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Manuel Valls, plus que l’homme fort du gouvernement, un homme d’avenir pour le PS

Manuel Valls

Depuis le début du mandat de François Hollande, le gouvernement ne cesse d’être critiqué pour sa passivité, son manque de cohérence, ses couacs à répétition. Les cotes de popularité peu élogieuses sont au rendez-vous et déferlent inexorablement sur tous les ministres. Tous ? Non, car un ministère occupé par un irréductible homme de fer tire, lui, son épingle du jeu en s’affirmant comme la personnalité incontournable d’un gouvernement mal en point. Cet homme, ce n’est autre que Manuel Valls.

 

Mais qui est réellement Manuel Valls, cet homme de 51 ans aux allures d’un quadragénaire tout juste sorti de la trentaine, né à Barcelone et naturalisé français. Qui est cette tête forte qui a réussi à s’immiscer dans les plus hautes sphères de l’État sans passer par l’ENA, HEC, Polytechnique … Mais surtout, qui est cette graine de chef, mordu de pouvoir, véritable amoureux de l’Intérieur qui ne cache en rien ses aspirations politiques futures.

Manuel Valls fait parti de ces autodidactes du monde politique, de ces personnalités qui se sont forgées par elles-mêmes contre toute attente avec pour objectif une volonté d’ascension affichée et décomplexée.

Comment considérer autrement cet homme devenu français à l’âge de 20 ans d’un père catalan et d’une mère suisse italienne, étudiant l’histoire à l’Université Panthéon-Sorbonne. Rien ne le prédestinait à un avenir politique. Pourtant, il a réussi par la force des choses à prouver le contraire et ce avec brio. Manuel Valls est de ces rares hommes politiques à avoir démontré qu’immigration pouvait rimer avec engagement politique et que cette même politique ne s’apparentait aucunement à un monde réservé aux élites énarques.

Le locataire de Beauvau est un des plus bels exemples de la méritocratie politicienne : il prend sa carte au Parti socialiste à l’âge de 17 ans et rejoint la deuxième gauche rocardienne tout en se dévouant au militantisme syndical au sein de l’UNEF-ID. Dès lors, son engagement au sein du parti finit par porter ses fruits : assistant parlementaire, conseiller régional d’Ile de France puis vice-président, il devient secrétaire national du Parti socialiste à la communication, premier secrétaire de la fédération du Val d’Oise, maire d’Évry, député pour finir par s’installer dans l’excitant fauteuil du « premier flic de France ».

Une ascension fulgurante, certes, mais loin d’être volée.

 

« Un seul idéal, un seul talisman pour le gouvernement : la République. Un seul esprit : l’apaisement. Un seul discours face aux troubles : la fermeté. »

Manuel Valls aime la France, en effet, mais il aime encore plus la République française, cette République héritée de Ferry au sommet de son art dont il apparaît comme un des disciples. Il est de ces hommes qui incarnent fièrement une conviction figurant comme un triptyque de valeurs inhérentes à notre République : le respect inconditionnel de l’autorité de l’État, l’affirmation d’un pouvoir exécutif fort et l’aspiration à une société profondément laïque. « Pendant des années, Valls a incarné tout ce que tout le monde pensait tout bas à gauche. C’est pour cela que le Président l’a mis là où il est. Et l’électeur de droite est globalement satisfait de son travail » déclare un proche.

Plus précisément, Manuel Valls a réussi à réconcilier la gauche avec une certaine fermeté à l’égard de ces valeurs républicaines : outre le fait de les porter, il les défend et ne laisse passer aucun écart. « La sécurité n’est ni de gauche ni de droite » confiait-il encore ce lundi 29 juillet au Parisien.

En témoignent les démantèlements de camps de Roms à la fois insalubres et illégaux, la suppression des aides au retour, étant avant tout un cercle vicieux, ou encore la dissolution de deux groupes d’extrême droite entérinée en conseil des ministres le mercredi 24 juillet 2013.

Une fermeté revendiquée qui se laisse entrevoir aussi dans le discours avec le resurgissement de termes alors prétendus propres à la droite qui viennent se banaliser dans le verbe du ministre.

