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On a vu pour vous… la mini série Au delà des murs (Arte)

Une série signée Hadmar et Herpoux est toujours un événement. Et quand il nous livre un petit bijou comme Au delà des murs, on redemande. Tout simplement.

Découverte lors du dernier Festival Séries Mania, la série Au delà des murs (secondés par Sylvie Chanteux) est un petite miracle qui réussit à nous faire peur tout en se parant d’une très grande poésie.

Une jeune femme, Lisa, hérite de la maison d’un inconnu, mort il y a plus de 20 ans. En acceptant de devenir propriétaire de la maison, c’est en réalité la maison qui va devenir propriétaire de Lisa : Lisa se retrouve emmurée chez elle ! S’ouvre alors une lente exploration de la maison. La maison s’étire, se déploie, paraît sans fin. Commence un long voyage parmi les « Autres ».

Si la mode de la série ou du film de maison hantée est très répandue dans les pays anglo-saxons, elle l’est beaucoup moins chez nous. C’est donc quasiment à un terrain vierge que s’attaque une nouvelle fois Hervé Hadmar et Marc Herpoux, en créant une fiction visuellement ahurissante, très immersive (dès les premières secondes quand retentit le générique interprété par Agnès Obel). Tout comme leur héroïne Lisa, nous sommes immédiatement happés par la série, par la maison, les deux prenants bien soin de nous mettre “mal à l’aise” par une ambiance pesante savamment distillée ici et là par divers éléments. Tantôt une mystérieuse voiture dans un garage, tantôt par une héroïne mutique. Rien ne nous est épargné tant est si bien qu’une fois que Lisa pénètre dans la maison, le voyage a déjà commencé par nous. Usant d’éléments familiers des histoires de maisons hantées, le duo sériel Hadmar-Herpoux les contourne pour nous entraîner dans une toute autre histoire.

Car Au delà des murs, bien qu’étant une vraie série de genre comme on les aime, est aussi et surtout la quête initiatique d’une jeune femme traumatisée depuis de nombreuses et qui va, en entrant “dans” la maison, trouver plus de réponses qu’elle ne le pensait. La maison, vivante, va ainsi aider à soigner une jeune qui est, elle, presque morte à l’intérieur. L’avancée de Lisa dans la maison devient ainsi comme une forme de thérapie dont le papier peint n’est que la première illustration, renvoyant au test de Rorschach bien connu non seulement de ceux qui consultent, mais également de nous tous.
Et pour camper cette héroïne “perdue”, nos amis auteurs ont fait appel à la brillante Veerle Baetens, révélée par le bouleversant film Alabama Monroe. Son personnage Lisa ne parle quasiment pas dans la série et pourtant, elle est capable de tout faire passer par ses yeux. Comme nous le dit Hervé Hadmar, “par ses yeux, elle peut vous faire acheter n’importe quoi. Si elle a peur de quelque chose, elle vous fera peur rien que par ce qui passera par son regard.” Comme souvent d’ailleurs, ils ont eu du nez pour nous amener cette sublime héroïne que nos amis auteurs ont plus que gâté. Un rôle fin, juste, émouvant pour une actrice. Un rôle en or.

Qu’on se le dise, Au delà des murs est une oeuvre encore trop rare malheureusement, même si le genre se développe de plus en plus. Le voyage auquel nous sommes conviés devrait vous décontenancer, vous plonger en apnée dans les “sous-sols” de la maison. Et ça fait du bien. On en veut encore!!

Crédit: Arte

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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