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On débriefe pour vous… For all mankind, une saison 2 vers l’infini et au-delà

Toujours passionnante, l’odyssée spatiale uchronique de For all mankind se poursuit en pleine guerre froide. 

C’est quoi, For all mankind (saison 2) ? L’arrivée des soviétiques sur la lune avant les Américains en 1969 a bouleversé l’Histoire et relancé la course à l’espace. Nous sommes maintenant en 1983, la guerre froide est à son paroxysme alors que les États-Unis et l’URSS s’affrontent pour l’exploitation des ressources lunaires. Tandis que la tension monte en même temps que la menace d’une guerre,  Edward Baldwin (Joel Kinnaman), l’ingénieure Margo Madison (Wrenn Schmidt), les astronautes Molly Cobb (Sonya Walger), Tracy Stevens (Sarah Jones) et son ex Gordo (Michael Dorman) sont au cœur des projets de la NASA, mais ils doivent aussi affronter des problèmes dans leur vie privée. 

Parmi les premières séries lancées par Apple TV +, For all mankind est sans contestel’une des plus réussies, si ce n’est la meilleure : la première saison avait séduit par son histoire alternative de la conquête spatiale, en imaginant ce qui se serait passé si les Russes avaient conquis la Lune avant les Américains. La série créée par Donald D. Moore (artisan, entre autres, du remake de Battlestar Galactica) avait alors adapté et réinventé les événements réels dans sa propre chronologie, en mélangeant ses personnages avec des images d’archives voire en réinventant complètement l’Histoire. 

A lire aussi : On débriefe pour vous For all mankind, uchronie spatiale

C’est encore le cas dans cette deuxième saison, marquée par une ellipse temporelle de dix ans depuis la fin de la précédente. For all mankind se place cette fois dans les années 1980, avec une nouvelle lecture uchronique de l’Histoire. Le premier épisode commence par décrire le contexte : Ronald Reagan a été élu président des États-Unis en 1976, l’accident nucléaire de Three Mile Island a été évité, le prince Charles a épousé Camilla  et John Lennon n’est pas mort sous les balles de Mark Chapman. La décennie d’écart entre les deux saisons suppose que nous suivions une autre génération d’astronautes tandis que les héros que nous connaissons ont évolués professionnellement et personnellement : Baldwin occupe désormais le poste de chef du bureau des astronautes, les relations entre Gordo et Tracy n’ont cessé de se détériorer, Margo est ingénieur en chef et sur la lune, Ellen et Molly font face à une dangereuse tempête solaire.

Baldwin garde les pieds sur terre en début de saison

Ce qui frappe, dans ces nouveaux épisodes, c’est que la série gagne encore en intensité. Il faut dire que, cette fois, le contexte est nécessairement plus facile et rapide à mettre en place et que la charge dramatique est accentuée d’une part car l’on connaît les épreuves qu’ont traversées nos héros, et d’autre part en raison de la situation politique extrêmement tendue. Si on y aborde à nouveau des sujets comme le machisme, la corruption politique, la discrimination envers les homosexuels ou l’égalité raciale, For All mankind réinterprète surtout la période de la Guerre froide. Soit un conflit à la fois politique, social, idéologique, diplomatique et militaire qui, après la Seconde Guerre mondiale, a divisé le monde en deux, entre bloc occidental et bloc soviétique, tandis que planait la menace d’une guerre nucléaire. 

Ici, les tensions sont plus fortes qu’elles ne l’ont jamais été dans la réalité, sur Terre comme dans l’espace. Sous la présidence de Reagan, le programme spatial de la NASA est supervisé par le ministère de la défense, ce qui en fait un projet plus militaire que scientifique. Chaque décision, chaque opération risque d’avoir des conséquences politiques et diplomatiques dramatiques puisque  le conflit est à son apogée alors que  les deux pays visent l’exploitation des ressources lunaires à partir des bases qu’ils y ont implantées. Depuis la base de Jamestown, les astronautes américains poursuivent leurs travaux tout en guettant fébrilement leurs rivaux russes… et la situation finira par dégénérer dans une séquence qui n’est pas sans rappeler le film mythique de 1951 Le jour où la terre s’arrêta.

Cette saison est bourrée de rebondissements dans l’espace, sur la lune ou sur la terre. Malgré quelques intrigues un peu moins réussies (par exemple celle centrée sur le personnage de Aleida, jeune ingénieure protégée par Margo), la série entremêle globalement le tout avec fluidité et intelligence. Comme dans le quatrième épisode où l’on suit pas moins de quatre axes narratifs qui, non seulement sont tous intenses et prenants, mais en plus finissent par avoir des répercussions les uns sur les autres. 

Haute tension sur la lune

En marge de l’action proprement dite, on retrouve les personnages dont For all mankind continue d’explorer la dimension profondément humaine. Elle les pousse dans leurs retranchements en les emmenant au-delà de leur limites physiques et émotionnelles : Baldwin fait face à un impossible deuil et à  la déliquescence de son mariage, Gordo n’est plus que l’ombre de lui-même et doit se reprendre s’il souhaite retourner dans l’espace, Margo est frappé par un problème de santé, la relation entre Ellen et Pam s’avère problématique pour la carrière de la première. Et si tous les acteurs sont excellents, citons Joel Kinnanman qui livre probablement la meilleure interprétation de sa carrière,  Michael Dorman qui ne déçoit jamais, ou encore la formidable Sonya Walger.

La série démontre également,  une fois encore, son énorme ambition avec son lot de scènes visuellement frappantes. Ce qui se passe dans l’espace est captivant, puissant et spectaculaire. On pense à la scène du lever de soleil sur la lune suivie par la tempête radioactive, aux affrontements intenses entre Russes et Américains, à l’ensemble du dernier épisode qui ne cesse d’aller crescendo jusqu’à l’incroyable séquence avec Gordo et Tracy, ou encore la scène finale époustouflante qui indique clairement où nous emmènera la troisième saison, que l’on devine au moins aussi épique. 

Déjà extrêmement convaincante et prenante dans sa première saison, For all mankind enfonce le clou dans la deuxième : plus dramatique, plus intense, plus profonde à la fois techniquement et émotionnellement, c’est une série aussi forte que spectaculaire. Entre conquête spatiale, drames humains et uchronie, For all mankind est une série colossale à côté de laquelle il ne faut surtout pas passer. 

For all mankind
Saison 2 – 10 épisodes de 55′ environ.
Disponible sur Apple TV+.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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