Nox est la nouvelle mini série événement de Canal+, un polar glauque et sombre porté par Nathalie Baye, Maiwenn et Malik Zidi. Une plongée au cœur des ténèbres.

C’est quoi NOX ? Lorsque sa fille Julie disparaît dans les sous-sols de Paris sans laisser de trace, Catherine Susini est persuadée qu’elle seule pourra la retrouver.
Ancienne flic, à la retraite autant qu’à la dérive, elle devra se résoudre à faire équipe avec Raphaël, le coéquipier de sa fille. Ensemble, ils vont quitter la surface et s’enfoncer dans les tréfonds de Paris pour se lancer dans une course terrifiante et effrénée aux allures de descente aux enfers.

Un thriller glauque pour une plongée en enfer

Il est bien difficile de savoir et devenir à quoi on a affaire quand on se plonge dans Nox. Polar sombre ? Quête initiatique ? Un peu tout à la fois ?

Sur la forme, Nox ne renouvelle guère le genre du polar comme on le voit depuis quelques années. Une enquête bien tordue, un binôme d’enquêteurs que tout oppose et un regard sur la société par le prisme du polar. On l’a déjà vu, comme une figure de style imposée mais que l’on assume du côté de Canal+ : « NOX répond à un appétit de nos abonnés pour le thriller. Mini-série addictive et tendue, elle assume les figures imposées du genre, notamment le regard sombre et sans concession sur la société. Enquête pleine de suspense, espaces confinés, danger omniprésent, monstres inattendus « . La série peine d’ailleurs dans son premier épisode à nous dire ce qu’elle veut vraiment raconter. En revanche, on sent un ton, une atmosphère qui ne laissent pas indifférent. On sent qu’on est à la surface de quelque chose qui ne dit pas son nom mais qui nous accroche. Et dès la fin du premier épisode et sa découverte pour le moins macabre, on est embarqué dans un tourbillon infernal qui va nous retourner les tripes. Mabrouk El Mechri, réalisateur de la série (et également à l’oeuvre sur Maison Close), met en images de manière sublime et terrifiante, glaçante même, les sous-sols de Paris : « NOX est l’opportunité de créer une série sensorielle, susceptible de donner au téléspectateur de véritables sensations d’étouffement, d’anxiété, de claustrophobie. Plus nous descendrons dans les niveaux les plus profonds de la capitale, plus nous découvrirons un monde où les pierres reflètent l’Histoire, la grande. Plus on s’enfonce dans l’enquête, plus on découvre la profondeur et la noirceur de l’âme humaine.« 

Nox : le pire de l’âme humaine

On ne découvre que tardivement ce qu’est vraiment Nox ou qui est vraiment Nox. Car à l’image de Catherine qui recherche sa fille, le spectateur peut vite être perdu par l’enchevêtrement des intrigues. Mais quand le puzzle commence à sa mettre en place, l’intrigue devient saisissante, bluffante, passionnante, tout en nous révélant ce que la violence de l’être humain peut produire de plus abjecte. Car finalement, le fil conducteur de l’histoire n’est pas de savoir qui est Nox ou quel est son mobile. Le vrai fil conducteur c’est nous, ce que l’on peut faire quand on est acculé, désespéré, habité par une violence et une rage incontrôlable. Que faire quand on ne croit plus rien ? Car ce qui rend Nox passionnante mais aussi dérangeante, c’est précisément cet effet miroir qu’elle a en nous, nous forçant à nous interroger : « NOX est un conte noir, cruel, contemporain, avec en toile de fond la violence sourde de notre société – celle qui pousse certains individus à céder à leur pulsion de violence et les entraîne au passage à l’acte« , (Quoc Dang Tran, co-auteur de la série). Série sombre ? Pire que ça, c’est une série pleine de désespoir où la question du happy end se pose à chaque instant. Et jusqu’à quel point la noirceur de ce monde peut nous corrompre ? En ça, la prestation de Malik Zidi et sa trajectoire jusqu’à la scène final sont autant de forces apportées à la série et assez remarquables. De son côté, objectivement, Nathalie Baye surjoue beaucoup et est parfois à la limite de la caricature, voire y plonge complètement. Mais vers la fin de la série, notamment durant ces quelques scènes avec Maïwenn, elle retrouve des petits moments plus fin dans son jeu qui manquait cruellement.

Nox, la nouvelle Création Originale de Canal+, se révèle au final une très bonne surprise malgré des débuts un peu trop conventionnels. On revient avec cette série à une forme de fictions qu’on a certes souvent vu mais qui parvient bien à se réinventer. Grâce à une action resserrée sur 6 épisodes (contre 8, voire plus sur les séries du même registre), on évite que l’intrigue ne se dilue (trop).

FICHE TECHNIQUE

Une mini-série de 6 épisodes de 52 minutes réalisée par Mabrouk El Mechri.
Créée par Frédéric Cavayé, Quoc Dang Tran, et Jérôme Fansten
Avec Nathalie Baye, Malik Zidi, Maïwenn, Frédéric Pierrot, Lubna Azabal, Valérie Donzelli, Noémie Lvovsky
Diffusion dès le 12 mars prochain