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La mode des « tan lines » est-elle dangereuse ?

©ABCnews

La tendance des « tan-lines » cartonne auprès des jeunes femmes de la génération Z sur les réseaux sociaux. Les professionnels de santé mettent en garde contre les coups de soleil mais les utilisatrices n’y sont pas réceptives.

Comment maximiser la trace de bronzage du maillot de bain pour avoir une parfaite délimitation ? De nombreuses jeunes femmes recommandent d’utiliser de l’huile de carotte, du monoï, ou même de la graisse à traire, sans protection solaire. Une fois appliquée sur la peau, le produit est une barrière grasse imperméable qui empêche l’eau de s’évaporer. Au soleil, la couche concentre la chaleur et les rayons ultraviolets sur l’épiderme, comme une loupe thermique.

Si les adeptes parlent de « tan lines » ou « lignes de bronzage » en français, elles collectionnent plutôt les lignes de brûlure. Sur les réseaux sociaux, elles montrent fièrement à leurs abonnés leurs marques de coup de soleil. Partie d’Australie début 2025, la tendance des « tan lines » est un véritable phénomène sur les réseaux sociaux. Elle cumulait en quelques mois près de 150 000 publications sur TikTok et plus d’un million sur Instagram. En 2026, les jeunes parlent désormais de « tanmaxxing ».

Être belle mais à quel prix ?

Les professionnels de santé alertent sur les risques de la pratique. Outre les cloques dues aux brûlures, « s’exposer activement au soleil aux heures où le rayonnement UV est le plus intense expose la peau aux niveaux les plus élevés de rayons ultraviolets, ce qui augmente le risque de lésions de l’ADN des cellules cutanées. Ces lésions contribuent aux signes du vieillissement, comme les rides et les taches brunes, et augmentent le risque de cancer de la peau », explique la dermatologue américaine Marisa Garshick.

Selon Santé Publique France, le cancer de la peau est le quatrième cancer le plus fréquent chez la femme. Un coup de soleil pendant l’adolescence augmente de 3% le risque de développer une tumeur cancéreuse à l’âge adulte.

Même si la génération Z se dit préoccupée par le cancer de la peau, quatre sur dix déclarent se faire bronzer intentionnellement, selon une enquête de l’Association canadienne de dermatologie. Le « tanmaxxing » est plus qu’une mode : c’est une addiction, alerte le dermatologue et psychologue américain Evan Rieder sur Instagram.

Interrogée par la chaîne américaine ABC, la créatrice de contenus Jady Nazar se définit comme une « tan ». Pour elle, le « tanmaxxing » est « plus qu’un centre d’intérêt ». Avec les « tan lines », « je porte mieux mon makeup [et] je me sens plus mince ». Ainsi, elle dit regarder l’indice UV tous les matins. « Je planifie ma journée pour que la plupart de mes tâches soient faites le matin. » Son objectif est d’« avoir du temps libre entre 13h et 14h, quand l’indice est le plus élevé ».

« Pour la génération Z, s’exposer aux rayons nocifs du soleil s’apparente presque à un acte de rébellion silencieuse, d’autant que la beauté est devenue, ces dix dernières années, une stratégie d’investissement à long terme visant à préserver la jeunesse de la peau le plus longtemps possible », analyse Samantha Holender. Ces jeunes femmes boycottent le dictat du collagène, qui vise notamment à prévenir les rides. Elles privilégient la beauté à l’instant présent, en s’interdisant de penser à celle du lendemain.

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