Samedi soir, des Lillois ont manifesté leur désarroi en envahissant la pelouse de leur propre stade. Après le match nul face à Montpellier, certains s’en sont même pris aux joueurs.




C’est un triste record pour le football français cette année, celui du nombre d’envahissements du terrain.
Au stade Pierre Mauroy, ce samedi, ces scènes de colère ont encore éclaté aux yeux de tous. Des individus qui courent vers les joueurs pour les « chahuter ». Cela a donné lieu a des débordements : coups de pied, agressions, certains ont même essayé de rentrer dans les vestiaires. 



 

Chaos



« On attend quoi, qu’il y ait malheur ? Là, il y a eu incident, et on fait quoi quand il y aura accident ? » Questionne l’entraîneur Lillois Christophe Galtier. L’ancien entraîneur de Saint-Étienne ne cautionne pas ce qu’il s’est passé, « ça peut déboucher sur des drames ». 
En effet, malgré l’union sacrée proclamée en début de semaine, la centaine de supporters qui est descendue des gradins n’était pas des plus pacifistes. « Si on descend, on vous descend », scandent-ils au propriétaire du club, Gérard Lopez. S’il n’a pas réagi sur le moment, son entraîneur a pris sa défense : « Ces excès-là n’ont jamais fait gagner un match ». 

Le club a depuis porté plainte.

 

Incompréhension des joueurs 



Le capitaine lillois Ibrahim Amadou est lui aussi monté au créneau, dérouté par la réaction des supporters. « Ils ont réagi comme si le championnat était fini et qu’on était déjà en Ligue 2 alors qu’il reste neuf matches. Comme s’ils n’y croyaient plus alors que nous, on y croit encore». Yassine Benzia, attaquant des Dogues, ne peut quant à lui pas accepter que certains de ses coéquipiers aient été agressés. « Il y a une limite à ne pas franchir. J’étais déjà dans le vestiaire, mais dans le vestiaire des joueurs ont eu peur ». Il justifie, « on a un groupe assez jeune et ce n’est pas tous les jours qu’on voit ce genre d’images »
Amadou a tout de même adressé un message de rassemblement, précisant que tous ceux veulent soutenir le LOSC jusqu’à la fin de saison seraient les bienvenus. Il a cependant invité les instigateurs des violences de ce week-end à ne plus se rendre au stade Pierre Mauroy.


Situation précaire

C’est une année en enfer pour les enfants de la déesse. Un nouvel investisseur, un projet ambitieux, de nouveaux joueurs, un entraîneur de renom, et des infrastructures modernes… Pour pas grand chose. Le doux espoir de revivre les saisons glorieuses des dernières années s’est vite envolé : Groupe trop jeune, résultats fragiles, Marcelo Bielsa licencié, avertissement de la DNGC, interdiction de recrutement, la liste est longue. La situation s’est encore tendue depuis le mois dernier, et l’annonce de la rétrogradation du club à titre provisoire. L’alarme est lancée pour sauver le navire, il reste 9 rencontres à disputer. 19e du championnat avec 28 points derrière Troyes, les Nordistes ne sont aujourd’hui relégables qu’à la différence de buts. Strasbourg, 31 points, Amiens, 30 points et Toulouse, 29  points restent à distance de tir. Il faut désormais faire table rase et repartir de l’avant. À défaut, le dernier bastion nordiste de l’élite rejoindra prochainement l’antichambre du football français.

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