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On a vu pour vous… The afterparty, comédie policière qui joue avec les points de vue

Cluedo qui alterne les versions de l’histoire et les genres, la comédie The Afterparty vaut d’abord pour la forme du récit.

C’est quoi, The afterparty ? L’inspectrice Danner (Tiffany Haddish) et son adjoint Culp (John Early) arrivent sur une scène de crime : Xavier (Dave Franco), star de la pop, gît raide mort sur la plage au pied de sa résidence. A l’intérieur de la maison se trouvent plusieurs de ses anciens camarades de lycée, invités à une fête de retrouvailles. Tous sont suspects et tous ont leur version des faits, qu’ils vont raconter à l’enquêtrice en empruntant chacun à un genre narratif différent. Thriller, comédie musicale ou film d’auteur, une chose est sûre : l’assassin de Xavier est parmi eux.

Un groupe de personnes, un huis-clos, un meurtre : c’est le point de départ de The afterparty, série créée par Phil Lord et Chris Miller pour Apple TV+.  Un whodunnit qui aurait pu naître sous la plume d’Agatha Christie et qui rappelle le film A couteaux tirés, ou une sorte de  Boomtown mâtiné de Search Party. Des références que The afterparty utilise et recycle tout au long de ses huit épisodes de 30 minutes, pour en tirer une comédie policière qui jongle entre les points de vue et surtout les ambiances.

Après s’être retrouvés au cours d’une soirée d’anciens élèves du lycée, huit personnages se réunissent chez l’un d’entre eux, Xavier. Star de la pop et du cinéma, il a invité ses camarades à une after dans sa luxueuse maison avec vue sur la plage. Et c’est justement sur cette plage que son cadavre a atterri, vraisemblablement après qu’on l’ait précipité du haut d’un balcon. Pour l’enquêtrice Danner, il ne fait aucun doute que le coupable fait partie des convives. Tous se regardent d’ailleurs avec méfiance, s’accusent mutuellement et connaissent des secrets qui ne devraient pas être révélés mais qui pourraient permettre à Danner de comprendre qui a tué Xavier et pourquoi. Elle commence donc à les interroger, un par un. Et elle découvre que chacun à sa version des faits, une histoire à raconter… et surtout que chacun à ce qu’elle appelle son « cinéma intérieur », qui lui fait interpréter les événements selon une perspective tout à fait différente des autres.

Qui a tué Xavier ? Chacun a sa version de l’histoire

C’est ainsi que nous rencontrons les héros de la série, qui se connaissent depuis le lycée. Parmi eux, le timide Aniq (Sam Richardson) a toujours un crush pour Zoe (Zoë Chao), l’ex-femme de Brett (Ike Barinholtz) ;  l’excentrique Yasper (Ben Schawrtz) se rêve en auteur-compositeur ; la mystérieuse Chelsea (Ilana Glazer) pense qu’un de ses anciens camarades la harcèle ; Indigo (Genevieve Angelson) intellectualise tout façon Télérama…  Tous sont rassemblés chez Xavier, pop star hyper populaire – sauf qu’on fait d’abord connaissance avec son cadavre. Apparemment, ce type égocentrique et superficiel était autant adulé par le public que détesté par ses invités. D’autant que ces retrouvailles ont réveillé les vieilles rancœurs, les rivalités et peut-être un désir de vengeance.

Supposée attendre son supérieur pour débuter l’enquête, Danner prend néanmoins les choses en mains et commence les interrogatoires. Successivement, chaque invité va lui raconter ce qui s’est passé – du moins, d’après lui. La soirée va ainsi nous être montrée à de multiples reprises, du point de vue des personnages qui portent un regard très personnel sur les événements ayant conduit au drame. D’une part parce que chacun a vécu quelque chose de différent, a assisté à des scènes que les autres n’ont pas vues, a découvert des secrets ; d’autre part… parce qu’ils ont tous un grain et retracent la fête via le prisme d’un genre narratif particulier.

Il y a donc deux aspects dans The Afterparty : le fond et la forme, c’est-à-dire l’intrigue criminelle et les genres auxquels empruntent les épisodes. Sur le premier plan, l’histoire reste assez classique et même finalement sans grands enjeux. Bien que nous n’ayons pas vu le dénouement, elle semble cependant cohérente et bien construite : c’est un mystère en huis-clos, un puzzle dont les pièces s’imbriquent correctement, où tout le monde est un coupable potentiel et où les soupçons passent de l’un à l’autre. En mode comédie toutefois, puisque la série ne se prend absolument pas au sérieux, enchaîne les gags visuels, les blagues et les traits d’humour… avec plus ou moins de succès puisqu’on sourit plus qu’on ne rit. C’est parfois idiot voire potache, un peu plus subtil lorsqu’on détourne les éléments propres au murder mystery.

C’est à Danner d’essayer d’y voir plus clair dans ce Cluedo délirant

Pour le reste, l’originalité de The Afterparty réside indubitablement dans le concept du changement de perspective et de genre narratif au fil des épisodes. Aniq est ainsi en pleine romcom, Brett se voit en héros de  film d’action, Chelsea plonge dans un thriller psychologique , Yasper s’éclate dans sa comédie musicale, Indigo voit tout en noir et blanc dans un film d’art et d’essai , c’est un dessin animé dans la tête de Zoé. L’idée est plaisante, bien qu’on regrette parfois qu’elle n’ait pas été  davantage exploitée. Ce ne sont pas des parodies délirantes, plutôt des emprunts à plusieurs registres avec un jeu de références aux codes. Reste que le concept fonctionne (du moins dans sept des huit épisodes) et donne à The Afterparty le dynamisme et la petite touche d’originalité qui permettent de passer outre ses défauts.

The Afterparty nous invite dans un huis-clos criminel classique dont elle varie les points de vue et surtout les genres narratifs. De la comédie musicale au thriller en passant par le film d’auteur en noir et blanc, on est là pour résoudre le meurtre d’un homme et exposer les secrets de chacun… mais surtout pour s’amuser. Une série sympathique et légère, qui manque parfois de mordant mais qui divertit et fait son job. Et c’est déjà pas mal.

The afterparty

8 épisodes de 35′ environ.
Disponible sur Apple TV
3 épisodes le 28 Janvier puis un épisode par semaine.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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