Les Misérables sort en salle ce mercredi 14 octobre. Le film de Fred Cavayé est très attendu et pourrait se classer comme le film français avec le plus d’entrées en 2026, mais que vaut-il ?
C’est quoi Les Misérables ? Libéré après 19 ans de bagne pour le vol d’un pain, Jean Valjean (Vincent Lindon) décide de changer de vie et de faire le bien autour de lui. Sous une fausse identité, il devient avec le temps un notable respecté de tous. Venant en aide à Fantine (Noémie Merlant), une ouvrière mourante, il promet de sauver sa fille, Cosette (Megan Northam), des griffes des cruels Thénardier. Mais son passé le rattrape : l’inspecteur Javert (Tahar Rahim), un policier implacable au passé lui aussi tourmenté, le traque sans relâche afin de le renvoyer au bagne. Dans un Paris en pleine révolution, Valjean doit lutter pour protéger Cosette et achever sa rédemption, entre sacrifices et quête de justice.
L’essentiel
C’est peut-être le film le plus attendu de l’année dans le cinéma français. Les Misérables, adapté du célèbre roman de Victor Hugo, regroupe un casting XXL : Vincent Lindon est Jean Valjean, Tahar Rahim joue le policier Javert, Camille Cottin et Benjamin Lavernhe forment le couple Thénardier ou encore Vassili Schneider qui interprète Marius. Le film est réalisé par Fred Cavayé et distribué et co-produit par Studiocanal. Pour le tournage, les équipes de production se sont déplacés en Gironde, dans les Yvelines ou encore dans l’Oise. S’il existe plusieurs adaptation du roman de Victor Hugo, celle-ci est sûrement la plus ambitieuse avec un budget de 33,4 millions d’euros et 3500 comédiens dans des rôles de figurants.
Adapter Les Misérables peut sembler risqué au vu de l’importance de l’oeuvre dans la littérature française, Fred Cavayé explique son choix : « J’aime les films capables de faire naître des émotions fortes et j’ai vu dans cette œuvre la matière idéale pour créer un spectacle pour le grand écran, mais aussi une histoire formidable qui nous plonge au cœur de l’humain. »
Ce qu’on a aimé dans Les Misérables
L’atmosphère globale du film colle vraiment bien à l’histoire des Misérables. Les décors sont assez réalistes, que ce soit dans les villes comme dans les campagnes. Ensuite les costumes d’époque nous permettent aussi de bien rentrer dans l’univers de l’oeuvre. Les musiques orchestrales apportent une véritable dramaturgie à des tournants de l’histoire. On ne voit pas le temps passer à tel point que les 2h56 de projection donnent l’impression d’1h30 et cela est dû à une autre raison.
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Évidemment, vous vous demandez ce que valent les acteurs de ce casting impressionnant. Pour le coup c’est une vraie réussite. Si on devait retenir une seule performance ce serait celle de Tahar Rahim qui se plonge parfaitement dans le rôle de l’inspecteur Javert. On lit la dureté de la Justice dans ses yeux ainsi que son obsession à attraper Jean Valjean interprété par un très bon Vincent Lindon. Tahar Rahim incarne parfaitement le manque d’humanisme des institutions dénoncé dans Les Misérables et qui mène à l’insurrection.


L’autre duo qui fonctionne très bien c’est le couple Thénardier formé par Camille Cottin et Benjamin Lavernhe. Aussi différents soient les deux personnages c’est leur association qui créé de très bons antagonistes, on retrouve la caricature de Victor Hugo. Vassili Schneider tient bien son rôle de Marcus auquel on peut trouver des points communs avec son personnage d’Albert de Morcerf dans Le Comte de Monte-Cristo. Les autres étoiles montantes du cinéma français que sont Marie Colomb, Meghan Northam ou Louis Peres offrent une belle synergie à l’écran.
Enfin, comme pour la majorité des films de Fred Cavayé on sent les envies de thriller. Le réalisateur aime beaucoup jouer avec les codes du Thriller dans ses films alternant suspens insoutenable et tension presque dramatique. On retrouve ça sur plusieurs scènes du film et notamment la grande barricade à la fin du film. Cette scène qui est le grand moment du film mêle parfaitement le côté épique et un peu bordélique de la révolte et le drame que l’affrontement laisse derrière lui.


Ce qu’on a moins aimé
L’adaptation d’une oeuvre aussi connue traîne toujours le même souci : Comment donner envie à des spectateurs de voir une histoire qu’il connaît déjà ? Fred Cavayé n’a pas menti quand il disait vouloir rester fidèle au roman de Victor Hugo. Le réalisateur de Radin ! (2016) ou Le Jeu (2018) s’est permis quelques libertés sur le scénario, changeant la destinée de certains de ces personnages, la femme Thénardier en tête.
Comment aller voir un film où l’on connaît déjà l’issue ? Comment apprécier le suspens qu’instaure bien Fred Cavayé si on se rappelle de l’intrigue d’une scène ? Cela risque de dépendre de chacun et de votre amour du cinéma. Si vous faites partie de ceux qui n’ont pas lu Les Misérables ou qui ne s’en rappellent plus très bien, vous allez prendre votre pied, c’est sûr.
À l’inverse, si le roman de Victor Hugo n’a plus de secret pour vous on espère que vous serez sensible à la mise en scène et à la réalisation du film. Il n’est jamais simple de réadapter une oeuvre aussi populaire que Les Misérables. Le roman original fait environ 2000 pages, alors forcément il y a des éléments, des personnages ou des thématiques qui seront moins traités sur grand écrans.
Faut-il aller le voir ?
« Tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles ». Ce sont sur ces mots que le film s’achève, ces mêmes mots par lesquels débute le roman. Si on peut y voir un message de Fred Cavayé pour le prochain qui tentera une adaptation du roman, ces mots de Victor Hugo restent encore d’actualité plus de 160 ans après la sortie des Misérables. Évidemment on vous conseil fortement de vous rendre en salle pour voir le film.