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Coup de projo sur … Simon Abkarian (Pigalle, Les beaux mecs et Kaboul Kitchen)

C’est en février que Kaboul Kitchen fera son retour dans une saison 3 inédite. Et dans la série, un acteur magique, unique : Simon Abkarian.

Ils ne sont pas si nombreux que ça à la télévision française ces comédiens à avoir une gueule comme on dit. On pourrait citer de brillants comédiens comme Thierry Godard (Engrenages), Philippe Nahon (Caïn) et…le partenaire de ce dernier dans Les beaux mecs, Simon Abkarian. En quelques rôles titres dans des séries, il s’est imposé comme l’un des plus brillants acteurs français. Retour en 3 séries sur un parcours brillamment exécuté.

Pigalle la nuit (2009)

Créée par Hervé Hadmar et Marc Herpoux
Avec Jalil Lespert, Simon Abkarian, Armelle Deutsch et Catherine Mouchet

Crédit : Canal+

 

C’est quoi déjà Pigalle la nuit ? Thomas travaille à la City de Londres. Lors d’un séjour à Paris, il sort dans un club de striptease (effeuillage) et découvre que sa sœur, Emma, qu’il n’a pas vue depuis deux ans, en est la vedette. Il tente de lui parler, mais elle lui échappe. Peu après, elle disparaît mystérieusement sans laisser de traces. Thomas entreprend alors d’explorer le quartier de Pigalle et ses secrets pour la retrouver. Il se trouve alors lié à un conflit entre Nadir Zainoun, détenteur des deux principaux clubs de Pigalle, et les mystérieux propriétaires d’un nouveau club, le Paradise. Cette rivalité va déstabiliser le petit monde de Pigalle où tout le monde se connaît

Encore aujourd’hui, Pigalle la nuit est le petit bijou de Hadmar et Herpoux. Véritable conte onirique dans le milieu de la nuit, servie par la musique de Eric Demarsan, et, au milieu, un visage se découvre, bouffant littéralement l’image. Le visage de ce dur à cuire, patron du “vieux” Pigalle, Nadir campé par Abkarian que l’on remarque d’emblée. Rappelant les meilleurs comédiens américains (comme Pacino ou Brando), Abkarian semble tout droit sorti d’un épisode du Parrain. Il est brillant, glaçant et charismatique.

A lire aussi : notre dossier sur Hadmar et Herpoux

Les Beaux Mecs (2011)

Créér par Virginie Brac sur une idée de Jérôme Minet
Avec Simon Abkarian, Philippe Nahon, Victoria Abril, Anne Consigny et Soufiane Guerrab

Crédit : France 2

 

C’est quoi Les beaux mecs ? Tout commence en 2010 par l’évasion de Tony, vieux gangster condamné « longue peine », et de Kenz, jeune Maghrébin issu des mafias des cités. Dans une des prisons surpeuplées du troisième millénaire, ces deux-là partageaient une minuscule cellule, vivant dans une incompréhension totale l’un de l’autre et se détestant cordialement. Pourtant, alors qu’il bénéficie d’un régime de faveur et qu’il peut espérer une remise de peine pour bonne conduite, Tony va profiter de l’évasion de Kenz et l’obliger à l’emmener avec lui. Dehors, ils se séparent très vite ; mais Tony, trahi par ses « associés » qui espéraient bien ne jamais le revoir et qui le balancent aux flics, revient se réfugier chez Kenz, dans la cité. Là, il découvre les méthodes des jeunes et fustige leur incroyable négligence – tout en admirant leur courage. Leur cavale cristallise, sur le mode de la tragi-comédie, un conflit de générations d’un nouveau genre, où s’affrontent les anciennes méthodes du grand banditisme – préparation méticuleuse, codes, réseaux élaborés – aux nouvelles – tout, tout de suite et n’importe comment.
Qui est Tony ? Qui cherche-t-il ? Pourquoi s’est-il évadé ? Quels comptes vient-il régler ?

Les beaux mecs c’est la série de deux mondes qui se regardent en face, s’observent et se défient. Deux conceptions du grand banditisme.
On a dit que Abkarian dans Pigalle la nuit semblait sortir d’un volet du Parrain, une impression qui se confirme ici. Tony et Nadir sont finalement assez proches, comme les deux faces d’une même pièce. Abkarian campe ce gangster à l’ancienne, ce “beau mec”. Tantôt effrayant, tantôt touchant face à ce monde qui lui échappe au profit d’une nouvelle génération.
Comme symbole de ces gangsters à l’ancienne, Akbarian face à Philippe Nahon c’est l’apologie de ces gueules du cinéma et de la télé comme on les aime, deux personnalités qui témoignent d’une fiction qui ne laisse que trop de place à ces incroyables personnalités.

Kaboul Kitchen (2012- …)

Créée par Marc Victor, Allan Mauduit et Jean-Patrick Benes
Avec Gilbert Melki, Simon Abkarian, Karina Testa, Stéphane De Groodt

Crédit : Canal +

 

C’est quoi Kaboul Kitchen ? Afghanistan, 2005. George Bush est président des États-Unis, Jacques Chirac est président de la France et Jacky (Gilbert Melki), patron du resto « Kaboul Kitchen ». Tous les expatriés de Kaboul y viennent faire la fête. Quand sa fille Sophie (Stephanie Pasterkamp) débarque, Jacky ne la reconnaît pas et pour cause, il ne l’a pas vue depuis treize ans. Elle est venue faire de l’humanitaire. Lui est là pour faire du fric.

A mesure que la série avance, Kaboul Kitchen restitue de plus en plus un esprit de BD.
L’esprit de Kaboul Kitchen, ce n’est pas Melki (et bientôt De Groodt) qui l’incarne, c’est Kaboul elle même et incontestablement l’un de ses plus fidèles représentants : le colonel Amanullah que campe avec un sens du comique remarquablement maîtrisé Simon Abkarian. Amanullah est un rôle très différent des deux précédents pour Abkarian, un rôle qui lui permet de montrer autre chose et notamment de la comédie pure. Enfin comédie pure c’est vite dit, car à l’image de ces autres rôles, Abkarian donne à Amanullah sa “gueule” et donc une profondeur au personnage qui du coup va bien au delà de la comédie. Tantôt glaçant, tantôt hilarant, Amanullah est sans doute LE personnage dont ne pourrait pas se passer la série.

Simon Abkarian est sans conteste l’un des plus brillants comédiens de la télévision française. Doté d’une justesse et d’une profondeur de jeu assez remarquable, il donne instantanément du relief à ses personnages, simplement en promenant son visage à l’image. C’est aussi une “gueule” comme la télévision n’en fait malheureusement que trop peu. Un très très grand.

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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