Nouvelle fusillade à Toronto, Canada. Ce dimanche soir, un homme ouvre le feu sur la foule, avant de mourir dans les échanges de tirs avec la police. On compte deux morts et 13 blessés, dans cette ville meurtrie par la violence des gangs.

Lorsqu’on parle de Toronto, on pense rarement à une ville dangereuse et meurtrière. Pourtant, depuis quelques années, la violence se développe à vitesse grand V dans cette métropole économique. Une fois de plus, hier soir à la tombée de la nuit, Toronto est devenue le théâtre d’une scène sanglante, où deux personnes ont perdu la vie.

On ne connaît toujours pas les motivations du tireur, mort sur les lieux du crime dans un “échange de coups de feu”, comme le précisent les forces de l’ordre. Le criminel a-t-il été abattu par un policier ? Ou a-t-il retourné son arme contre lui ? La réponse demeure actuellement un mystère.

Selon un témoin, cité par Global News, l’individu vêtu de noir aurait pris pour cible une jeune femme, avant de la fusillée, et de continuer à tirer sur elle une fois au sol. Entre 15 et 20 coups de feu ont été entendus, précise le voisinage. Au total, on compte 13 blessés, dont une fillette de neuf ans, entre la vie et la mort.

Dans le Greektown -quartier grec- on peut toujours percevoir la vitrine du restaurant, brisée par les impacts de balles, comme le montrait une vidéo mise en ligne, rapidement supprimée.

 

Comprendre en 3 points pourquoi la criminalité se développe à Toronto

Depuis le début de l’année, la Ville Reine a connu pas moins de 212 fusillades, où 26 personnes ont perdu la vie. Comparé à l’année dernière à la même période, on constate une réelle recrudescence : 188 échanges de tirs pour 17 morts. La violence semble se développer très rapidement dans “la ville la plus réputée d’Amérique du Nord”, comme la qualifie une étude de l’institut City Reptrak.

Depuis quelques années, cette Cité est sujet à de fortes violences par armes à feu. Cette intensification, on la doit principalement aux gangs qui se développent dans la métropole. Parmi eux, on compte le plus dangereux au monde : le MS 13. Les Malva Salvatrucha (fourmis légionnaires du Salvador, ndlr) s’implantent depuis peu au Canada pour étendre leur réseau de drogue, prostitution et de crimes en tous genres. Alors forcément, la guerre des gangs et des territoires se développe elle aussi.

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A cela s’ajoute l’immigration massive en provenance d’Amérique du Sud. Depuis l’annonce de Donald Trump de mettre fin au programme de protection temporaire (TPS), quelque 200 000 Salvadoriens sont menacés d’expulsion. La plupart prennent la direction du Canada, avant la date limite imposée par le Département de la Sécurité Intérieure américaine : le 9 septembre 2019. Toronto, une ville de premier choix, où nombreux sont les migrants qui trouvent refuge auprès des bandes armées.

Mais le problème résulte aussi dans la vente d’arme à feu, très facile au Canada. Pour se doter d’un fusil ou d’une simple carabine, des armes classées “sans restriction”, il faut être détenteur d’un permis de possession et acquisition d’arme à feu (PPA) valide. Pour l’obtenir, c’est très simple, il faut réussir le Cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu (CCSMAF). Pour le maire de Toronto, John Tory, cette situation doit faire partie du passé.  “Les armes sont trop accessibles à trop de gens”, a-t-il déploré au lendemain de cette nouvelle fusillade, avant de rappeler son souhait de modifier la législation une bonne fois pour toute.

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