 

“Nous, nous ne cachons rien, nous ne dissimulons rien, les problèmes nous les affrontons »

Le ministre de l’Intérieur n’est pas le type d’homme à maquiller la réalité, au contraire, il s’y attaque de pied ferme. Son ennemi ? La politique du chiffre qu’il dénonce comme l’héritage de la droite au pouvoir et qu’il souhaite remplacer par un nouvel outil statistique plus fiable et objectif. Argument à l’appui, l’Inspection générale de l’administration estime dans son rapport que, depuis 2007, près de 130 000 actes de délinquance ont été sortis de l’outil statistique chaque année et ce à cause de la culture de la politique du chiffre. Oui, Manuel Valls veut voir les choses en face et récuse les écrans de fumée. Les seules fumées qu’il accepte, ce sont celles des gaz lacrymogènes pour réprimer les fauteurs de trouble, telle est sa vision de l’ordre.
Car Manuel Valls est un partisan de l’ordre républicain sans pour autant être fermé au dialogue, même si celui-ci s’avère généralement risqué pour les cotes de popularité. C’est ce qu’il a prouvé dans son échange de plusieurs minutes avec une habitante à l’occasion des événements survenus à Trappes. Un échange vif et animé que le ministre a tenu fermement sans broncher expliquant le travail exemplaire des forces de l’ordre et du maire de la ville. Ce risque pour tout homme politique de l’échange direct avec la population, il l’a pris, peu importe les conséquences, montrant aux yeux de tous qu’il assume en bloc ses responsabilités et qu’il ne se place en rien au- dessus de ceux dont il a en charge la sécurité.

La pédagogie cumulée à la proximité dans le cadre du respect des lois de la République, telle est la devise de Manuel Valls.

Outre sa qualité de communiquant hors pair, Manuel Valls sait mêler la parole aux actes, bref, apporter des résultats : recul de 15,4 % de la mortalité routière au mois d’avril après une baisse de 26,8 % le mois précédent.

Le grand projet de la lutte contre l’insécurité fait lui aussi ses preuves sur le terrain au-delà des mots. En effet, la mise en place des fameuses 64 zones de sécurité prioritaire a marqué les prémices d’une diminution des actes de délinquance. Pour preuve, en janvier, une baisse de 42 % des violences urbaines dans les quartiers Nord d’Amiens a été enregistrée, 40 % pour ce qui est des cambriolages. La lutte contre le terrorisme et précisément l’arrestation de onze islamistes radicaux sont en outre à ajouter à son tableau de chasse.

Le sens des responsabilités, le pragmatisme face à l’insécurité, la restauration de la parole de l’État, Manuel Valls apparaît comme en être le premier dépositaire au gouvernement comme à gauche.

 

“Si, demain, on me proposait d’autres responsabilités, je les assumerais, bien évidemment. J’ai toujours pensé que j’avais la capacité d’assumer les plus hautes responsabilités de mon pays”

Seulement, ses prétentions politiques semblent dépasser le seuil de la place Beauvau. Propulsé par une cote de popularité sans précédent qui ne daigne redescendre, Manuel Valls ne saurait cacher ses convoitises de prétendre, dans un premier temps, à Matignon. Selon une enquête Ifop pour le Journal du Dimanche, 47% des sondés considèrent que Manuel Valls ferait un bon premier ministre, ainsi que 45% des sympathisants de l’UMP. Des chiffres révélateurs qui pourraient donner des ailes à l’actuel ministre de l’Intérieur.

Néanmoins, « le vice-président » comme il est surnommé garde la tête froide et reste loyal comme il a toujours su l’être par le passé. « Trop et trop tôt » déclare-t-il. Manuel Valls ne se fait pour l’instant aucune illusion et garde son mal en patience. Un choix judicieux d’autant que le locataire de Beauvau ne saurait ignorer qu’il n’a jamais été aisé pour les premiers ministres sous la cinquième république de parvenir à la magistrature suprême …

Affaire à suivre !

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