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On débriefe pour vous… Love, Victor est plus qu’un teen drama LGBTQ

Sur Disney+ Star, Love, Victor suit un jeune homme qui cherche à se définir dans son orientation sexuelle, mais aussi dans d’autres aspects de sa vie.

C’est quoi, Love, Victor ? Victor Salazar (Michael Cimino) arrive au lycée de Creekwood en cours d’année scolaire. L’adaptation dans un nouvel établissement n’est pas facile, a fortiori pour ce jeune adolescent en pleine période de doutes et de remise en question. Victor s’interroge notamment sur sa sexualité : il flirte avec la jolie Mia (Rachel Hilson) et en même temps, il se sent irrésistiblement attiré par Benji (George Sear), un jeune homme qui ne semble pas indifférent. Victor se sent perdu mais heureusement, il peut compter sur l’aide d’un ancien étudiant de Creekwood, Simon (Nick Robinson), qui a traversé une situation similaire à la sienne et avec qui il échange des courriels. 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, une précision s’impose : Love, Victor est dérivée du film Love, Simon réalisé par Greg Berlanti en 2018. Le Simon du titre, élève au lycée de Creekwood, cache son homosexualité à son entourage et ne sait pas comment gérer ses sentiments amoureux ; avec naturel et sensibilité, le film montre son parcours, ses histoires d’amour et son coming out. Disponible grâce à l’offre Star de Disney +, Love, Victor reprend le même thème dans le même environnement. Et même si l’on retrouve certaines allusions ou personnages (dont Simon, tout au long de la saison en voix off puis en chair et en os dans l’avant-dernier épisode), il n’est pas indispensable d’avoir vu le film au préalable. 

Deux ans après que Simon a obtenu son diplôme et déménagé à New York, Victor intègre le lycée de Creekwood. Avec ses parents (James Martinez et Ana Ortiz), sa sœur Pilar (Isabella Ferreira) et son petit frère Adrian (Mateo Fernandez), il a emménagé en cours d’année scolaire – pour des raisons que l’on découvrira plus tard. L’adolescent a quelques difficultés à s’intégrer parmi ses nouveaux camarades, bien qu’il devienne vite ami avec son voisin Felix (Anthony Turpell). Surtout, Victor traverse une profonde crise d’identité. De toute évidence, il est attiré par les garçons ; mais il est issu d’une famille conservatrice avec des parents absorbés par leurs propres problèmes et un grand-père homophobe, il découvre un lycée moins LGBT-friendly que ce qu’il pensait, et bien qu’il fantasme sur Benji alors que celui-ci est déjà en couple avec un garçon. il s’engage dans une relation sentimentale avec la jolie Mia…

Le cœur de Victor balance entre Mia et Benji

Victor est perdu mais heureusement, il connaît l’histoire de Simon et décide de lui envoyer un e-mail pour lui exposer sa situation. Il n’attend pas forcément de réponse, or contre toute attente, Simon lui écrit à son tour. Leurs conversations, intimes et bienveillantes, vont l’aider à se construire et s’accepter, a comprendre son orientation sexuelle et qui il est vraiment.  Ces échanges en voix off ponctuent les épisodes, Victor confiant ainsi à Simon et au public toutes ses pensées et ses sentiments, de sorte que l’empathie est immédiate et totale. A fortiori parce que Victor est un personnage attachant : un adolescent sympathique et équilibré, mais perclus de doutes et en quête d’identité. 

Au départ, on se dit que Love, Victor est une série sympathique quoi que banale et sans grande portée, avec en outre des personnages secondaires convenus. On retrouve le geek atypique (Felix), la fille superficielle obsédée par son image (Lake), l’adolescente populaire (Mia), le sportif arrogant (Andrew), la petite sœur rebelle (Pilar)… Et pourtant, au fil des dix épisodes d’une vingtaine de minutes, cette première saison ne cesse de monter en puissance, de gagner en nuances et en profondeur. Et si le récit se focalise essentiellement sur Victor,  les autres protagonistes prennent davantage d’importance – que ce soit au travers des histoires sentimentales des adolescents (celle de Felix et Lake par exemple) ou lorsqu’on découvre la grave crise de  couple que traversent les parents de Victor. 

Le ton reste toujours léger, les intrigues simples à appréhender.  La candeur et la fraîcheur de Love, Victor  la rendent charmante, certaines séquences humoristiques ou la bande-son pop dynamique contribuent à atténuer la gravité des sujets abordés mais, par moments, elle est beaucoup plus intense. Il y a des scènes marquantes et / ou pleines d’émotions (celle de l’anniversaire de Victor qui ne se déroule pas comme prévu, ou la magnifique scène finale), des sujets prégnants comme évidemment l’homophobie et plus particulièrement et plus subtilement les décalages générationnels, sociaux ou culturels qui induisent de façon inconsciente une forme de rejet. Doux et sensible, le récit fuit toute dramatisation excessive pour illustrer les sentiments d’un adolescent qui découvre qui il est… et à quel point ça peut être effrayant lorsqu’on est soumis à la pression constante d’un entourage – notamment familial – qu’on craint de décevoir.

A la maison, tout n’est pas facile non plus pour Victor

Les interrogations de Victor sur ses relations sentimentales ou sa sexualité sont au cœur de la série, mais la réduire à un teen drama LGBTQ serait une erreur grossière. Car au fond, Love, Victor parle d’amour sous plusieurs formes. Amour gay et hétéro, relations sentimentales et familiales, solidarité fraternelle et amicale, flirt romantique et sexe, mais aussi amour et acceptation de soi. De ces différentes représentations de l’amour émerge un message universel qui fait écho à l’une des grandes répliques du film dont elle est dérivée : comme le dit Simon sur le grand écran, « everyone deserves a great love story. »

Nous méritons tous une belle histoire d’amour. Cette conviction portée par Love, Simon  est aussi au centre de Love, Victor. Ce n’est pas une série-choc avec une histoire dramatique et bouleversante : au contraire, c’est un récit délicat, tout en nuances et en sensibilité qui  crée une réelle empathie envers ses personnages et suscite de jolies émotions. Elle délivre surtout un message d’amour et d’acceptation inconditionnels, malheureusement encore nécessaire aujourd’hui.  Love, Victor est charmante et attachante – comme son héros, que l’on retrouvera dans une deuxième saison officiellement commandée. 

Love, Victor
10 épisodes de 25′ environ.
Le 23 Février sur Disney+ Star.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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