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Accusations, réclamations, menaces… : Retour sur le show Jean-Michel Aulas

S’il y a bien une personne dans le paysage du football français qui n’a pas sa langue dans sa poche depuis le début du confinement, c’est bien Jean-Michel Aulas.

Que ce soit via les médias ou sur son réseau social favori, Twitter, le président de l’Olympique Lyonnais a sorti l’artillerie lourde (surtout concernant son homologue marseillais Jacques-Henri Eyraud). Aulas a surtout évoqué de multiples plans pour envisager la fin de la Ligue 1, certains avantageant son club plus que d’autres…

Sa première proposition est sûrement celle qui a le plus fait parler. Le 13 mars dernier, dans un entretien au Monde, il évoque la possibilité d’une « saison blanche ». En clair, débuter la saison 2020/2021 sur les mêmes bases que la précédente, c’est-à-dire avec le PSG, Lille et… l’OL qualifiés en C1. La situation la plus équitable à ses yeux : « La meilleure solution serait de dire : « c’est une saison blanche », ce qui évite à ceux qui sont concernés par le bas du tableau de se retourner contre la LFP et la FFF. Si on arrêtait le Tour de France à la douzième étape, je ne sais pas si on dirait que le Tour a sacré ses champions. »

Une sortie qui a provoqué de nombreuses critiques (Brest, OM, Rennes), dont celle de Jacques-Henri Eyraud dans le JDD, où le président de l’OM qualifiait JMA de « Lider maximo, prêt à bondir sur un virus dévastateur pour occulter la saison difficile de son club ».

Aulas s’est donc saisi de son outil favori, Twitter, pour lui répondre : « Le foot JH n’a jamais été ta meilleure compétence : après avoir proposé d’augmenter les points pour les buts marqués hors de la surface, les 200 millions d’euros de pertes en trois ans pour 30 autorisés par le FFP, tu t’exposes à une plainte en diffamation car tu as travesti mes propos ! », et a de plus toujours défendu son opinion, indiquant qu’il privilégiait cette solution uniquement « dans l’hypothèse où il y aurait un arrêt », lui qui veut « que le championnat se finisse ».

Comprenant que cette proposition n’était pas la bienvenue, surtout au niveau du timing, Aulas a ensuite proposé une nouvelle idée, encore plus farfelue cette fois, le 16 mars. Sur Twitter, le dirigeant a évoqué un « classement historique sur 3 ans ou 5 ans ».

Une solution qui avantagerait évidemment encore Lyon, puisque dans les deux cas, Lyon terminerait sur la deuxième marche du podium, derrière le PSG. Une fois encore, Aulas précise bien que cette idée n’est là qu’en cas de non-reprise de la Ligue 1.

Un autre aspect de la fin de saison a été soulevé par le dirigeant des Gones : les matches à huis clos. Lui qui, avant le début du confinement, parlait de la possibilité de jouer le 8e de C1 retour contre la Juventus « à huis clos » ou sur « terrain neutre », a commencé par tenir le même discours pour la Ligue 1. Sur RTL, le 20 mars, il déclarait qu’il fallait « que le championnat se finisse, même à huis clos ».

Néanmoins, le 1er avril, il a tenu des propos inverses sur RMC, refusant l’idée d’avoir des stades sans spectateurs : « Les matchs de foot sont des spectacles dans lesquels les supporters doivent participer, cela n’aurait aucun sens sans les supporters. » Si aujourd’hui la question semble réglé avec la fin du championnat, Aulas a quand même retourné sa veste sur ce sujet-là.

Il revient une nouvelle fois avec un autre projet, le 21 avril, dans L’Équipe, piqué à l’un de ses confrères cette fois-ci, le président de l’OGC Nice, Jean Pierre-Rivère : « Il faut peut-être étudier un autre scénario dont ont parlé Jean-Pierre Rivère, où on décalerait tout ça pour terminer la saison 2019-2020 à la fin de l’année civile et on reprendrait en début d’année 2021 pour la nouvelle saison. »

Une telle hypothèse aurait permis d’engranger tous les droits TV de la saison, en plus de permettre une équité sportive en terminant le championnat. Mais cela aurait nécessité un accord européen ou mondial, où les autres ligues devraient faire de même pour ne pas créer de décalages sur les périodes de mercato et de tournois internationaux.

Enfin, dans L’Équipe le 24 avril, il évoque son dernier projet : « Il faudra qu’on réfléchisse à des scénarios alternatifs pour terminer. Je vois qu’ailleurs en Europe, on parle de la possible instauration de play-offs… »

Désormais, suite aux annonces du gouvernement et donc aux décisions prises par le Conseil d’administration de la Ligue de football professionnel d’annoncer la fin des championnats professionnels en France (ce qui empêche Lyon d’être européen via son championnat domestique), le patron de l’OL a très vite annoncé la couleur dans une interview accordée à la LFP : « Nous contestons trois points. L’arrêt du Championnat décidé par la LFP sur un certain nombre d’informations qui ne sont pas des décrets d’État, avec notamment les dernières déclarations de la ministre (Roxana Maracineanu) sur le fait de pouvoir jouer à huis clos et devant moins de 5 000 personnes » martèle le boss de l’OL.« Nous trouvons que la Ligue s’est précipitée pour l’arrêt des championnats. Nous avions imaginé un certain nombre de scenarii autres, avec des play-offs qui auraient pu intéresser un certain nombre de diffuseurs. ».

Surtout, le président de l’Olympique Lyonnais conteste aussi « le choix de la Ligue de retenir ce critère de classement, choisi par la FFF qui n’attribuait pas de titre de champion (dans le cas des championnats amateur) ». Estimant que cela débouche « sur une perte de chance très importante, valorisée (financièrement) ». L’OL entend « la réclamer sous forme de dommages et intérêts, qui se chiffrent à plusieurs dizaines de millions d’euros ».

Ce lundi, encore, le président des Gones s’est servi d’un tweet quant à la reprise des courses de chevaux pour ironiser sur la situation du football français. « C’est drôle que les courses de chevaux reprennent avant le foot », a-t-il écrit. Au passage, il s’est trompé puisqu’il évoque le « foot provisionnel » plutôt que professionnel.

Un nouveau tweet qui n’a pas manqué de faire réagir les internautes, qui semblent de plus en plus fatigués par les prises de position de l’homme fort de l’OL. Quoiqu’il en soit, tant qu’il sera encore possible de contester et d’employer tous les recours pour permettre à Lyon de rester européen pour la saison prochaine, Jean-Michel Aulas n’abdiquera pas.

Alors que son image est déjà bien ternie depuis plusieurs années, ce nouveau feuilleton risque de dégrader durablement la figure de l’un des plus importants personnages du football français de ces vingt dernières années.

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