Après la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien, la Maison Blanche doit communiquer le détail des sanctions à l’encontre de l’Iran. Elles seront rétablies dans la nuit du 6 au 7 août 2018.

SAUL LOEB/AFP

En mai dernier, le Président américain Donald Trump affirmait la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Le 14 juillet 2015, l’Iran, l’Allemagne et les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU (France, Chine, Russie, Etats-Unis et Royaume-Uni) s’accordent à Vienne. Il établit une levée progressive des sanctions économiques à l’encontre de l’Iran, en échange de l’assurance que Téhéran n’usera pas de l’arme nucléaire en sa possession. Cette signature comprend également des inspections de sites nucléaires iraniens. L’accord, entré en vigueur en janvier 2016, lève peu à peu les sanctions à l’égard de la République islamique.

C’est aujourd’hui, lundi 6 août 2018, que la Maison Blanche doit communiquer les nouvelles sanctions établies à l’égard de l’Iran. Celles-ci deviendront effectives à minuit à Washington et à six heures en France. Elles devraient bloquer les transactions financières concernant certaines matières premières mais également sur les achats d’automobile et aviation commerciale. Selon Mike Pompeo, les Etats-Unis vont « faire respecter » ces sanctions. Deux périodes de transition permettront la mise en place progressive des pénalités à l’égard de l’Iran. La deuxième vague de transition prendra fin début novembre et devra ainsi pénaliser le pétrole iranien.

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Outre la volonté de paralyser une partie de l’économie iranienne, les nouvelles pénalités visent à « repousser les activités malveillantes de l’Iran« , déclare Mike Pompeo, secrétaire d’Etat américain. Ainsi, « les Iraniens sont mécontents, pas envers les Etats-Unis mais envers leur propre direction« . Et « le président est très clair, nous voulons que les Iraniens puissent faire entendre leur voix dans le choix de leur direction« . Dans cette optique, Donald Trump avait initié un dialogue entre les Etats-Unis et l’Iran. Néanmoins, le 31 juillet, le Vice-président du Parlement iranien, Ali Motahari rejette cette tentative de négociation « humiliante« .

En réponse aux sanctions contre l’Iran, l’Union Européenne a publié, lundi, un communiqué. Les ministres des affaires étrangères de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, expriment leur profond regret vis-à-vis de cette décision. Craignant un retour de boomerang de la part des Etats-Unis, les trois forces de l’accord iranien espèrent ne pas voir leurs relations commerciales avec la puissance américaine entachée s’ils ne cessent celles en cours en Iran. « Nous sommes déterminés à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l’Iran, conformément au droit de l’UE et à la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU », affirme le communiqué. Il ajoute : « C’est pourquoi le statut de blocage mis à jour par l’Union européenne entre en vigueur le 7 août, afin de protéger les entreprises de l’UE qui font des affaires légitimes avec l’Iran contre les conséquences des sanctions extraterritoriales américaines ».

La loi dite « de blocage »

En 1996, l’Union Européenne adopte cette loi « de blocage ». Elle protège les entreprises européennes des sanctions mises en place par les Etats-Unis qui viseraient à pénaliser les pays de l’Union, en échange avec l’Iran. Cette loi n’avait jamais été utilisée jusqu’à présent.

Néanmoins, l’Iran devra bientôt faire face aux sanctions américaines. Et son avenir ne s’annonce pas radieux. Ces derniers mois, la monnaie iranienne a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar. Et la crise économique en Iran bat son plein. La République islamique avait déjà fait les frais du retrait des Etats-Unis de l’accord iranien. Certaines entreprises étrangères comme Renault ou PSA ont quitté le pays pour éviter des sanctions.

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