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« Avant un éventuel procès, un policier n’a pas sa place en prison »

Frédéric Veaux est au cœur d’une polémique après une interview accordée au Parisien. Le directeur général de la police nationale affirme qu’ « avant un éventuel procès, un policier n’a pas sa place en prison »

Une nouvelle polémique s’installe autour de Frédéric Veaux. À la suite du décès du jeune Nahel de 17 ans le 27 juin dernier, la question des violences policières revient sur la table. Des émeutes ont eu lieu partout en France après cet événement. Aujourd’hui, à Marseille , 4 policiers sont soupçonnés d’avoir tiré au flash Ball sur un jeune de 21 ans et de l’avoir passé à tabac dans la nuit du 1er au 2 Juillet 2023. Les 4 policiers sont mis en examen pour « violences en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours ». L’un d’eux figure en détention provisoire. 

« Lors des émeutes, les policiers sont souvent intervenus dans un contexte de chaos total. On ne peut pas s’abstraire de ce contexte. »

– Frédéric Veaux dans un entretien au Parisien

À la suite de cette détention, la colère des policiers marseillais se fait entendre. Un mouvement de protestation entraîne des arrêts maladies et une grève du zèle a démarré ce week-end. Le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, a fait le déplacement ce samedi 22 juillet afin de « leur apporter un message de soutien de la part du ministre de l’Intérieur et de lui-même » a-t-il confié auprès du Parisien. C’est également dans cet entretien avec le Parisien qu’il affirme que « avant un éventuel procès, un policier n’a pas sa place en prison ». Le chef de la police se confie à propos du policier en détention : « le savoir en prison l’empêche de dormir ». Il précise aussi « comprendre l’émotion, et même la colère, qu’a pu susciter dans les rangs policiers le placement en détention de l’un des leurs ». 

Qui est Frédéric Veaux ?

Frédéric Veaux est le directeur général de la police nationale depuis le 3 février 2020. Mais avant ça il a occupé des postes de préfet. Notamment en tant que préfet de la Mayenne de 2016 à 2019 et ensuite de préfet des Landes de 2019 à 2020. Il est titulaire d’une maîtrise en droit. Dans cette polémique certains le soutiennent comme Laurent Nuñez. À travers son compte twitter, l’ancien secrétaire d’État et actuel préfet de Paris, a partagé son soutien à Frédéric Véaux à la suite de cet entretien polémique. Également, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a « une très grande confiance » en son directeur de la police. C’est en tout cas ce qu’assure un des proches du ministre auprès de BFM TV

D’autres ne sont pas du même avis. C’est le cas de Olivier Faure, premier secrétaire du parti socialiste, qui dans un tweet juge la situation de « gravissime ». Jérôme Guedj est quand à lui surpris par le fait que le compte twitter du Porte-parole de la police nationale diffuse la phrase de Frédéric Veaux. Jean-Luc Mélenchon a lui aussi partagé son avis sur la situation « Alors ? Darmanin, Macron et “l’arc républicain ” refusent d’appeler la police au calme et au respect de la loi ? Donc ils les encouragent à “ faire la guerre” aux “nuisibles” ? Écœurant. L’État ridiculisé »

Emmanuel Macron sur TF1 et France 2

« Je ne vais pas commenter les propos du directeur général qui s’exprime sur une série d’affaires parce que là où je suis en tant que garant des institutions et aussi l’indépendance de l’autorité judiciaire, c’est une décision qui a été prise par un magistrat et donc je ne me prononcerai pas sur celle-ci »

– Emmanuel Macron sur TF1 et France 2

Emmanuel Macron a été invité sur TF1 et France 2 pour un entretien exceptionnel ce lundi 24 juillet 2023. Il a été interrogé sur la déclaration du directeur général de la police nationale. Le président de la République se refuse de la commenter. Le chef d’État explique par ailleurs « comprendre l’émotion des policiers ». Mais il affirme également que « personne n’est au dessus des lois ». En effet, avec la séparation des pouvoirs, le président ne peut pas intervenir sur des questions qui ne relèvent pas du pouvoir exécutif. La séparation des pouvoirs est stipulée dans la Constitution qui fixe notamment les missions du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire.

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Soutien aux forces de l’ordre

Les forces de l’ordre bénéficient de quelques soutiens. Pour rappel, l’homme politique d’extrême droite, Jean Messiha, avait lancé une cagnotte en soutien à la famille du policier qui a tiré sur le jeune Nahel. Cette cagnotte avait atteint la somme de 1,6 millions d’euros et 90 000 personnes y avaient contribué. Elle a été qualifié par beaucoup comme « la cagnotte de la honte ». Une plainte pour diverses raisons dont « escroquerie en bande organisée » a été déposée par la famille de Nahel contre l’initiateur de la cagnotte. Le parquet a décidé d’ouvrir une enquête. L’ensemble des faits reprochés pourraient valoir jusqu’à 10 ans de prison à Jean Messiha. Une autre cagnotte a été lancé en soutien aux familles des quatre policiers mis en examen à Marseille. Malgré une suspension temporaire le temps des vérifications par la plateforme, la cagnotte avait rassemblé ce dimanche 34 000 euros.

A LIRE AUSSI : Jean Lassalle est visé par une enquête préliminaire pour “viol et agressions sexuelles”
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