Lancée en 2017 par Laurent Fabius, la « Nuit du Droit » se déroulait pour la première fois hier à l’université Lyon 3. Entre Rhône et Saône, cette première soirée a connu un vif succès. VL était sur place.

« Il ne fallait pas louper les 60 ans de la Constitution » avoue le professeur de droit public Hervé de Gaudemar, également doyen de la faculté de droit de l’Université Lyon 3. A l’initiative de la première édition lyonnaise de la « Nuit du Droit », il avait fait le pari de réunir étudiants et lyonnais pour une grande soirée autour du droit, avec l’objectif de montrer l’université et la justice sous un autre « jour ». Un pari réussi puisque ce sont près de 4.000 visiteurs qui ont pris part à la soirée, jusqu’à 1h du matin environ. Avec une programmation riche et éclectique ; allant des traditionnelles conférences aux tables rondes jusqu’au cinéma et même la fiction ; chacun a pu parler du droit autrement. Une soirée « encourageante » pour l’université qui pense dès maintenant à la deuxième édition, comme nous l’explique Hervé de Gaudemar.

 

Lyon 3 remplit ses amphithéâtres… même à 22h30 !

Des amphithéâtres plein à craquer un jeudi soir, les professeurs affirment volontiers que cela relève de « l’exploit » ! Avec 3.000 inscrits préalables et un programme qui aborde l’ensemble des aspects du droit contemporain – à la fois dans son rôle historique, médiatique et international – toutes les activités proposées on su trouver un certain public. A commencer par les conférences autour des médias et de la mémoire. Au total, ce sont près de 1.200 étudiants qui étaient au rendez-vous des conférences « Justice et Mémoire » avec Alain Jakubowicz et « Justice et Médias : Je t’aime moi non plus » avec Antoine Vey.

Les étudiants en nombre pour écouter Alain Jakubowicz

Ainsi, les étudiants et les visiteurs ont pu profiter de l’expérience des ténors du barreau mais aussi professionnels de la justice qui oeuvre pour elle au quotidien. C’est ainsi que tables rondes sur des sujets précis comme le mariage, le pacs ou la cyber-sécurité ont permises d’en savoir plus sur leur droit. Toujours dans cette optique, des consultations gratuites de l’ordre des avocats du Rhône et des notaires étaient à disposition des participants.

Alain Jakubowicz, Antoine Vey et Anne Gruwez : stars de la soirée

Ils étaient tous très attendus par les étudiants. Si l’annulation à la dernière minute d’Eric Dupond-Moretti a pu en décourager certains, les avocats Alain Jakubowicz et Antoine Vey étaient les personnalités de la soirée. Présents pour éclairer les étudiants de leur expérience dans des procès historiques, ils se sont réjouit de pouvoir échanger avec des étudiants en marge des conférences. Pour l’ancien président de la LICRA et avocat dans le procès Barbie, Alain Jakubowicz, ce fut l’occasion de présenter aux étudiants des « procès qui appartiennent à l’Histoire » alors que « la plupart des témoins ne sont plus là pour en parler ». 

 

Antoine Vey, l’avocat associé d’Eric Dupond-Moretti, était là pour raconter le procès d’Abdelkader Merah – le frère de Mohamed Merah et auteur des attentats de Toulouse en 2012 – ainsi que la place des médias dans les affaires judiciaires. Un sujet plus que d’actualité à quelques semaines du procès de Salah Abdeslam, seul survivant du commando terroriste des attaques du 13-Novembre 2015. Antoine Vey décrit le procès d’Abdelkader Merah comme « difficile » mais se dit « fier » d’avoir « pu garantir un procès équitable en assurant sa défense » car « le droit est notre bien commun face aux terroristes ».

 

Venue directement de Belgique, la juge d’instruction Anne Gruwez était à Lyon hier soir pour présenter le film-documentaire dont elle est l’héroïne : « Ni juge, ni soumise ». Durant 3 ans, une équipe de cinéma a pris le temps de la suivre dans son travail quotidien pour un résultat sidérant d’humanité. Présenter le métier de juge d’instruction aux futurs juristes, c’est ce qu’elle s’est employée à faire.

 

Etudiants, visiteurs et intervenants conquis

Il suffisait de faire un tour parmi les étudiants pour constater que la « Nuit du Droit » était une réussite. Avec un food-truck et un stand pour prendre un rafraîchissement, ils étaient nombreux à profiter de la cour centrale de la faculté en début de soirée, au son d’un orchestre étudiant de jazz. « Une très bonne soirée avec des conférences très intéressantes » souligne Clément, étudiant en L3 droit privé tandis que Clémence, en master 1, était « trop contente de rencontrer Me Jakubowicz ». Même s’ils sont « moins estampillé vu à la télé » comme l’explique Hervé de Gaudemar, les étudiants ont pu échanger avec de nombreux acteurs de la justice, peut-être pour parfaire une orientation. Cette première édition a séduit au delà de Lyon puisque des visiteurs de Reims, Chambéry ou Roanne étaient dans le public. Une réussite saluée par le Procureur de la République de Lyon, Marc Cimamonti qui s’est dit « agréablement surpris ». Rendez-vous l’année prochaine.

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