieuse)

Un sacre présidentiel?

Cette victoire agace, et elle angoisse surtout. Fréquemment comparé à Mustafa Kemal, premier fondateur de la démocratie turque. On craint par son accession au rôle de premier chef du pays, à un adoubement démocratisé. Celui que certains surnomment “le nouveau sultan” est connu en effet pour aimer à s’enorgueillir de sa personne, et ce n’est pas un secret que l’un des principaux objectifs du, désormais nouveaux président de la république turque, est d’inscrire son nom au panthéon de ceux des hommes qui ont marqué l’histoire du pays depuis la fin de l’empire ottoman, en 1923, et la naissance de la république. Et son programme de grands travaux baptisé “objectif 2013” ne se cache pas de la référence, avec des projets de constructions de bâtiments à portée emblématiques.

Toutefois, Erdogan se distance des idées du tout premier président , et s’éloigne du mythe fondateur de la république, par une politique à laquelle on a souvent reproché “d’écorner le model de laïcité turque”. En effet proche, parfois trop d’ailleurs, de la religion, il ne cache pas son soutient pour les islamistes.

Cette démarche qui se revendique rester démocratique laisse de nombreux sceptiques, et les histoires de corruptions qui ont éclaboussées son nom l’année passée n’aide pas à crédibiliser et légitimer l’honnêteté de sa personne, autant à l’échelle nationale, qu’internationale

ANKARA - Une jeune manifestante en avril dernier : de nombreuses manifestations avaient eu lieu suite aux municipales, gagnée par le AKP, accusées de frauduleuses.

ANKARA – Une jeune manifestante en avril dernier : de nombreuses manifestations avaient eu lieu suite aux municipales, gagnée par le AKP, accusées de frauduleuses.

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