ActualitéSéries Tv

L’autre « Friends » : la série oubliée sur l’adolescence signée Aaron Spelling

On pensait connaître les séries de Aaron Spelling mais on avait oublié qu’il fut le premier à sortir en 1979 une série baptisée … Friends.

Bien avant que Jennifer Aniston et Courteney Cox ne s’installent dans le canapé du Central Perk, une autre bande de camarades occupait déjà le petit écran sous le titre Friends. Diffusée au printemps 1979 sur ABC, cette série éphémère, produite par le magnat de la télévision Aaron Spelling et Douglas S. Cramer, proposait une plongée sensible et réaliste dans les prémices de l’adolescence. Aujourd’hui largement considérée comme une « œuvre perdue », elle mérite pourtant que l’on s’y attarde, ne serait-ce que pour son approche précurseure de la diversité et du quotidien des pré-adolescents.

Un portrait nuancé de la jeunesse californienne

Loin des sitcoms exubérantes de l’époque, Friends se présentait comme une « dramédie » d’une heure, ponctuée d’un rire enregistré, conçue spécifiquement pour le créneau familial du dimanche soir. Créée par A. J. Carothers — scénariste chevronné à qui l’on doit notamment Nanny and the Professor — la série suivait trois enfants de 11 ans vivant dans le sud de la Californie.

Le trio central représentait une coupe transversale de la société américaine de la fin des années 70. Pete Richards (Charles Aiken) incarnait le fils de la famille traditionnelle de banlieue. Nancy Wilks (Jill Whelan) apportait une nuance plus moderne pour l’époque, vivant seule avec son père après un divorce. Enfin, Randy Summerfield (Jarred Johnson) était le fils d’un avocat noir prospère, offrant une représentation rare et positive d’une famille afro-américaine de la classe moyenne supérieure.

Des thématiques universelles et saluées

La série ne fuyait pas les complexités de l’âge ingrat. À travers cinq épisodes diffusés en mars et avril 1979, les scénaristes exploraient les « épreuves et tribulations » de la puberté : les premiers rendez-vous maladroits, la pression scolaire, et les heurts avec l’autorité parentale.

Dans l’épisode « Going Out », on voyait Pete tenter de séduire Nancy sous les conseils de Randy, pour finalement se rendre compte que la précocité sentimentale n’était pas forcément une réussite. Le pilote, quant à lui, abordait les barrières de communication : Pete n’osait pas avouer à son père qu’il était remplaçant au basket, tandis que Randy se heurtait à l’image de réussite sociale que son père voulait maintenir à tout prix.

Cette justesse de ton valut à la série les éloges de la National Education Association et plusieurs récompenses, dont le « Golden Halo Award » du Southern California Motion Picture Council. Pourtant, malgré ce soutien institutionnel, ABC ne commanda pas de saison complète pour la rentrée suivante.

Un casting de « visages familiers »

Le casting de la série était composé de jeunes acteurs déjà aguerris. Jarrod Johnson, le plus expérimenté du groupe, était un visage omniprésent dans les publicités nationales (de McDonald’s à Pepsi) et avait déjà brillé dans les ABC Afterschool Specials. Jill Whelan, bien qu’ayant renoncé à un rôle dans la comédie musicale Annie pour ce projet, n’a pas tout perdu : elle avait déjà fait une apparition dans La Croisière s’amuse en tant que Vicki, la fille du capitaine Stubing, rôle qu’elle reprendra de façon permanente dès l’automne 1979.

Quant à Charles Aiken, sa ressemblance avec le héros de Leave It to Beaver lui valut d’être qualifié de « nouveau Beaver Cleaver » par la critique. Pour l’anecdote, le rôle de la sœur de Pete a failli revenir à une toute jeune Helen Hunt. Selon l’actrice Karen Morrow, Hunt aurait décliné l’offre en réalisant que son personnage restait dans l’ombre du petit frère.

Un héritage effacé par le temps

Le destin de ce Friends de 1979 est paradoxal. Si Pat Crowley reste la seule actrice à être apparue à la fois dans cette version et dans la célèbre sitcom de 1994, la confusion entre les deux œuvres est totale. Karen Morrow s’amuse d’ailleurs à raconter que lorsqu’on lit Friends sur son CV, elle préfère mentir et dire qu’elle était « la voisine d’en haut avec l’enfant agaçant » dans la série des années 90 pour s’épargner de longues explications.

Aujourd’hui, il ne reste presque rien de cette production Spelling. Aucune vidéo, aucun générique n’est disponible en ligne. Un seul épisode subsiste dans les archives de l’UCLA.

About author

Informer, décrypter, divertir
Related posts
ActualitéEmissionsMédias

Mariés au premier regard : pourquoi Yannick Noah n’était pas au mariage d’Estelle Laurier ?

ActualitéCinémaMusique

"Michael" : le film qui retrace l'ascension d'un génie, sans le reste

ActualitéHigh TechSport

Quels sont les 5 influenceurs sport à suivre sur tik tok ?

ActualitéFaits DiversFrance

C’était en 2023… l’assassinat d’Agnès Lassalle par un élève

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux