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“On veut sauver le bac”. Rencontre avec un bacbloc.

Ras-le-bol, d’un ministre qui n’écoute pas et d’une réforme économique et inégalitaire! En grève depuis le 17 juin, Alex a décidé de ne pas rendre ses copies. Rencontre avec ce “bacbloc“, professeur en Seine-Saint-Denis et membre de Sud Education.

“Si on a les parents avec nous, l’opinion va changer. On a besoin d’eux, qu’ils sachent qu’on ne fait pas cela pour nous.” Le corps enseignants mobilisé espère un “syndrome de Peter Pan”.

Un programme inégalitaire

La nouveauté, c’est la suppression des filières L, ES et L pour des cursus personnalisables. Problème, ces spécialités ne sont pas disponibles partout. Professeur dans un très grand lycée, Alex m’explique que 7/12 spécialités y sont disponibles.” On ne sait pas quoi conseiller à un élève qui veut s’orienter “. De plus, certains lycées imposent des menus ou “triplettes” qui ne laisse pas le choix à l’étudiant. “Sans parler de la spécialisation numérique, qui demande des professeurs de math que l’on ne recrute plus.”

Travailler plus pour gagner moins

Le bac sera corrigé par l’établissement et sa valeur assimilée à ce dernier. 21 épreuves au lieu de 13, pour lesquelles les correcteurs ne seront plus payés. Si on n’arrive pas à réduire le nombre de fonctionnaire on réduit les salaires“. Le nombre d’élève par classe va également augmenter et les heures de cours sont réduites. “Il faut laisser du temps et donner des moyens pour éviter le bachotage me dit Thibault Eckermann, professeur depuis 12 ans. Écœuré, il s’est mis en disponibilité et ne sait pas ce qu’il fera l’année prochaine

“Le mépris on a l’habitude, mais là, c’est vraiment grave!

La bourse du travail était pleine à craquer jeudi 3 juillet, symbole de la gravité des faits. Des professeurs, de base non-grévistes, on rejoint le mouvement, choqués par la tournure des événements. Sarah fait partie d’entre eux :”Ce matin j’ai refusé d’être jury et de bricoler les notes, c’est inadmissible“. On ne pensait pas en arriver là, tous les moyens sont bons pour ne pas céder du terrain. “C’est pour les élèves, je ne perds pas mon salaire par plaisir”. Une opinion partagée par Alex “si le travail des élèves ne compte pas à quoi bon rendre les copies”. Pour ce qui est de la légalité de l’action menée, l’article 28 de la loi n° 83-634 dit : “Tout fonctionnaire […] doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public”.

Des médias à la solde du gouvernement ?

“On vous voit, on a vu ce qui vous intéressait”, “on s’est encore fait lyncher, sur LCI”. “prise d’otage; licenciement”. Les journalistes ne sont pas appréciés de tous ce 4 juillet au matin. Excepté Médiapart, Alex dénonce un traitement injuste et arbitraire “Le Monde, Le Figaro et Libération sont pro-réforme, on l’a bien compris! On n’a pas beaucoup entendu parler du mouvement sinon…”

Et après? Direction le tribunal administratif?

Rassurés par l’action collective et la présence des principaux syndicats du métier, les enseignants sont déterminés à aller jusque au bout. L’intersyndicale qui représente 84% de la profession se réunit lundi pour statuer du sort du mouvement. Quoi qu’il en soit, Jean-Michel Blanquer n’a pas fini de s’arracher les cheveux.

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