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On a vu pour vous … Good Behavior saison 1 (TNT / OCS)

A mille lieues de son rôle dans Downton Abbey, Michelle Dockery est la vedette de Good Behavior, une série sympathique et réjouissante.

C’est quoi, Good Behavior ? Récemment libérée de prison pour bonne conduite, Letty Raines (Michelle Dockery) est une ancienne toxicomane, qui a perdu la garde de son fils. Adepte des livres de développement personnel, elle n’a pas pour autant renoncé à tous ses vices : entre deux boulots miteux, la jeune femme vit d’arnaques et de larcins. Alors qu’elle joue les rats d’hôtel dans un palace en pillant les chambres luxueuses, elle surprend une conversation entre Javier (Juan Diego Botto), un tueur à gage, et son client qui veut faire tuer sa femme. Après quelques hésitations, Letty décide d’intervenir et d’empêcher le meurtre, en commençant par se rapprocher de l’assassin avec qui elle passe la nuit. Elle vient de mettre le doigt dans un engrenage, s’engageant dans un road trip insolite mais dangereux avec son amant d’un soir…

Diffusée depuis Novembre dernier aux Etats-Unis, Good Behavior arrive sur les écrans français en version multilingue via OCS. Basée sur le roman éponyme de Blake Crouch, la série de dix épisodes a retenu l’attention et suscité la curiosité, principalement en raison de la présence de Michelle Dockery, rendue célèbre par son rôle de Mary Crowley dans Downton Abbey. La comparaison s’arrête là, l’actrice parvenant sans difficulté à faire oublier l’aristocrate britannique pour se glisser avec aisance dans la peau de l’américaine marginale.

Il ne faut pas longtemps pour saisir que Letty, l’héroïne de Good Behavior, est bien loin d’adopter la « bonne attitude » : dès les premières scènes, on comprend que cette femme est une dure à cuire, une bad ass qui ne se laisse pas faire et qu’il vaut mieux ne pas énerver. A peine libérée de prison, mère indigne (du moins, a priori…), toxicomane invétérée qui ne crache pas sur la bouteille, cette anti-héroïne délaisse vite un job peu reluisant de serveuse dans un resto miteux pour mettre à profit ses talents d’arnaqueuse et de voleuse. Brute de décoffrage, peu avenante, Letty ne suscite guère la sympathie, mais on s’intéresse quand même à son sort parce qu’elle possède un charisme indéniable et des faiblesses, dissimulées derrière une apparente confiance en elle, que le pilote révèle habilement.

Cherchant l’originalité dans sa présentation, Good Behavior dissémine çà et là des sentences tout droit sorties des manuels de développement personnel. Ce n’est pas la meilleure trouvaille, l’astuce ayant quelque chose d’un peu artificiel sans toutefois être foncièrement dérangeante. La mise en place, fluide et efficace, ne s’embarrasse pas de subtilités : le premier épisode se focalise sur l’action, plante à grands traits ses personnages et son intrigue, l’élément déclencheur surgissant rapidement. Si le pilote y perd en finesse, il y gagne en dynamisme et efficacité : on est vite emporté par l’histoire, addictive en dépit des grosses ficelles d’un scénario qui flirte parfois avec l’invraisemblable. On passe sur ces facilités, notamment grâce à une mise en scène musclée, un récit rythmé et un scénario riche en promesses.

A lire aussi : une autre série diffusée sur OCS, Search Party

La voleuse et l’assassin, couple improbable et sexy

Si le premier épisode fonctionne suffisamment pour donner envie de voir la suite, il faut néanmoins souligner qu’il n’est pas totalement représentatif du tour que prendra la série. Le pilote, réalisé par Charlotte Sieling (Homeland, Wayward Pines), se concentre sur la présentation de l’héroïne et le déclencheur de l’intrigue, dans une ambiance sombre voire glauque, en négligeant les autres protagonistes. Le deuxième épisode, en revanche, prend d’emblée une autre direction : dans une atmosphère plus lumineuse et glamour, Carl Franklin (House of cards, The Leftovers) pose une toute nouvelle intrigue, liée au pilote mais radicalement différente, qui annonce les prémices d’un road trip qui courra (sans doute) sur toute la saison, et qui permet de développer la relation entre les deux personnages principaux. Ce changement n’est pas déplaisant et laisse entrevoir ce que sera véritablement Good Behavior. Se faisant, il souligne toutefois la principale faiblesse du pilote, qui pose un point de départ sans pour autant parvenir à donner le ton des épisodes suivants. Il omet surtout l’élément essentiel sur lequel repose la dynamique de la série : le lien de séduction qui s’établit entre la voleuse et l’assassin, entre antipathie et complicité. Pas sûr que ce ressort suffise à porter toute une saison sans tomber dans le prévisible, mais pour le moment, ça fonctionne… D’autant que, pour l’instant, son principal atout réside avant tout dans le duo formé par Dockery et Botto, couple sexy à l’alchimie évidente. Tout comme sa partenaire, l’acteur argentin est plus que convaincant, mystérieux et ténébreux à souhait, et les épisodes suivants lui donneront largement l’opportunité d’approfondir et d’affiner son personnage. Reste à voir si les rôles secondaires (par exemple l’agent de probation de Letty ou son fils) gagneront aussi en importance ou s’ils seront cantonnés au rôle de faire-valoir. Mais cela, c’est déjà une autre histoire…

Au final, le pilote de Good Behavior constitue une entrée en matière correcte, enlevée et prenante, qui donne envie de poursuivre. Accrocheur, il est cependant réducteur et peut paraître trompeur, au vue des développements à venir. Mais comme cette suite est plus aboutie, plus subtile, et dessine des personnages plus complexes et plus intéressants sans pour autant sacrifier l’action, on a tout intérêt à continuer. Si l’ensemble reste assez basique et sans grande originalité ni prise de risque, la série s’annonce comme un divertissement réjouissant, léger et accrocheur. Un peu à l’image de son héroïne, Good Behavior se dissimule derrière une posture de départ, mais se révèle de plus en plus attachante au fil des épisodes. A noter que la série vient d’être renouvelée pour une saison 2.

Good Behavior (TNT)

10 épisodes de 45 min. environ

A partir du 24 Janvier à 20H40 – OCS.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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