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Médiapart, la police indépendante

Le Watergate Français

Alors que le site fait de nouveau parler de lui, Jérôme Cahuzac s’est promis de l’entrainer dans sa chute. Pourtant ce n’est pas le premier puissant dont les agissements sont mis en lumière par ce média d’un genre particulier. La devise de Médiapart « L’info part de là » et ses méthodes d’investigations divisent, que ce soit dans la population comme dans le monde du journalisme. Alors, Médiapart, un site d’information ou une nouvelle police ?

L’affaire Cahuzac

Nous sommes le 4 décembre de l’année 2012, lorsque Médiapart publie un article accusant le ministre du budget de détenir un compte en Suisse. Le résident de la succursale de Bercy dément aussitôt, menaçant même de poursuivre en justice tous ceux qui l’accusent ainsi que tous ceux qui reprendraient cette accusation. Pour toute réponse, Médiapart publie dès le lendemain un enregistrement qui n’a pas fini de faire parler de lui. On y entendrait l’intéressé dire “Ça me fait chier d’avoir un compte ouvert là-bas. L’UBS, c’est quand même pas forcément la plus planquée des banques”. Il faut dire qu’avoir un compte bancaire dans un paradis fiscal, pour un ministre du Budget, c’est tout de même un comble ! La suite vous la connaissez, Jérôme Cahuzac a été contraint de démissionner, Médiapart a fait tomber un ministre. A tort ou à raison, l’avenir et l’enquête en cours nous le diront. Mais pour de nombreuses personnes, les preuves et les méthodes du site sont paroles d’évangile. Car ce n’est pas la première fois qu’Edwy Plenel et sa bande décapitent une réputation, chose si volage en politique.

Le cauchemar des puissants

Depuis sa création, il y a 5 ans, Médiapart a déjà révélé de nombreux scandales dont les suites ont été aussi longues et oubliées que leurs révélations furent brutales et mémorables. C’est un petit peu ça, le style Médiapart. Un coup d’éclat sous forme d’article accusateur, preuves à l’appui, et qui signe pour quiconque en est la cible la fin d’une popularité ou le début malencontreux de celle-ci. Messieurs Takieddine et Sarkozy en ont fait les frais. Car si avant l’affaire Cahuzac, le journal s’était beaucoup attaqué à la droite et notamment au Sarkozisme, il n’y a désormais plus de doutes, Médiapart est sur tous les fronts. Chaque erreur, chaque indiscrétion d’un puissant se fait avec la peur de tomber dans les filets du pécheur d’informations. Semblable à la peur de nos parents lorsque l’on faisait des bêtises enfants, Médiapart est devenu la caution morale des hommes d’affaires et de leurs homologues politiques. Le scandale n’est jamais loin et l’éthique, contrainte certes, s’en trouve renforcée. D’ailleurs, dans l’enregistrement de Jérôme Cahuzac, le ministre ne fait-il pas un sous-entendu quant à l’indiscrétion de son délit plutôt qu’un mea culpa sur la pratique d’une fraude fiscale aussi illégale qu’immorale ?

L’american way of life

Médiapart est au scandale en France, ce que le Washington Post et son Watergate sont aux Etats-Unis. Mais en moins gigantesque, ce qui est rassurant. Reste que le site d’information a fait de l’enquête et de la dénonciation son crédo quitte à ce que le journal ne soit assimilé qu’à ça. Mais les méthodes agressives, voire hors la loi (Médiapart a été condamné à de nombreuses reprises pour écoutes illégales) du site posent un problème moral. Comment peut-on se positionner comme un dénonciateur de la fraude si l’on utilise les mêmes méthodes ? C’est un petit peu l’hôpital qui se moque de la charité. Oui mais voilà, les procédés, bien qu’agressifs sont concluants. Et ils permettent la mise en examen de nombres de personnalités un tant soit peu protégées par leurs statuts. Médiapart finalement, ne fait-il pas là, une mission d’intérêt publique ? En risquant des sanctions pénales, les journalistes du site ne font-ils pas le travail d’enquêteurs trop liés par leurs hiérarchies aux hommes qu’ils pourchassent ? Du moins, ils sont une épée de Damoclès au-dessus de la tête des puissants, et c’est tout de même rassurant.

© Médiapart

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