En France, 31% de personnes atteintes de maladies graves ne sont plus en mesure de se soigner à cause de la pénurie de médicaments.

Cette pénurie touche de plus en plus de Français. En 2008, seulement 44 médicaments posaient problème, 404 en 2013 et 538 en 2017. Des associations dénoncent la politique de rentabilité des laboratoires. Les industriels du médicament ont présenté un plan d’action. Parmi les pistes : une revalorisation des prix et l’établissement d’une liste de médicaments prioritaires. En France, près d’un patient sur trois aurait déjà été confronté à une pénurie de médicaments au cours des six derniers mois.

Améliorer l’approvisionnement et le suivi des stocks

Le Leem (Les Entreprises du Médicament) souhaite que les usines pharmaceutiques soient relocalisées en France ou en Europe. Selon le magazine Sciences et Avenir, cette organisation aurait proposé un rapport au Sénat en 2018 pour être en mesure de définir un ensemble de médicaments d’intérêt sanitaire et stratégique pour lesquels des mesures de gestion de pénurie devraient être renforcées. Cette liste, établie « au regard de critères précis », permettrait de se concentrer sur les traitements les plus indispensables et les plus difficilement remplaçables.

Revalorisation de prix par rapport à des mesures fiscales

Certains médicaments apportent une faible rentabilité et cela incite les fabricants à en produire beaucoup moins ou bien à écouler les stocks sur d’autres marchés européens offrant des tarifs plus attractifs que ceux de la France. C’est la raison pour laquelle l’organisation sectorielle pharmaceutique est favorable à une revalorisation des prix des médicaments.

Mais il y a également le problème des médicaments dans le domaine hospitalier qui perdure. Le Leem préconise donc des appels d’offre systématiques avec plusieurs attributaires pour éviter aux hôpitaux de ne dépendre que d’un seul et unique fournisseur.

« La question de la prévention des ruptures d’approvisionnement est un sujet absolument prioritaire qui relève de la responsabilité de nos entreprises mais également de l’ensemble des acteurs de la chaîne« , a indiqué le directeur général du Leem, Philippe Lamoureux.

Un phénomène mondial

 Il n’y a pas que les Français qui sont touchés par cette pénurie. Au Venezuela, 90% des produits médicaux nécessaires font défaut et plus de de la moitié des laboratoires publics ont fermé.  Résultat, une fillette de cinq ans atteinte d’une tumeur au cerveau est décédée en 2016 à cause du manque de matériel nécessaire pour traiter cette maladie.

Au laboratoire de la Banque de sang de Caracas, des dizaines d’échantillons ont attendu pendant des mois l’arrivée d’un produit réactif pour les analyser. Des patients sont décédés sans savoir ce qu’ils avaient.


Pourquoi sommes-nous arrivés à une pénurie ?  

Cette pénurie est due à de nombreux facteurs qui affectent le marché pharmaceutique :

  • La tension mondiale entre la demande de médicaments qui n’a cessé d’augmenter, notamment dans les pays émergents, et la capacité de production.
  • Les fluctuations imprévues du marché.
  • Les problèmes liés à la production en elle-même.
  • Les difficultés d’approvisionnement en principe actif.
  • Les dispositions réglementaires.
  • Les contraintes économiques, notamment les prix bas imposés par les pouvoirs publics.