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Nu(e), vous n’êtes plus personne

A l’origine des temps, il y eu Adam. Et immédiatement, pour couvrir son précieux organe, il y eu le vêtement. La feuille de vigne, premier slip, mais pas le plus pratique. Mais pourquoi diable Adam s’habillait-il dans son jardin ? Ha oui, c’était le jardin d’Eden. Par pudeur donc … Ainsi au commencement, il y eu le vêtement. Sa première utilité : se cacher.

Puis, après la grosse bêtise d’Eve, ce n’était plus le paradis. Autant se le dire, on avait froid ! Alors les hommes suivants, ont commencé à porter des peaux de bêtes, des pulls en laine … La deuxième utilité du vêtement : se réchauffer.

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Le but premier d’un vêtement est donc de cacher et/ou de réchauffer. Mais avec les années, les décennies et les siècles, cette approche a été légèrement chamboulée. Comme une petite robe d’été.
Les différences sociales donnant accès à autant de qualités de matériaux, la mode a commencé. Bon c’est plus long que ça bien sûr, mais voilà, nos vêtements sont devenu peu à peu l’expression de nos identités. Avant c’était social. Mais maintenant c’est notre état d’esprit, notre personnalité que nous transpirons dans ces chemises en jean. La mode prend de plus en plus d’importance. Et par conséquent, comme pour un homme politique, on en dit de plus en plus de mal.

Tous les parents, agacés sans doute de ne pas être à la mode, se rassurent avec cette phrase que vous avez tous entendu « La mode est un éternel recommencement, j’étais habillé pareil à ton âge ». Oui mais voilà, non papa, non maman. Certes, les effets de modes sont cycliques. Un vêtement pas vu depuis longtemps réapparait car sa rareté le rend désirable. Puis, invariablement, tout le monde s’en empare et il perd son originalité et de fait sa notoriété. Jusqu’à ce qu’il redevienne le joyaux de la prochaine saison.

Cependant, à chaque fois qu’un vêtement revient à la mode, il subit une sorte de « lifting ». Il est adapté aux goûts de notre génération. Nos vestes en jean à motifs indiens, bien propres et foncés ne sont pas les vestes en jeans de nos parents, clairs, élimés, salis par des autocollants et autres broderies immondes. Tout est une question d’époque. Les vêtements évoluent avec la société dont ils sont le miroir. Bon, ca ce n’est pas une grande découverte. Mais ce que je veux dire, c’est que même quand une mode recommence, elle évolue, et ainsi de suite. Elle s’adapte à la génération qui se l’approprie. Et, on peut le dire, aux vues des photos de l’époque Disco, elle s’améliore.

veste moderne

veste ancienne

 

 

 

 

 

 

 

 

Par exemple, le slim. Il y a encore une décennie, tout le monde était habillé dans des pantalons et des vestes amples (skaters et autres early-adopters mis à part). Puis il y a eu la mode de l’ultra-slim. Je m’en souviens, j’y étais. Mes parties intimes m’en veulent encore de les avoir opprimées autant. Bref comme il faut un début à tout, le slim a débarqué en fanfare. Cette mode n’a pas duré longtemps, certes. Mais elle a changé durablement la coupe de nos vêtements. L’ultra-slim a ouvert la voie du vêtement cintré. Pour suivre la mode, les marques ont commencés à sortir des collections plus serrées, plus ajustées. Et le succès de ses collections a finit par faire du slim, un standard. Au point qu’on hait désormais les costumes amples d’il y a 10 ans. François Hollande en est la première victime, lui qui a force de ramer, se noie dans ses vêtements.

Il y a donc, outre l’effet cyclique, une évolution durable dans la mode. Yves Saint-Laurent par exemple, fut un des premiers à autoriser et même à sublimer sur les femmes le port de vêtements d’hommes. Si ce n’est pas une évolution sociale ca ? YSL, serait le plus grand des féministes. D’ailleurs depuis, certains confondent et l’on peut voir d’étranges hommes venus du Nord de l’Angleterre porter des jupes, mais bon, passons.

