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François Hollande est-il un manipulateur pervers narcissique ?

Le procès de « l’homme normal » s’est ouvert le jeudi 4 septembre avec la publication de Merci pour ce moment : le témoignage de Valérie Trierweiler, ex-première dame de France.

En parcourant les 300 pages de vie commune des deux amants, on se prend à regarder par le petit trou de la serrure une scène de crime. L’ex- première dame « ressemble à une poupée de chiffon disloquée » que le président a « ensorcelée ». Ce livre est étrange, presque dérangeant. Valérie nous livre en pâture ses états de santé entre somnifères et anxiolytiques. La journaliste a perdu tous ses moyens et écrit de manière confuse, désordonnée.

« Cette histoire devient folle, un trompe l’œil et un jeu de miroirs dans lequel il est impossible de distinguer la vérité ».

Pourtant on discerne bien dans cette histoire la victime du bourreau. A travers cette chronique d’une humiliation on découvre un président ambigu et manipulateur, un homme « anormalement normal ». Radio VL enquête sur le profil Hollande.

Qui se cache derrière cet homme si mal connu des français ?

Pour définir le président de la république, l’ex-première dame ne prend pas de gants : « il est totalement lisse, ne montre aucunes émotions, il veut être plus normal que la normalité ». En lisant ce qui ressemble au journal intime d’une adolescente en mal de vivre, on croit reconnaitre les principaux traits de personnalité d’un manipulateur pervers narcissique en la personne de François Hollande.

Le manipulateur pervers narcissique (MPN) est aujourd’hui reconnu par la psychiatrie. Selon Isabelle Nazare-Aga, auteure de Les manipulateurs sont parmi nous (Edition de l’Homme, 1997), cette pathologie touche environ 3% de la population. Le MPN séduit pour mieux détruire, il touche ainsi à l’intégrité morale de sa victime en tissant un lien de dépendance.

« Il avait un pouvoir, une emprise sur moi ».

Au début de leur relation, la journaliste de Paris-Match manifeste une certaine résistance envers les propositions de François Hollande. Elle est mariée à l’époque et ne souhaite pas entamer de liaison. Elle finit par quitter son mari pour les promesses d’un homme qui la répudie le 25 janvier dans un communiqué de presse expéditif : « Dix-huit mots froids et orgueilleux, chacun est un coup de poignard.» Valérie est à ce moment-là dans un état psychique alarmant. Face au drame, elle s’isole et fuit la réalité qui l’accable. L’affaire Gayet, suivie de la rupture précipitée du couple, lui révèle le vrai visage de celui qui faisait son idolâtrie.

« Comment n’ai-je pas compris dès le début dans quel piège je tombais ? ».

C’est justement le propre du manipulateur : ne pas être démasqué pour garder l’illusion d’un lien amoureux. La révélation de son aventure avec Julie Gayet met en lumière la vraie nature du « roi du double discours ».

Il commence par nier, laissant Valérie « dans le plus grand désarroi » puis finit par avouer à contre cœur. Ce déni, si caractéristique du MPN, s’accompagne d’un mensonge grossier : le président aurait dîné chez Julie Gayet dans le cadre d’une réunion organisée avec François- Henri Pinault. Il est tout de même difficile d’imaginer un président recourir à l’entremise d’une actrice pour développer son réseau social. La petite histoire du dîner ne fera pas long feu. A partir de cet instant le président change de visage : « il était devenu trop dur, tellement différent, indifférent. » Son tant-aimé François ne cesse de la dévaloriser : « lorsque nous sommes seuls, il parle de ma mauvaise image », particulièrement après l’affaire du tweet : « Il craint que je devienne contagieuse. Il ne pense qu’à lui ».

Un des symptômes principaux du manipulateur pervers narcissique est sa capacité à faire culpabiliser sa victime : « Est-ce moi qui manque de générosité ? Suis-je si peu sûre de lui ? Toujours en mal de légitimité? » Le manque de confiance de l’ex-première dame est flagrant.

« A ses yeux je dois être un faire-valoir mais j’ai l’impression de ne rien valoir».

François Hollande est méprisant envers Valérie, mais également vis-à-vis de sa belle-famille : des gens modestes qui font l’objet des ricaneries du président. Pour un homme de gauche, la condescendance sociale n’est pas de mise et le coup porté par l’anecdote de son ex-compagne est fracassant. Le bourreau est doublé d’un imposteur. Valérie ne se rend vraiment compte de rien car elle n’a d’existence qu’à travers les yeux de son amoureux, perdant ainsi son indépendance et son estime.

Le MPN joue entre son statut de bon-seigneur et celui de bourreau et empêche ainsi toute stabilité émotionnelle dans la relation. Son but est de créer une situation de peur chez sa victime qui devra en permanence s’adapter à ses humeurs.

« un état d’insécurité permanent entre ses mensonges, ses mystères et ses cachoteries »

Cet état d’insécurité, renforcé par le scandale Gayet, plonge Valérie Trierweiler dans une situation critique. Elle est en proie à des envies suicidaires, contrées par une prise importante de médicaments et fait un séjour en hôpital afin de se protéger du tapage médiatique. La dureté et la froideur que manifeste le président ont portés un coup de poignard à cette femme déjà fragilisée : « la question de [sa] santé ne le préoccupe guère, dans son esprit, il n’y a plus de première dame. »

Après les semaines passées à l’hôpital, la prise de conscience s’opère lentement. Le travail de reconstruction passe par l’écriture de Merci pour ce moment.

« la seule façon de reprendre le contrôle de ma vie était de la raconter ».

La revanche de celle qui fut jetée comme un « kleenex » s’avère être un remède efficace. Avec 200 000 exemplaires déjà écoulés, elle dévoile aux yeux du monde un personnage pathologique et dangereux, détruisant l’image bonhomme de celui qui voulait absolument être perçu comme un homme « normal ».

On se doit tout de même de prendre en compte le déséquilibre évident de Valérie Trierweiler et s’armer d’un doute raisonnable. La raison de ce livre est une vengeance personnelle et on se demande, en tant que lecteurs, si nous ne serions pas les seuls à être manipulés. Le portrait esquissé du président de la république pourrait tout aussi bien être influencé par sa colère d’avoir été rejetée.

« Est-ce la réalité ou le cancer de la jalousie qui me joue des tours ? »

En refermant le journal de la prétendue victime, on se pose en effet la question.

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Ici la grille de lecture politique de Merci pour ce moment.

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