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Méprisée par Donald Trump, l’UE fait cap vers l’Asie

Désignée comme un ennemi par Donald Trump, l’Union Européenne cherche de nouveaux alliés commerciaux à l’Est. Cette politique vient se concrétiser par la signature d’un accord avec le Japon.

Le Japon et l’Union Européenne viennent de conclure un accord commercial ce mardi 17 Juillet à Tokyo. A cette occasion, étaient réunis le Premier Ministre japonais Shinzo Abe, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du Conseil européen Donald Tusk.

Cet accord relevant du libre-échange, contraste évidemment avec les mesures protectionnistes mis en place par Donald Trump à l’égard de l’Union Européenne et de la Chine ces dernières semaines. Présentant le deal en conférence de presse, les 3 représentants ont insisté sur l’opposition libre-échange-protectionnisme :

“La signature de cet accord de partenariat économique montre au monde la volonté politique inébranlable du Japon et de l’Union européenne de se faire les champions du libre-échange et de guider le monde dans cette direction alors que s’est répandu le protectionnisme”, a affirmé Shinzo Abbe.

Donald Tusk, président du Conseil européen, a confirmé les ambitions du Premier Ministre Japonais : “Nous envoyons un message clair disant que nous faisons front commun contre le protectionnisme”, avant que Jean-Claude Juncker, président de la Commission Européenne parachève : “Il n’y a pas de protection dans le protectionnisme”.

Quelles nouveautés ?

Le JEFTA (nom de l’accord : Japan-Ue Free Trade Agreement), s’il est ratifiée par le Parlement Européen et le Parlement Japonais, permettra à 85% des produits  agroalimentaires de l’UE (laits, charcuteries, produits sucrés…)  d’être vendus au Japon sans droits de douane. Les taxes sur certains produits resteront en l’état mais vont progressivement diminuer.

Pour le Japon, l’accord sera essentiellement bénéfique pour l’industrie automobile qui aura un libre-accès au marché européen d’ici quelques années

Quelle influence ?

Si cet accord est ratifié, il portera alors une zone de libre-échange de 600 millions d’habitants et représentant presque un tiers du PIB mondial (produit intérieur brut = valeur de la production créée).

Pourquoi le texte ne sera pas présenté aux Parlements nationaux ?

Alors que l’accord CETA (Canada-UE) est aujourd’hui mis en péril par l’Italie et avait été bloqué par le Parlement de la région belge francophone de Wallonie, en 2016, le JEFTA ne passera pas par les Parlements nationaux. En effet, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a rendu une décision en 2017 qui clarifie les compétences de l’Union et des Etats membres en matières commerciale.

A présent, les dispositions purement commerciales ne nécessitent que l’approbation du Parlement européen pour être ratifiées tandis que des dispositions relatives à l’investissement doivent être approuvées par les organes législatifs nationaux.

En l’occurrence, l’accord Japon-UE ne présente pas de dispositions relatives à l’investissement, ce qui permet de passer outre les Parlements nationaux européens. De nombreuses ONG ont critiqué ce traité, négocié depuis 2013 dans “l’indifférence générale” et remarqué l’absence de dispositions contraignantes en matière d’environnement.

A lire aussi : Les ministres de l’intérieur de l’UE se réunissent pour parler immigration

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