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Fukushima, fruit défendu

Depuis plusieurs jours, des photos de fruits et légumes déformés et « mutants », présentés par un site coréen comme conséquences de l’accident de Fukushima, circulent sur le net. Mais ce buzz médiatique ne semble être en fait qu’un montage trompeur.

En mars 2011, un tsunami, provoqué par le plus important séisme enregistré au Japon, dévaste la centrale nucléaire de Fukushima. Un accident nucléaire, classé au niveau 7, soit le plus élevé, qui n’est pas sans rappeler la catastrophe de Tchernobyl (1986). À ceci prêt que l’OMS a jugé ses conséquences bien moins importantes qu’en Ukraine, 25 ans auparavant. Reste que, à l’heure où le nucléaire est un sujet délicat, l’incident japonais fait toujours autant parler. Et cette semaine, la toile a été envahie par une série de clichés de fruits et légumes déformés, censés montrer l’ampleur des dégâts engendrés par la catastrophe. Mais les images, relayées par un site coréen et reprises par de nombreuses autres pages, n’ont en réalité aucun rapport avec Fukushima, et le site Agoravox a retrouvé leurs origines réelles. L’idée n’est pas de nier la dangerosité et les possibles conséquences de ce dramatique accident, mais bien d’avertir l’opinion lorsqu’elle est manipulée.

La tomate aux pousses vertes

tomate

Ce cliché a certes été pris au Japon, après le tsunami, mais à 900km de Fukushima. Et le journal qui l’a publié, le Asahi Shimbun, ne mentionne aucun possible effet de radiation.

Le radis « mutant »

radis

Cette photo n’est pas reliée avec la catastrophe de 2011, puisque utilisée pour la première fois par le site coréen Nate en 2004.

Le chou géant

chou

Comme pour la tomate, ce chou a été photographié au Japon, en 2012, mais à 1200km de Fukushima. De plus, il existe d’autres exemples de ce type dans le monde.

La mandarine bicolore

mandarine

Un fruit original récolté à 1600 km du lieu de l’incident, dans une zone peu ou pas affectée par les radiations.

Si la fuite nucléaire peut être responsable de certaines « mutations », elle ne les a en revanche pas créées -ce qu’internet nous fait pourtant croire en utilisant ces images-, puisqu’elles sont observées, soit avant l’accident, soit très loin de celui-ci. En fait, l’effet Fukushima pourrait seulement multiplier la fréquence d’apparition de ces modifications. Mais ce constat, s’il devait être observé, ne le sera pas de si tôt. Quant aux clichés, leur utilisation vise peut-être à orienter l’internaute contre le nucléaire, en le trompant sur les dangers réels de la catastrophe de Fukushima.

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