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Gisèle Halimi, grande avocate et figure féministe, est décédée

Gisèle Halimi, célèbre pour son parcours d’avocate et pour sa défense de la cause des femmes, s’est éteinte à l’âge de 93 ans.

Fondatrice du mouvement “Choisir la cause des femmes” aux côtés de Simone de Beauvoir et de Jean Rostand, l’autrice de La cause des femmes a bâti sa carrière autour de cet engagement. Née en Tunisie en 1927, Gisèle Halimi a également fait de l’indépendance de ce pays un de ces combats. Morte à l’âge de 93 ans, son parcours a fait d’elle une des figures emblématiques du féminisme.

Un parcours de combattante

Sa naissance n’a pas été accueillie avec fierté. En effet, pour son père, avoir une fille était assimilée à une honte. Si bien qu’il a mis plusieurs semaines avant de l’évoquer à ses proches, comme elle le raconte dans La cause des femmes, publié en 1974. Sa mère aurait préféré que sa fille poursuive un parcours traditionnel et accepte le mariage arrangé. Mais Gisèle Halimi a repoussé les codes et défié les principes que sa famille juive lui avait inculqué, allant jusqu’à refuser d’embrasser la mézouza avant de se rendre en classe. Elle s’envole pour la France pour poursuivre des études de droit avant de revenir à Tunis pour s’inscrire au barreau en 1949. L’indépendance de la Tunisie fut l’un de ses premiers combats. Elle s’installe définitivement en France en 1956 et épouse Paul Halimi. Deux fils sont nés de cette union. Elle gardera son nom de famille, même après leur divorce. Avec Claude Faux, son second mari et ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre, elle eut un troisième garçon.

Ses débuts de carrière

En 1962, alors que la guerre d’Algérie bat son plein, elle décide de militer aux côtés de Jean-Paul Sartre et de signer le Manifeste des 121. Après avoir appris qu’une jeune algérienne de 22 ans avait été arrêtée pour avoir posé une bombe, torturée et violée par des soldats français, l’avocate décide de la défendre. Mais sa plaidoirie ne suffit pas, la justice condamne à mort la jeune algérienne. Avant qu’elle ne soit amnistiée puis libérée au lendemain de la signature des Accords d’Evian en 1962. Ce procès l’a amené à faire entendre sa voix pour faire avancer la cause des femmes.  Aux côtés de Jean-Paul Sartre, de Louis Aragon, de Geneviève de Gaulle, de Germaine Tillion ou encore de Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi fonde alors un comité. La même année, Djamila Boupacha, ouvrage rédigé en honneur à la jeune algérienne, est publié. Il fait l’objet d’une adaptation en film, pour Djamila, diffusé en 2012 sur France 3.

Gisèle Halimi, une femme politiquement engagée

En 1965, elle participe à la fondation du Mouvement démocratique féminin. Elle soutient également François Mitterrand dans sa candidature pour la présidentielle. Après le victoire de ce dernier en 1981, elle l’accompagne dans son mandat et devient député PS en Isère. Entre 1985 et 1986, elle occupe le poste d’ambassadrice de France à l’UNESCO. Avant de se concentrer à nouveau sur sa carrière d’avocate et sur l’écriture. Son histoire, à l’instar de Fritna, publié en 1999, ses combats son parcours professionnel sont contés dans une quinzaine d’ouvrages.

Engagée, elle signe en 1971 le célèbre Manifeste des 343 aussi connu sous le nom de “Manifeste des 343 salopes”. Toutes les femmes signataires y déclarent avoir commis un acte pourtant interdit à l’époque, l’avortement. Il sert alors de plaidoyer pour l’abolition de la loi interdisant l’avortement. Pour que les femmes n’aient plus à risquer leur vie si elles ne souhaitent pas poursuivre une grossesse non désirée. La même année, elle fonde aux côtés de Simone de Beauvoir le mouvement “Choisir la cause des femmes.”

A lire aussi : Leïla Slimani, féminisme et espoir

Les grands procès qui ont façonné sa carrière

De grands procès, à l’instar du procès de Bobigny, qui s’est tenu en 1972, ont façonné sa carrière. Celui-ci a calqué son nom à la défense du droit à l’avortement. Cet épisode est sûrement l’un des plus marquants de sa carrière mais aussi de ses engagements. A l’âge de 16 ans, une jeune fille, accompagnée de sa mère, avorte après un viol. Mais la justice poursuit alors ces deux femmes. Elle obtient la relaxation de la jeune femme. La justice condamne la mère mais la dispense de peine. Ce procès a permis d’ouvrir la voie à la loi Veil, relative à l’IVG et votée en 1975.

En 1978, à Aix-en-Provence, elle défend deux jeunes femmes, victimes d’un viol collectif et fait à nouveau évoluer la loi dans le sens de l’égalité entre les hommes et les femmes. La médiatisation de ce procès a permis, deux ans plus tard, de définir le viol et l’attentat à la pudeur comme des crimes, et non plus comme des délits. Ainsi, Gisèle Halimi a dédié une grande partie de son parcours d’avocate à la cause des femmes.

En septembre dernier, l’avocate a accordé un entretien au journal Le Monde. Elle y évoque ses engagements et les grands procès qui ont façonné sa carrière.

Crédits : Gilbert UZAN – Getty

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