Alors que Cannes s’apprête à vibrer au rythme des projections et des montées des marches, une ombre plane de plus en plus grande sur la cérémonie : celle de l’intelligence artificielle. Si le Festival de Cannes reste encore et toujours le temple du cinéma, il ne peut plus ignorer les bouleversements de la technologie sur Hollywood. Découvrez maintenant les dernières décisions de l’Académie des Oscars à propos de l’IA…
Du 12 au 23 mai 2026 se tiendra la 79e édition du célèbre Festival de Cannes, cérémonie de reconnaissance des humains derrière les productions. Après de nombreux débats, l’Académie des Oscars et le milieu du cinéma en général commencent à mettre en place des règles strictes pour protéger le travail des artistes de chair et de sang.
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L’humain face à l’IA
Ce vendredi, l’Académie a annoncé que les acteurs et scénarios générés par intelligence artificielle (IA) ne seront pas éligibles lors de la cérémonie des Oscars. À Cannes, la position se veut avant tout protectrice du travail des artistes. En effet, le règlement insiste sur le fait que le cinéma est avant tout une expression de l’âme et de l’expérience humaine.
L’IA ne peut être considérée que comme un outil technique, au même titre qu’un logiciel de montage ou d’effets spéciaux, et non comme un créateur à part entière. Les rôles crédités au générique doivent correspondre à des interprétations réelles, réalisées avec le consentement explicite des comédiens. Cette barrière éthique vise à empêcher l’émergence de « doublures numériques » qui pourraient, sans cadre légal, s’approprier l’image et la voix des stars sans leur accord.
Donc, le Festival de Cannes et les grandes académies internationales s’accordent sur un point essentiel : l’IA doit rester au service de la vision du réalisateur. Le scénario, le cœur de l’œuvre, doit impérativement être le fruit d’une écriture humaine pour prétendre gagner des prix, surtout si prestigieux.
L’enjeu de la protection de l’image
Récemment, le cas de Val Kilmer (Top Gun, The Doors) interroge. Un an après son décès, une version de l’acteur générée par IA a été présentée lors d’une convention d’exploitants de salles. La star est apparue rajeunie dans la bande-annonce du film d’action As Deep as the Grave, où son double numérique s’adresse à un autre personnage en déclarant : « N’aie pas peur des morts et n’aie pas peur de moi ». Ce projet a pu voir le jour grâce à l’accord de la famille de Val Kilmer, qui a autorisé l’accès à des archives vidéo personnelles pour permettre à l’IA de recréer l’acteur à différentes périodes de sa vie. Néanmoins, cette situation pose la question du consentement.

On peut aussi mentionner les initiatives de Matthew McConaughey et Taylor Swift pour protéger leur identité vis-à-vis de l’IA, en faisant de leur visage et voix des marques ou brevets déposés. Ces situations, parmi d’autres, illustrent l’urgence de la situation. Le milieu du cinéma prend conscience que l’image d’un acteur est son outil de travail, et que le laisser à la porté de tous peut s’avérer néfaste.
En conclusion, la question n’est plus de savoir si l’IA peut créer, mais si elle a sa place dans les compétitions artistiques face aux humains. À cela, l’Académie des Oscars nous offre une réponse : il faut protéger le travail des artistes, et pour cela exclure les projets « pensés » par l’IA et la maintenir au rang d’outil numérique, de simple addition à la créativité humaine.