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Je propose de créer un réseau de parrainage pour soutenir les jeunes Français dans leur recherche d’un premier emploi

Aux urnes, citoyens !  Candidat aux législatives des Français de l’étranger dans la 2ème circonscription, Joël Doglioni part à la conquête d’un territoire qui n’a pas fini de nous surprendre. Brésil : 6eme puissance mondiale, Chili : terre des extrêmes, Colombie, bastion de tous les eldorados… A l’image de ce décor en pleine effervescence, Joël Doglioni nous présente les convictions d’une candidature à l’empreinte rare d’authenticité.

1/ Beaucoup de jeunes expatriés déplorent un début de campagne consternant. Face à l’angoisse ressentie à une étape de la vie si préoccupante, de nombreux candidats usent de formules creuses, répètent des slogans et débitent des idées reçues. En quoi votre candidature peut-elle introduire un principe de réalité, un nouveau souffle et un projet ?

En tant qu’entrepreneur, je me méfie des idées creuses ou irréalistes. Lorsqu’on a créé ses propres entreprises en Amérique latine comme moi, on peut difficilement se cantonner aux idées reçues car tous les jours il faut s’adapter au contexte fluctuant de pays dont l’environnement socio-économique est très différent de la France et de l’Europe. Le principe de réalité est avant tout la capacité réactive aux difficultés. Vu d’Amérique latine, tout vouloir résoudre à l’aune de l’action publique est iconoclaste tant nous savons qu’ici l’Etat ne peut pas tout et qu’il fonctionne souvent de façon lacunaire. Nous devons raisonner en termes d’initiatives, de réseaux, de partenariats, de solidarité entre tous les acteurs économiques et sociaux. Je pense sincèrement que la génération des jeunes actifs est disposée à travailler en réseau, à s’épauler les uns les autres dans un contexte international « hard ». Je pense aussi que le passage de témoin doit être encouragé. C’est à l’action publique d’épouser les nouvelles mentalités pour être le plus près collée aux réalités de terrain. Le nouveau souffle de l’emploi est à ces conditions. Je propose de créer un réseau de parrainage en Amérique latine et dans la Caraïbe pour soutenir les jeunes Français dans leur recherche d’un premier emploi à l’étranger. Il s’agira de prolonger l’idée de tutorat des années d’études et de l’appuyer sur des acteurs économiques volontaires et bien implantés sur le continent latino-américain. 

2/ Un think tank a récemment préconisé que les pouvoirs publics soutiennent l’émergence d’une « Overseas Youth Bank » : structure bancaire dédiée aux jeunes expatriés. Quel regard portez-vous sur une telle initiative ?

Un projet de banque vouée à la mobilité internationale des jeunes ne peut qu’être envisagée positivement. D’autant que le programme Erasmus pour la mobilité des étudiants en Europe,  étendu depuis 2009 aux jeunes créateurs d’entreprises pour leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences à l’étranger en travaillant dans une PME européenne, bénéficie par définition aux seuls Européens. Or n’oublions pas que l’Amérique latine est actuellement la zone du monde où la croissance est la plus élevée et que s’y trouve la 6e puissance économique mondiale, le Brésil. Une telle banque donnerait en effet un nouvel élan à l’internationalisation des carrières jeunes. J’y suis tout à fait favorable. Il faut voir quelle serait sa faisabilité et éviter aussi qu’une bonne idée ne devienne dans les faits une énième bureaucratie de plus.

3/ Plusieurs responsables politiques prônent un « Buy European Act » sur le modèle américain. Une idée qui séduit de plus en plus une Europe en crise. Et qui viserait à mieux intégrer les PME dans la commande publique. Ce type de dispositif vous parait-il pertinent ? Quels sont les nouveaux partenariats à imaginer avec les pays du territoire latino-américain ?

Je suis à fond pour une telle initiative. Bien sûr, il faut éviter de tomber dans le protectionnisme, qui bloque les échanges, raréfie la richesse et sclérose l’initiative en favorisant la création de monopoles et de mammouths, mais là je peux vous assurer qu’on a encore de la marge !

Pour continuer d’être aimée et respectée, l’Europe doit rassurer les peuples et leur démontrer qu’elle fait des choses pour eux, en clair qu’elle agit concrètement à leur donner du travail et de l’emploi. Or, son ultralibéralisme et sa naïveté dans les échanges internationaux ont abouti à concéder sans négociation ni contreparties des pans entiers de production à des pays tiers, je pense à la Chine en particulier.

Donc, à l’image de ce qui se passe aux Etats-Unis, je suis pour qu’il y ait une préférence européenne dans les marchés publics au bénéfice de nos PME-PMI. Après tout, ces marchés publics sont payés par la puissance publique, c’est-à-dire le contribuable européen. Alors, au nom de quoi les entreprises européennes n’auraient-elles pas le droit de se retrouver dans une position initiale plus favorable que les entreprises chinoises, américaines, russes ou indiennes, sachant par ailleurs qu’en matière de normes, de qualités, de contraintes techniques, de responsabilité environnementale et sociale ce sont celles à qui l’on demande le plus dans le monde.

4/ Plusieurs collectifs de jeunes expatriés attendent, à l’horizon de ce prochain scrutin, des candidats capables d’injecter du management dans la tradition administrative française. Votre parcours d’entrepreneur vous donne-t-il l’envie d’imaginer de nouvelles idées qui pourraient simplifier la vie des expatriés, des familles, des associations, des chefs d’entreprises face à la rigidité administrative du réseau consulaire et diplomatique ?

La rigidité administrative du réseau consulaire est liée à ses missions qui sont d’administrer la communauté française de l’extérieur selon la législation et la règlementation françaises. Les démarches, qui peuvent être ressenties comme contraignantes par rapport au contexte du pays de résidence, doivent être simplifiées au maximum. La télé administration abolit les distances mais pas toujours le labyrinthe réglementaire.

Le député d’Amérique latine devra prendre en compte cette complexité et contribuer à adapter et à simplifier les lois. J’imagine aussi, grâce au progrès technologique, l’existence d’une carte à mémoire contenant tous les renseignements susceptibles d’être exigés au cours d’un parcours de mobilité internationale (date et lieu de naissance, justificatif de nationalité, état civil etc.), associés à des clés d’entrée codées ouvrant directement aux différentes procédures permettant de demeurer sans tracasseries excessives au sein de la communauté nationale.

5/ Quelle réforme majeure souhaiteriez-vous engager pour transformer en profondeur le fonctionnement du Ministère des affaires étrangères ?

Une réforme à mon avis intéressante serait la création d’une Direction de la mobilité internationale et de l’expatriation, qui serait une direction transversale coordonnant d’autres services du ministère des affaires étrangères et d’autres ministères intéressés par ce domaine. Cette direction aurait la charge de promouvoir la mobilité et d’accompagner le retour, en s’appuyant sur les organismes et les associations privées concourant à cet objectif. Le MAE  a une très grande expérience et des compétences avérées à l’international. Une véritable dynamique de mobilité pourrait être ainsi conduite, avec des moyens reconcentrés et affinés.

 Joël Doglioni – site de campagne : http://www.joeldoglioni2012.la/

 

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