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Louca débarque enfin en série animée : le pari de l’émancipation pour le héros de Bruno Dequier

Louca

C’est un passage de témoin très attendu dans le paysage de la culture jeunesse. Portée par une popularité solide bâtie sur les étagères des librairies, la bande dessinée Louca s’apprête à conquérir le petit écran. Avec treize tomes parus aux éditions Dupuis et plus de deux millions de lecteurs conquis à travers la francophonie, la création de Bruno Dequier s’offre une déclinaison animée ambitieuse, programmée dès le 20 septembre sur la RTBF avant une arrivée sur TF1 à l’automne.

C’est l’histoire d’un duo extraordinaire. Celui de deux adolescents : Louca, un lycéen maladroit de 15 ans qui cumule mauvaises notes, gaffes et impopularité auprès des filles, et Nathan, un beau et talentueux footballeur de 16 ans, ancien capitaine de l’équipe de foot du lycée de Louca. Nathan semble avoir tout pour lui, sauf qu’il est… un fantôme ! De son vivant, Nathan n’aurait probablement jamais adressé la parole à Louca. Mais voilà, Louca est le seul à le voir et l’entendre. Louca, pas sportif au départ mais enthousiaste, rapide et surprenant, représente ainsi pour Nathan la dernière chance d’éviter que l’équipe de foot du lycée se voit reléguée tout en bas du classement, avec le risque de sa dissolution. Nathan décide donc d’aider Louca en devenant son coach sur les terrains de football comme dans la vie. Contre toute attente, c’est ainsi que va se nouer une solide amitié entre les deux garçons.

Une formule revisitée pour la télévision

Pour rappel, les bédéphiles connaissent bien ce collégien gaffeur et mal dans sa peau, dont le quotidien bascule lorsqu’il noue une alliance secrète avec Nathan, un jeune footballeur spectral invisible aux yeux des autres. Si le binôme conserve son ADN comique et ses thématiques de prédilection – l’amitié, la persévérance et le dépassement de soi face au regard des pairs –, l’adaptation télévisuelle ne se contente pas de faire du copier-coller.

L’auteur a lui-même posé ses conditions auprès de la société Media Valley. Plutôt qu’une redite littérale qui risquerait de faire doublon avec les albums, le projet a fait le choix de la nouveauté. Des arcs narratifs inédits font leur apparition, accompagnés de personnages secondaires originaux, tout en préservant l’énergie visuelle qui a fait le succès de la franchise auprès des 6-10 ans.

Derrière l’écran, un mastodonte de la production

Donner vie au trait si particulier de Bruno Dequier en animation 3D traditionnelle a nécessité un effort logistique considérable. Co-produit par Media Valley et Belvision, le chantier a mobilisé plus de deux cents créatifs répartis entre la France et la Belgique, au sein de structures telles que Dreamwall ou La Station Animation.

Sous la direction de Cyril Adam, le défi technique a consisté à marier deux styles graphiques opposés : l’approche réaliste du fantôme Nathan et l’exubérance cartoon de Louca, le tout dynamisé par des séquences sportives aux accents épiques, inspirées des codes de l’animation japonaise mais rigoureusement ancrées dans les règles du football. Une manière habile de prolonger l’univers d’une série qui, après avoir conquis le papier, entend bien marquer durablement les écrans.

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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