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Les plus grandes dictatures du monde (3/3) : La Biélorussie, la dernière dictature d’Europe

Alexandre Loukachenko est à la tête de la Biélorussie depuis 1994. Presse muselée, arrestation arbitraire voire détournement d’avion, le président biélorusse dirigent le pays d’une main de fer.

Comme les deux derniers pays abordés, la Biélorussie est jeune. Le pays a obtenu son indépendance en 1991 au moment de la chute de l’empire soviétique. Alexandre Loukachenko arrive au pouvoir en 1994 après avoir annoncé que l’ancien président trempait dans la corruption.

A sa prise de main de la Biélorussie, Loukachenko révise la constitution et met en place un régime qui rappelle l’URSS. Les services de renseignement se nomment toujours KGB et il reprend le drapeau du pays sous le joug communiste. L’ancien devient un symbole de l’opposition qui le brandit durant de nombreuses manifestations.

Les libertés en Biélorussie

La liberté de la presse est totalement contrôlée par le pouvoir. Les autorités biélorusses n’hésitent pas à interdire tous médias et à emprisonner les journalistes dissidents contre le pouvoir. Les personnes arrêtées sont souvent victimes de tortures et de menaces. Les accréditations de médias étrangers sont refusées pour éviter la diffusion d’images non contrôlée par le pouvoir. Les nombreuses arrestations sont réalisées pour des motifs fallacieux. Les opposants sont ensuite directement emprisonnés.

Alexandre Loukachenko est prêt à tout pour arrêter ses dissidents au pouvoir. Un des dirigeants du média Nexta, le plus grand média d’opposition, forcé d’être sur Telegram pour ne pas être censuré, a été arrêté à la suite du détournement d’un avion en mai 2021. Roman Protassevitch qui avait fui le pays s’est fait ramené de force sur le territoire. Il est encore en prison aujourd’hui et la cible de tortures par les agents biélorusses.

Les manifestations à l’égard du pouvoir sont fortement réprimées surtout depuis les élections de 2020. De nombreux manifestants sont arrêtés pour avoir participé à des mouvements de protestation légales et sans violence. La police n’hésite pas à user de la violence pour faire fuir les groupes voire même à leur tirer dessus avec des balles en caoutchouc. Le KGB n’hésite pas à les menacer eux et leurs familles pour qu’ils arrêtent leurs actions.

La Biélorussie est encore à ce jour, le seul pays d’Europe et ancien de l’URSS a pratiqué la peine de mort. A ce jour plus de 600 prisonniers politiques sont recensés en Biélorussie selon Viasna. Nombreux sont enfermés pour des raisons obscures judiciairement. Par exemple, des journalistes ont été enfermés pour trouble à l’ordre public pour la couverture de manifestations.

Le tournant 2020

En août 2020, Alexandre Loukachenko est réélu pour la cinquième fois à la tête de la Biélorussie. Le dirigeant biélorusse s’impose avec un score de plus de 80%. Sa principale adversaire, Svetlana Tikhanvoskaïa, obtient un score de 10%. Cette jeune femme était une enseignante avant de se retrouver aux élections présidentielles. Normalement, son mari, un célèbre blogueur biélorusse devait se présenter pour les élections.

Le problème est qu’Alexandre Loukachenko, peu avant le début des scrutins, a opéré une purge chez ses opposants. Sergueï Tikhanovski qui qualifiait de « cafard », le président est arrêté peu de temps après l’annonce de sa candidature. Le mari de Svetlana Tikhanovskaïa présentait une trop grosse menace en tant que contre-pouvoir pour les autorités biélorusses. Les informations et messages qu’ils diffusaient sur sa chaîne Youtube irritaient le pouvoir. Les principaux opposants sont aussi emprisonnés. Viasna estime que 1300 personnes ont été arrêtées durant la campagne présidentielle.

Les résultats sont contestés et le peuple se rend en nombre dans les rues pour manifester contre Alexandre Loukachenko. Des affrontements violents ont lieu entre l’opposition et les forces de l’ordre. Les mouvements sont fortement réprimés par le pouvoir et de nombreux manifestants sont enfermés puis torturés.

Les soutiens internationaux

Svetlana Tikhanoskaïa est actuellement réfugiée en Lituanie et sillonne le monde à la rencontre des chefs d’Etats en tant que représentante du peuple opprimé biélorusse. Elle continue d’appeler aux manifestations dans le pays qui rassemblent chaque semaine plus de 100 000 personnes. De nombreuses personnes ne pouvant plus supporter le régime fuient vers les pays frontaliers. Alexandre Loukachenko ne peut le tolérer et a fait fermer ses frontières. Il y a quelques semaines, un membre d’une ONG venant en aide aux réfugiés biélorusses en Ukraine a été retrouvé assassiné.

La Biélorussie peut continuer ses exactions en toute impunité grâce au soutien sans faille de Vladimir Poutine. Les différentes sanctions de l’Union européenne à l’encontre du régime d’Alexandre Loukachenko n’ont alors aucune emprise. La gouvernance européenne refuse de reconnaître la victoire d’Alexandre Loukachenko et la somme de respecter les droits de l’homme.

Au pouvoir depuis plus de 20 ans, Alexandre Loukachenko semble indéboulonnable. Et rien ne semble pouvoir l’arrêter de continuer à diriger son pays d’une main de fer.

A lire aussi : Les plus grandes dictatures du monde (1/3) : L’Erythrée, petit pays mais grande dictature

Les plus grandes dictatures du monde (2/3) : Le Turkménistan, vestige de l’URSS

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