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Plumavitae, aider à la démocratisation de l’édition

La plateforme littéraire Plumavitae souhaite devenir un acteur important du décloisonnement de l’édition. Via les outils numériques, celle-ci apporte un souffle de démocratisation permettant un échange direct entre auteur et lecteur. Une initiative intéressante qui permet de mieux comprendre où en est le monde de l’édition.

Le livre face à la révolution du numérique

Internet a apporté ce qu’on nomme la démocratisation de la littérature et avec elle, celle de l’édition. De l’apparition des livres numériques aux maisons d’éditions alternatives en passant par la création du contrat auteur, toutes ces différentes démarches permettent d’assouvir cette soif de voir son livre édité.  Mais de quoi parle-t-on lorsque nous évoquons la démocratisation de l’édition ? S’agit-il d’ouvrir complétement le marché de l’édition en bannissant par le biais des nouveaux acteurs du numérique, la fameuse et magnifique souscription d’ouvrage ? Non, il n’est pas question de cela bien sûr, mais faire sauter le verrou de l’entre-soi des maisons d’édition classiques, en proposant des alternatives crédibles ainsi qu’un accompagnement digne de ces maîtres artisans ? Oui. Nous allons donc aborder le débat avec Kevin Bilingi, fondateur de PLumavitae une plateforme collaborative pour les auteurs. Dans cette jungle de l’édition numérique, il souhaite poser les bases d’un futur artisanat de l’édition numérique.

L’état actuel de cette démocratisation ça te dit quoi ?

« Tout dépend de ce que tu entends par démocratiser. Si la démocratie de l’édition signifie supprimer la place des éditeurs et des professionnels, il suffit de voir du côté de Wattpad ou de l’autoédition. Cependant comme l’autoédition regroupe tout et n’importe quoi, le lecteur se moque et boude les auto-édités. Chez Plumativae, nous pensons que la démocratie ne doit pas passer par une suppression d’acteurs ou une diminution des exigences, mais dans une facilitation de l’accès aux outils de la réussite. Si les éditeurs alternatifs veulent vivre de leur travail, voire évincer leurs confrères plus traditionnels, à un moment donné ils devront respecter les règles du jeu classique ».

L’édition numérique un marché ambigu qui se livre à des méthodes douteuses

« C’est peut-être parce qu’en France ça rime avec arnaque ou travail de moins bonne qualité. Mais quand je vois combien d’euros payent certains auteurs pour avoir le droit de vendre eux-mêmes le fruit de leur travail contre 10% de droits d’auteurs, autant l’investir dans une bonne formation sur l’édition et prendre en main sa carrière seule. Après, je vais encore une fois jouer l’avocat de ces éditeurs : n’est-ce pas la faute des auteurs qui ne lisent pas les contrats, ne s’informent pas et sont prêts à tout pour être édités ? Enfin, je m’accorde un droit de changer d’avis : de nombreux auteurs auto-édités m’ont prouvé qu’il était possible de vivre sans éditeur.»

Echange entre auteur-lecteur

Du coup, le rapport de force reste encore tronqué?

«  Les rapports de force sur un marché ne peuvent pas être équitables, sinon il n’y a plus d’intérêts pour les clients. C’est un faux problème. Si on veut que les maisons 100% numériques puissent se développer, voire mieux que les éditeurs classiques, il faut qu’elles prouvent par leurs projets et concepts qu’elles peuvent apporter plus que le confort du papier. De même, je crois aussi à une révolution par les acteurs privés de la chaîne autour des éditeurs. Un Netflix du Livre émergera et publiera des ouvrages si bons qu’ils gagneront le Goncourt. Les deux types d’édition ne s’opposent pas mais doivent plutôt se compléter pour proposer une expérience encore plus immersive ».

Et ensuite ?

L’édition ressemble toujours à un cimetière de rêves et de promesses tronquées. Le numérique a permis de répondre à cette forte demande présente sur le marché. Cependant là où autrefois le rêve de devenir écrivain passait par le rasoir d’Ockham des maisons d’édition, internet est venu compliquer le cheminement, en rajoutant des possibilités ne débouchant bien souvent que sur le même constat qu’au départ : l’édition résulte de la plume et d’une certaine forme de chance. Pour autant, cette question de démocratisation semble être un faux débat. L’écriture a ce côté romanesque, bien plus que n’importe quelle autre forme d’art. On ne peut cesser de voir dans ce terme de démocratisation de l’édition une envie d’aller plus vite, une envie coûte que coûte de publier une œuvre qu’importe sa qualité. Or, il existe à travers le monde bien plus de poètes cachés que d’écrivains adulés, et ça rien ne pourra le changer.

A lire aussi : Non, la littérature n’est pas ( encore) morte chez les enfants

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Journaliste culturel pour vl-média
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