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On débriefe pour vous … Iron Fist saison 2 (Netflix)

Après une première saison jugée décevante, Iron Fist fait un pas dans la bonne direction. Avec de nettes améliorations, mais sans convaincre totalement.

C’est quoi, Iron Fist (saison 2) ? À la fin de The Defenders, Matt Murdock confiait à Danny Rand (Fynn Jones) la défense de la ville. Notre homme assume désormais cette mission, et tente de contrecarrer la criminalité dans les rues de New York en utilisant la puissance de l’Iron fist, une énergie mystique concentrée dans son poing. Tandis que Danny tente d’enrayer la violence et la guerre des gangs à Chinatown, Davos (Sacha Dawan), son frère d’armes à K’un-Lun, arrive à New York, afin de s’approprier l’Iron fist. Dans cette lutte sans merci pour la possession de l’Esprit du Dragon, Danny va devoir s’appuyer sur sa compagne Colleen (Jessica Henwick) et sur l’aide de Misty (Simone Missick), l’acolyte de Luke Cage.

La première saison de Iron Fist a fait l’unanimité… contre elle. Souvent citée comme l’une des pires séries de 2017, on a critiqué son personnage principal sans intérêt, une histoire insignifiante et pleine de longueurs et des scènes d’action faiblardes. Heureusement, après le départ de Scott Buck (qui, après avoir gâché Iron Fist, a fait un flop encore plus retentissant avec la série Marvel’s Inhumans), le nouveau showrunner  Metzer Raven a… tapé du poing sur la table, et a réussi à sauver les meubles. Malgré des défauts indéniables, cette saison est un pas dans la bonne direction.

Dans Iron Fist, le meilleur personnage n’est pas celui qu’on croit

 

Commençons par la principale amélioration : condensée en 10 épisodes au lieu de 13, Iron Fist bénéficie d’une écriture plus resserrée. Centrée sur un arc narratif principal (la lutte entre Danny Rand et Davos), auquel s’ajoutent quelques intrigues secondaires (l’enquête de Colleen sur ses origines, la tentative de rédemption de Ward Meachum par exemple), la série évite ainsi de se perdre dans des digressions inutiles. La réduction du nombre d’épisodes permet un rythme plus rapide, nous épargne les bavardages au profit d’une plus grande focalisation sur l’action, malgré quelques temps morts. Les premiers épisodes, notamment, font parfois office de  « remplissage » et posent un peu maladroitement les jalons de la saison. Jusqu’au tournant fondamental, à partir duquel l’histoire prend une autre direction, surprenante et audacieuse. Dès lors, le récit monte en puissance et suit une évolution bien amenée et globalement cohérente.

En outre quelques flashbacks nous ramènent à  K’un L’un et plongent un peu plus dans la mythologie de l’Iron Fist et des rituels qui l’entourent. Et si la saison 1 avait notamment été critiquée pour les scènes de combats jugées décevantes, les affrontements s’inspirent cette fois ouvertement des films de kung-fu des années 70. Sans atteindre la virtuosité de celles de Daredevil, les séquences sont plus impressionnantes et graphiques.

Danny Rand contre Davos : deux prétendants et un seul Iron Fist

 

Le problème, c’est que la grande faiblesse de Iron Fist reste… Iron Fist / Danny Rand. L’interprétation de Finn Jones s’est certes améliorée, et son personnage a évolué –  le grand benêt est devenu un guerrier accompli. Pour autant, il manque encore cruellement de complexité et d’aspérités. Même son parcours initiatique à K’un Lun, trop évasif pour  lui donner une profondeur psychologique, ne suffit pas à le rendre intéressant. Même chose pour Davos : Sacha Dawan est correct dans le rôle, mais on espérait davantage du grand antagoniste de la saison. Uniquement défini par sa soif de pouvoir et son désir de s’approprier l’Iron Fist, il n’acquiert jamais la dimension suffisante pour représenter une menace crédible. L’affrontement des frères ennemis souffre de cette platitude et de ce manque de caractérisation, ce qui en diminue l’enjeu et la portée. Quant à Joy Meachum (Jessica Stroup), alliée de Davos, sa posture de victime et sa rancune redondante et stérile envers Danny la rendent vite aussi inutile qu’agaçante…

Heureusement (quoi que bizarrement), cette saison se focalise moins sur Danny et donne plus de place à d’autres personnages. En particulier Colleen (excellente Jessica Henwick) : la petite amie de Danny tente de percer le mystère de son passé tout en aidant notre héros dans ses combats. Elle devient alors bien  plus qu’une acolyte, s’affirme comme son égale et l’éclipse même par moments, au prix d’un dilemme moral qui ne sera pas sans conséquence pour le couple. Aux côté de la jeune femme , on retrouve Misty Knight (Simone Missick) qui délaisse un temps Luke Cage: le duo féminin est enthousiasmant, au point que certains réclament déjà un spin-off axé sur celles qui, dans l’univers Marvel, se surnomment les Filles du dragon.

Duo bad ass au féminin, les filles du dragon font la loi

 

Seule nouvelle recrue d’importance : Mary Walker (excellente Alice Eve), personnage ambigu et dangereux, beaucoup plus effrayante que Davos mais dont on ne dira rien de plus, pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise. Enfin, Ward Meachum (génial Tom Pelphrey) connaît une évolution intéressante : tout en combattant son addiction, il se réconcilie avec  Danny et révèle une fragilité qui le rend plus sympathique. La scène finale de la saison suggère par ailleurs que son personnage pourrait prendre une direction inattendue et intrigante. Suffisamment, en tous cas, pour qu’on ait envie de voir ce qu’il adviendra en saison 3. Vu le fiasco de la première saison, c’est déjà un exploit !

Avouons-le : déçu par le premier volet des aventures de Iron Fist, on pourrait rechigner à se lancer dans cette deuxième saison. Or, c’est finalement une bonne surprise, Iron Fist s’améliorant sur tous les plans : jeu d’acteur, rythme, écriture, scènes d’action. Ce n’est pas encore suffisant pour convaincre totalement, mais on s’en contentera pour l’instant, en attendant une saison 3 qui, espérons-le, gagnera encore en qualité et exploitera intelligemment le final… coup de poing de cette saison.  

Iron Fist (Netflix)
Saison 2 – 10 épisodes de 50′ environ.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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