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Philippe De Broca (Portrait) Le Roi de cœur était un as

Alors que Le Roi de cœur, film longtemps oublié de Philippe de Broca, ressort en salles et en vidéo, il est temps de revenir sur la carrière du réalisateur.

Philippe de Broca est l’homme qui a transformé Belmondo en roi du box-office. C’est également un réalisateur magnifique, qui navigue entre action, humour et fantaisie, admiré par Spielberg, marié quelques mois à Margot Kidder (Lois Lane dans la saga Superman avec Christopher Reeve), et qui nous a laissé des comédies d’aventures à la françaises cultes et inoubliables. Retour sur sept chapitres de la vie d’un grand réalisateur du cinéma français.

L’assistant réalisateur : Le Beau Serge

Après avoir travaillé dans le cadre de son service militaire pour le Service Cinématographique des Armées, le jeune Philippe de Broca, diplômé de l’ETPC (Ecole Technique de Photographie et de Cinématographie) accepte de participer au premier film d’un réalisateur alors totalement inconnu, un certain Claude Chabrol. Il sera son assistant sur Le beau Serge, Les Cousins, À double tour, ainsi que sur Les Quatre Cents Coups de François Truffaut. Il met fin à sa carrière d’assistant réalisateur en 1961, lorsque Claude Chabrol qui décidément lui aura porté chance, propose de produire son premier film. Ce sera Les Jeux de l’amour avec Anouk Aimée et Jean-Pierre Cassel. Un premier film qui obtient l’Ours d’argent au Festival de Berlin et un accueil chaleureux du public. C’est le début d’une longue carrière pour Philippe de Broca.

Les débuts de la gloire : Cartouche

Après Les Jeux de l’amour, Philippe de Broca enchaîne avec Le Farceur et L’Amant de cinq jours. Trois films qui ont en commun un très bon scénario (de Daniel Boulanger) et la prestation devant la caméra de Jean-Pierre Cassel. Trois films légers et insouciants, saupoudrés de fantaisie et de fraîcheur, avec parfois, une subtile touche de mélancolie… Mais c’est en 1962, avec Cartouche, film de cape et d’épée drôle, énergique, et ébouriffant avec un Jean-Paul Belmondo bondissant, gouailleur et charmeur, et une éblouissante Claudia Cardinale que la carrière de Philippe de Broca s’envole, et que débute sa collaboration avec Jean-Paul Belmondo, avec qui il tournera 6 films, dont 5 succès populaires.

L’acteur d’une vie : Jean-Paul Belmondo

Belmondo et De Broca, un duo magique qui tourna six films, dont 5 gros succès. Cartouche en 1962 (3’606’656 entrées), L’homme de Rio en 1964 (4’800’626 entrées), Les Tribulations d’un Chinois en Chine en 1965 (2’701’000 entrées), Le Magnifique en 1973 (2’895’000 entrées), L’Incorrigible en 1975 (2’572’000 entrées) et Amazone en 2000 (78’000 entrées). Belmondo et De Broca, c’est du cinéma d’aventures, des cascades, des répliques cultes, des films cultes également, avec L’homme de Rio qui inspira Steven Spielberg pour Les Aventuriers de l’arche perdue. Bref De Broca réinvente la comédie d’aventure à la française et transforme Belmondo en une star mondiale. Malheureusement leur collaboration se termine sur une fausse note, dommage que ce soit la dernière, avec le tristement raté Amazone.

Le film culte : Le Magnifique

Une comédie française parodique et absurde, c’est rare, mais cela existe, la preuve avec Le Magnifique, comédie délirante qui n’a rien à envier aux ZAZ de la grande époque. Un pastiche du film d’espionnage, OSS avant l’heure, avec un Jean-Paul Belmondo dans l’un de ses meilleurs rôles et une très belle Jacqueline Bisset. Des dialogues signés Francis Veber (qui n’est pas crédité en raison d’un différent avec Philippe de Broca), une réalisation inventive et énergique, des acteurs formidables et des scènes cultes. Ce film est un ovni dans le cinéma français, une comédie atypique et surprenante à posséder absolument dans sa dvdthèque. Le meilleur film de Philippe de Broca… peut-être bien.

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La saga: Tendre Poulet

En 1978, Philippe de Broca réalise Tendre Poulet, une comédie savoureuse grâce aux dialogues de Michel Audiard et au duo Philippe Noiret et Annie Girardot, formidables en couple touchant, drôle et hétéroclite dans une fable policière sur fond de comédie sentimentale. Suite au succès du film, plus d’un million sept cent mille spectateurs, De Broca récidive deux ans plus tard, avec On a volé la cuisse de Jupiter, une suite efficace qui se déroule en Grèce, au milieu de paysages magnifiques. On y retrouve Philippe Noiret et Annie Girardot, mais aussi Francis Perrin et Catherine Alric. Divertissante et percutante, cette suite plus exotique et menée tambour battant n’est peut-être pas le modèle de film policier mêlée de comédie romantique que fut Tendre Poulet, mais c’est clairement une réussite. Un regret tout de même, que Philippe de Broca n’ait pas conclu la saga par un troisième film…

Le film oublié : Le Roi de cœur

Étrange film que ce Roi de Cœur, absurde et poétique, certainement sorti 10 ans trop tôt, fantaisie délicieuse tournée un an après Les Tribulations d’un Chinois en Chine, qui narre les aventures d’un soldat britannique en 1918 dans une ville française déserté de tous ses habitants (à l’exception des pensionnaires d’un asile d’aliénés). Œuvre burlesque et pacifique sur l’innocence et la folie, cette curiosité de la filmographie de Philippe de Broca totalement oubliée en France mais véritable phénomène aux États-Unis a gardé un charme fou… Bref, à découvrir.

Dernier coup d’épée : Le Bossu

Lorsque De Broca revient en 1997 avec Le Bossu, on ne l’attend plus vraiment. Ses derniers films ayant été des échecs, cela fait quelques années qu’il s’est recyclé dans la réalisation de téléfilms. Certes il est difficile d’oublier Jean Marais et Bourvil, mais De Broca, entouré de Daniel Auteuil, Fabrice Luchini, Vincent Perez, Philippe Noiret et Marie Gillain nous offre un bossu fringuant et romanesque, où l’on retrouve le sens du rythme, l’humour et le savoir faire du réalisateur. Un dernier coup d’épée enthousiaste, avant le décevant Amazone et le trop sage Vipère au poing. “Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi !”

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