Mais il n’y a pas une mode. Même si l’on peut dire qu’il existe une sorte de « style majoritaire » qui évolue selon l’époque et les changements sociétaux. Ce style, adopté par le plus grand nombre est celui qui marque et reflète son temps.
Cependant, il existe un florilège de styles très différents. Chacun pourrait correspondre, pour simplifier, à un milieu social et/ou identitaire. Même si en réalité, c’est plus compliqué que ca, le milieu social ne définissant pas l’identité ni la personnalité.
Ce que l’on peut dire, par contre, c’est qu’il existe de plus en plus de styles différents, et qu’ils sont de mieux en mieux acceptés. Avant, la plupart des gens, des ouvriers aux grands méchants patrons s’habillaient plus ou moins (à la qualité des matériaux près) de la même façon. Désormais, le nombre d’adeptes du style majoritaire diminue donc au profit d’un élargissement des styles, et à une amplification de la masse que représente chacun de ces courants. Le renforcement du nombre de personnes de ces styles dissidents permet également leur acceptation. Si un gothique choquait nos grands-parents, à notre époque ce n’est ni plus ni moins qu’un être humain normal – ou presque.

jeunes-et-vieux

Qu’est ce que cela montre ? Une ouverture d’esprit. Celle qui, selon moi, caractérise notre nouvelle génération. Accepter les différences de l’autre comme une autre norme et non un affront à la masse est devenu monnaie courante. C’est le cas par exemple, on l’a vu récemment, de la condition des personnes homosexuelles. La société évolue donc vers une acceptation des différences comme une normalité et c’est tant mieux. Nous pouvons enfin être nous-mêmes ! S’habiller comme on veut, et une fois nu(e), faire l’amour avec qui l’on veut. D’ailleurs, l’uniforme dans les écoles, n’est plus qu’un lointain souvenir.

Comment as-t-on pu en arriver là ? Mais grâce à Zara voyons !

Les opposants au retrait de l’uniforme utilisait souvent cet argument : à cause des marques et du prix des vêtements, s’habiller est une forme de ségrégation, elle enferme celui qui ne peut se les offrir en dehors de la mode, donc de la vie sociale (pardonnez-moi le raccourci).

Or grâce à Zara, H&M et autres marques du même genre, ces barrières sont tombées. Ces enseignes ont un concept simple, observer la mode des couturiers et des maisons de luxes, puis reproduire, pour moins cher, ces vêtements. La mode accessible à tous, avec un décalage dans le temps si léger que seuls les Parisiens ont le temps de le voir venir. La mode n’est donc plus segmentante, elle peut enfin devenir identitaire.

Le but premier de la mode, à savoir, se cacher et/ou s’habiller a été largement dépassé. Il s’agit donc désormais, d’exprimer sa personnalité. De dire, par comment on est fagoté, qui l’on est. Le nouveau but du vêtement est donc bien supérieur et intime, d’où son importance de nos jours. D’ailleurs il ne s’agit plus de bien s’habiller mais d’avoir du style, c’est à dire d’avoir son style. L’important c’est d’être soi-même, voilà le message que les fringues de ma génération veulent faire passer. Bon, dans certaines limites, le milieu du travail restant encore (malgré quelques améliorations) réfractaire aux originalités. Mais on évolue, et c’est là l’essentiel.
C’est un des effets positifs de la mondialisation, non seulement elle a permis aux marques comme Zara d’émerger (elles qui sont, comme on l’a vu, essentielles pour rendre la mode accessible à tous), mais elle a aussi aidé nos esprits à s’ouvrir. Reste plus qu’à faire de même sur nos chemises.

Bonnes vacances, découvrez-vous au soleil, mais n’oubliez pas que désormais, nu(e), vous n’êtes plus personne. Pas trop d’indécences, donc.

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