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Espagne : la déception de Podemos face à une droite renforcée

Le Parti Populaire de Mariano Rajoy remporte les législatives, Podemos et les socialistes reculent. Aucune coalition n’a les chiffres pour gouverner et le pays est loin de sortir de l’impasse politique.

Le résultat des élections législatives, qui ont eu lieu en Espagne ce dimanche 26 juin 2016, confirme la situation de blocage politique de ces derniers mois. En mai dernier, le roi d’Espagne a annoncé la dissolution du Parlement ainsi que la convocation de nouvelles élections, suite au scrutin de décembre 2015 qui n’avait dégagé aucune majorité claire.

Le Parti Populaire de Mariano Rajoy, le Premier ministre sortant, est encore une fois gagnant : cependant, les conservateurs n’ont pas atteint la majorité absolue et seront obligés de passer des alliances afin de former un gouvernement stable.

A lire aussi : Espagne cherche gouvernement désespérément

L’avancée de la droite de Rajoy

Le Parti Populaire, tout en étant affaibli par les scandales de corruption qui l’ont touché ces derniers mois, arrive à gagner 14 députés de plus par rapport aux élections de décembre dernier. Malgré la baisse de popularité de Rajoy, qui a imposé au pays une dure politique d’austérité pour sortir de la crise économique, le parti conservateur confirme être le premier d’Espagne.

Le leader de la droite, qui s’est déclaré très satisfait des résultats de son parti, a affirmé que « alors que la situation du pays est difficile, l’Espagne a un instrument important à sa disposition : le Parti Populaire ».

Le Premier ministre sortant Mariano Rajoy.

Le Premier ministre sortant Mariano Rajoy.

Cette avancée du Parti Populaire permet à Rajoy de consolider sa position et de conduire plus aisément les tractations pour trouver une alliance. En effet, la victoire de la droite ne suffit pas à assurer la majorité absolue au Parti Populaire, qui devra former un gouvernement de coalition pour pouvoir se maintenir au pouvoir. Pour la droite s’ouvre donc une période de négociations intenses avec les autres forces modérées, afin de sortir de l’impasse politique qui paralyse l’Espagne depuis décembre.

Podemos et les socialistes en recul

Ces législatives représentent une forte déception pour la coalition d’extrême gauche « Unidos podemos », union du parti anti-austérité Podemos et de l’ancienne formation communiste Izquierda Unida. La coalition de gauche anti-libérale, qui selon les sondages aurait dû devancer le Parti Socialiste, n’a totalisé que 21,2% des voix, un score extrêmement décevant par rapport aux attentes. Le leader de Podemos Pablo Iglesias a déclaré que « les résultats ne nous satisfont pas, nous avions des attentes différents ».

Iglesias, à la tête d’une coalition qui a perdu 1 million de voix en six mois, doit maintenant concilier les demandes des anciens communistes et celles de ses propres partisans, plus modérés.

Pablo Iglesias, le leader de la coalition Unidos Podemos.

Pablo Iglesias, le leader de la coalition Unidos Podemos.

La gauche modérée ne se porte pas mieux : le Parti Socialiste (PSOE), guidé par Pedro Sanchez, a réalisé son plus mauvais score depuis 1977. Cependant, les socialistes arrivent à se placer devant Podemos et à maintenir ainsi leur rôle de principale force d’opposition. Le PSOE ne semble pas disponible à une alliance avec le Parti Populaire. Le porte-parole socialiste a déclaré : « nous ne soutiendrons pas Rajoy comme président du gouvernement ».

A lire aussi : Podemos et Ciudadanos : amis ou ennemis ?

Une paralysie politique interminable ?

La situation d’ingouvernabilité de l’Espagne est la conséquence de la fin du bipartisme traditionnel. En effet, les votes sont notamment dispersés entre quatre forces: aux trois partis principaux s’ajoute Ciudadanos, le nouveau parti libéral de Albert Rivera. Cette fragmentation des voix a entraîné un blocage politique,  ainsi qu’une forte instabilité gouvernementale.

Ces élections ont été organisées dans l’espoir de dégager une majorité claire. Mais le paysage politique présente de fortes ressemblances avec celui de décembre dernier : aucune coalition n’a atteint la majorité absolue, et aucun parti ne semble disposé à accepter une alliance.

Crédit photo à la Une : rtl.fr

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