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On a vu pour vous … BAC Nord avec Gilles Lellouche en agent de la BAC

Présenté dans la Sélection Officielle Hors Compétition du festival de Cannes 2021, le thriller coup de poing signé Cédric Jimenez sortira dans les salles le 18 août 2021. Tristement vrai, BAC Nord permet au spectateur de retracer la folle histoire de la brigade anti-criminelle de Marseille en 2012.

C’est quoi BAC Nord ? 2012. Les quartiers Nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC Nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les flics adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu’au jour où le système judiciaire se retourne contre eux…

Après le carton La French, Cédric Jimenez revient pour un long métrage rempli d’action. A l’image, toujours de la drogue et des armes mais pas du même point de vue. Là où son film de 2014 s’intéressait à la mafia marseillaise, c’est désormais du côté de la police que le réalisateur marseillais pose sa caméra. Entouré de très grands noms du cinéma français, Cédric Jimenez fait ce qu’il sait faire de mieux : montrer le visage sombre de sa ville natale, Marseille. Il collabore de nouveau avec Gilles Lellouche, qui troque sa casquette de parrain du milieu marseillais qu’il incarnait dans La French pour devenir policier de la brigade anti-criminelle. Il est accompagné par François Civil et Karim Leklou, qui jouent respectivement Antoine et Yassine, deux autres policiers de la BAC, mais aussi d’Adèle Exarchopoulos, qui joue Nora, la femme de “Yass”. A noter la présence en guest du rappeur marseillais Kofs et de la jeune actrice marseillaise Kenza Fortas dans le rôle de l’indic.

Le film reprend une histoire vraie qui avait beaucoup fait parler d’elle. En 2012, des membres de la BAC Nord de Marseille avaient été déférés en correctionnelle pour trafic de drogue et racket. Le Premier Ministre de l’époque Manuel Valls s’était même mêlé de l’affaire, qui avait pris une grande ampleur dans les médias. Le réalisateur Cédric Jimenez a grandi dans les quartiers nords de Marseille et avait été marqué par l’affaire. “Je connais vraiment bien les quartiers nord. Que les flics déconnent là-bas n’a rien d’étonnant : ce sont des zones abandonnées de l’État et qui répondent à des codes particuliers… La police n’échappe pas à cela. Mais la médiatisation de l’affaire me paraissait teintée d’hypocrisie, avec Manuel Valls qui déclarait qu’il allait « nettoyer la police ! », etc. Ça sentait la récupération politique : ces flics n’étaient sûrement pas irréprochables mais comment l’institution policière pouvait-elle autant se cacher derrière ces accusés ?” dénonce le réalisateur. Toutes ces questions l’ont poussé à rencontrer véritablement les anciens membres de la BAC Nord pour s’entretenir avec eux. Ces derniers ont accompagné l’équipe technique et les acteurs durant toute la conception du film.

Un film réaliste et nuancé

Tout l’intérêt du long métrage est de montrer les nuances. Aucun parti n’est pris. Les quartiers et la police sont donc montrés sous différentes facettes, certaines plus glorieuses que d’autres. L’affaire est en effet complexe : des policiers de la BAC à bout, des quartiers devenus des “zones de non-droit”, des méthodes discutables… Les trois policiers de la BAC incarnent toute cette complexité. “Pour moi, il était hors de question de faire un film « pro-flic », comme il était hors de question de faire un film « anti-flic ». Il s’agissait de faire un film mesuré.” assure Gilles Lellouche. Finalement, c’est plus le système qui pousse les deux camps à agir de la sorte qui est pointé du doigt dans le long métrage.

BAC Nord s’imprègne de la réalité pour la retranscrire de manière brutale. Cédric Jimenez, qui a grandi dans la cité phocéenne, voulait montrer les recoins populaires et la vie qui s’y déroule. “Le marché aux puces, par exemple, est un endroit que je tenais absolument à filmer, même si c’était un cauchemar logistique. Les revendeurs de cigarettes, les trafiquants de tortues, les sandwichs à l’harissa… Toute cette ambiance est typiquement marseillaise.” assure-t-il. 

Ça donne quoi au final ? C’est un film plutôt réussi. L’intrigue est bien amenée, nous nous attachons aux trois personnages principaux, qui sont parfaitement incarnés par les acteurs. Gilles Lellouche, François Civil et Karim Leklou se font oublier au profit des policiers qu’ils jouent. A noter aussi l’émotion transmise par le personnage de Nora joué par Adèle Exarchopoulos, mettant en avant l’homme et la famille derrière le policier qu’est Yassine. La scène la plus marquante est sans doute celle dans laquelle une opération de grande ampleur vise à démanteler un trafic de drogue dans le quartier de la Castellane. Dedans, on retrouve tout ce dont on aime dans les thrillers : de l’action, de la tension et de la violence mais tout cela est amené de manière subtile. Cette scène est d’ailleurs inspirée d’une réelle opération et a demandé huit jours de tournage, avec pour figurants de véritables habitants des quartiers filmés. Sur un sujet déjà traité, BAC Nord s’en sort plutôt pas mal. En effet, le thème n’est pas sans rappeler Les Misérables de Ladj Ly. Dans ce dernier, il était aussi question de quartiers sensibles et de policiers de la BAC à bout aux méthodes limites. Les acteurs de BAC Nord ont d’ailleurs eu l’interdiction de le voir. Les consignes du réalisateur étaient claires et visaient à éviter que les acteurs s’imprègnent du film produit par Kourtrajmé. Finalement, le pari est plutôt réussi. Si sur le papier, les deux films concordent mais on se rend vite compte que bien des éléments diffèrent. Les émotions ne sont pas les mêmes, l’intrigue est aussi différente. Là où Les Misérables pointent du doigt les animosités entre la BAC et la banlieue, BAC Nord se concentre sur la complexité de la hiérarchie dans la police.

Au final, c’est un film à voir, tant pour comprendre l’histoire qui avait secoué les médias en 2012 que pour le jeu d’acteur des protagonistes. Malgré des faits qui remontent à 2012, l’histoire semble terriblement actuelle. À voir sur grand écran dès le 18 août.

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Rédacteur VL Média et étudiant à l'École d'Histoire de La Sorbonne.
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