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Peur rouge pour les sud-coréens

La Corée du Sud est menacée. Kim Jong-Un a annoncé que la Corée du Nord est désormais “en état de guerre” avec sa voisine. Le gouvernement sud-coréen prend la nouvelle au sérieux et se dit prêt  à “opposer une riposte sévère et immédiate”, comme le souligne Park Geun-Hye, présidente de la Corée du Sud. Seon Mi et Myeonghe, deux étudiantes sud-coréennes, vivent cette crise. Elles témoignent.

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Le couteau dans la plaie

En 2007, la Corée du Nord avait accepté de renoncer à ses activités nucléaires en échange d’aides économiques et d’une garantie de sécurité. Depuis, elle a fait trois essais nucléaires, dont un dernier effectué la semaine dernière. La scène internationale réagit. L’ONU a adopté des sanctions et les EU ont fait voler dans le ciel sud-coréen des bombardiers et des chasseurs furtifs, avant de rapprocher des côtes coréennes  USS Fitzgerald, un navire militaire. Seon Mi, jeune étudiante coréenne à Seoul, ne voit pas d’un bon œil l’intervention des pays étrangers : “Les Etats-Unis soutiennent le Sud, la Chine le Nord… je pense qu’ils ne devraient pas intervenir”. Pour elle, la situation est déjà assez compliquée.

Un nouveau chef communiste a été nommé le 11 Avril 2012, pour succéder à  Kim Jong-Il : le fils Kim Jong-Un. Sans expérience militaire, ni politique, certains ont peur de son imprévisibilité. “Il est très jeune. Il a besoin de se montrer à la hauteur de son père” affirme Myeonghe. Jeu de rôle, jeu d’ego… Le chef suprême de la Corée du Nord âgé de 30 ans voudrait donc s’imposer sur la scène militaire et politique, à n’importe quel prix.

Seon Mi tient à rappeler que la Corée, avant la guerre de 50-53, était un seul et même pays, un pays uni. Un pays où les familles n’étaient pas séparées par la frontière. Un pays où des camps n’étaient pas nécessaires pour retrouver les siens une fois par an. “Mais depuis quelques années, cela n’est même plus possible“. Les tensions se sont accrues et “les déclarations de Kim Jong Un n’améliorent pas les relations” dit-elle.

La déclaration de Kim Jong Un est un problème grave, non seulement pour l’humanité mais aussi pour l’économie“.

Seon Mi pense à  la région de Kaesong, à la frontière Sud-Nord, qui abrite plusieurs petites entreprises sud-coréennes et emploie près de 50 000 travailleurs nord-coréens. Une source de revenus appréciée par les deux camps. Selon elle,  les déclarations du chef communiste amèneront les entreprises à fermer et laisseront  les travailleurs sans le sou. Il a déjà interdit aux sud-coréens de se rendre dans cette zone.

Pourtant, l’économie est un problème pour la Corée du Nord. Basés sur le principe “d’auto-suffisance”, les nord-coréens se sont vite aperçus qu’ils ne subvenaient pas à leurs besoins. Et c’est bien une des raisons qui laisse croire à Myeonghe que les nord-coréens n’attaqueront pas. “Il y a quelques années, la Corée du Sud a coupé les aides pour la Corée du Nord, parce que nous avions déjà dépensé beaucoup d’argent pour elle. Aujourd’hui, la Corée du Nord souffre de la famine et de la misère plus que jamais. Ils n’ont pas les fonds pour faire la guerre. S’ils la déclenchent, il y aura des dommages importants. Je ne pense pas qu’ils prendront le risque.

Déclarer être en état de guerre… c’est en quelque sorte appeler à l’aide

Myongje est donc persuadée que la Corée du Nord est économiquement à bout: “ils veulent garder leur identité et obtenir de l’aide financière des autres pays”. Elle pense que le conflit peut se résoudre en apportant les aides économiques. Mais ce ne serait que partie remise. “Il faut être fort et les ignorer. Si nous continuons nos actions contre la Corée du Nord, ils se rendront“.

Je ne veux pas quitter mon pays

Même si le gouvernement prend très au sérieux les déclarations, les deux étudiantes ne se disent pas alarmées de la situation. Il n’est pas question pour elles de quitter leur pays. Seon Mi confie : “Je pense qu’en tant que coréenne, j’ai la responsabilité de résoudre le problème. Vous savez… Ce n’est pas simplement le problème de la Corée. Si on ne le résout pas, la prochaine génération devra vivre dans un climat beaucoup plus effrayant.

Photo : ©AFP Kim Jong-Un

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