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Plus belle la vie : c’est quoi le quartier du Panier qui a inspiré la série ?

Niché au cœur de Marseille, le quartier du Panier, avec ses ruelles étroites et ses façades colorées, en a longtemps été la muse cachée, bien avant que la série télévisée « Plus belle la vie » ne s’en inspire. Focus sur un quartier historique qui navigue entre tradition et modernité.

Le quartier du Panier est le quartier le plus vieux de Marseille. Certains endroits de Marseille étaient déjà peuplés avant l’arrivée des Grecs, mais la ville de Marseille, elle, n’existait pas. Ce sont bel et bien les Grecs qui ont fondé « Massilia » en 600 avant J.C. 

La série doit au quartier l’ambiance du fameux bar du Mistral aujourd’hui disparu. L’essentiel de la série en intérieur est tourné en studio, à la Belle de Mai, derrière la gare Saint-Charles.

Cette inspiration peu connue par les téléspectateurs, Agathe Mattei & Matteo Stefani l’ont remarqué. Dans leurs enquêtes, ceux qui en avaient « une connaissance précise se comptaient sur les doigts de la main », et ceux qui en avaient simplement entendu parler étaient à peine plus nombreux. Pourquoi ? « Peut-être que Marseille cherche encore à oublier et à s’oublier en ne se définissant pas précisément », avoue la chargée de développement culturelle, Agathe Mattei. 

Au fil des siècles, Le Panier a été le témoin de nombreux événements historiques, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale où il a été partiellement détruit puis reconstruit.

L’origine du nom « Panier » viendrait de l’enseigne d’une auberge « Le Logis du Panier », installée au XVIIe siècle d’après le média Tarpin bien. Le coin du 2ème arrondissement constitue traditionnellement le premier lieu d’implantation des immigrés à Marseille.  Lorsqu’on rentre dans le quartier, d’un côté, on se trouve face aux immeubles et de l’autre aux maisons. C’est parce que la partie basse du Panier a été bombardée par les Allemands en 1943. « Marseille se dévoile comme la capitale de la Provence, de la Méditerranée, de la lavande, du savon, multiculturelle et ouverte. Mais il y a autre chose derrière. Des histoires de rencontres, d’oppositions, depuis les Grecs pour arriver aux Algériens et aux pieds noirs, en passant par le rôle du quartier pendant la Seconde Guerre mondiale. Marseille est riche de ses blessures, de ses conquêtes, des récits de ses habitants, de ses quartiers, » expose Agathe Mattei dans son enquête « le Panier : enquête sur une mémoire peu répandue ».
En 1943, 2000 personnes ont été déportées. Le Panier était à cette époque, un lieu de résistance et les ruelles grouillaient de juifs et de résistants. Les criminels et petits voyous étaient aussi présents, ce qui rendait le quartier peu fréquentable aux yeux des Nazis, qui n’y voyaient qu’un repère de “vermines »

Crédit : Charlène Paratore

Le street-art du Panier 

Le Panier se distingue non seulement par son passé historique mais aussi par son décor de street art. Ici, pas de grands magasins mais des petites « échoppes » aux devantures colorées. Pas non plus de grands ensembles mais des petites maisons ou des immeubles anciens de 4 à 5 étages maximum. Ce qui permet de mettre en avant l’artisanat marseillais dont principalement le street art dans les ruelles étroites. 

“Le panier, j’y ai exposé deux, trois fois, mais ce n’était pas le lieu emblématique des peintres, témoigne Claude Luca, artiste peintre local. Au niveau de la peinture, il y a une séparation avec le street art. Pour le journal la Marseillaise, j’avais fait une fresque qui représente la ville et tous ses habitants sur le cours Honoré d’Estienne d’Orves . Les gens m’ont confié qu’ils ont besoin de poésie. Il ne faut pas croire que le street art, on a donné un beau titre, mais ça n’aide pas forcément les artistes de la ville. Ce qui est sûr, le street art a pris carrément possession du panier mais les peintres, il n’y en a pas grand nombre là-bas.” 

Tradition Marseillaise ou nouveauté Airbnb ? 

Depuis quelques années, le Panier est devenu, avec le Vieux-Port, la vitrine de Marseille à cause des quartiers reconstitués en studio pour Plus belle la vie

En novembre dernier, selon le témoignage de la mairie à La Provence, Marseille comptait 12 000 logements sur les plateformes de location de courte durée, un marché dominé à plus de 80% par Airbnb.

L’essor des plateformes de location courte durée comme Airbnb a profondément transformé le Panier. Des questions sur l’équilibre entre tourisme et qualité de vie des résidents restent jusqu’à ce jour en suspens. La montée des locations Airbnb pose un dilemme : d’une part, elle favorise un afflux touristique qui aide à l’économie locale mais elle menace aussi l’essence même de ce qui fait l’attrait du Panier c’est-à-dire son authenticité.

La municipalité de Marseille a commencé à répondre à ces problématiques en instaurant des régulations plus strictes sur les locations de courte durée depuis 2023. Des mesures telles que la limitation du nombre de jours de location annuels et la nécessité d’un enregistrement officiel permettent de contrôler et rééquilibrer le Panier.

Pour ceux qui souhaitent explorer le quartier du Panier, il existe des circuits spécifiques grâce à des visites guidées payantes.

ARTICLE DE
CHARLENE PARATORE
EN PARTENARIAT AVEC IEJ MARSEILLE

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