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La polémique des emplois politiques à la LMDE

Laurence Rossignol, l’actuelle secrétaire d’État à la famille et aux personnes âgées, a été salariée de La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) pendant 18 ans. Pourtant, elle n’a jamais fait étalage de cette longue carrière. Et ce pour de bonnes raisons.

« Cette mutuelle a trop de cadres au sommet et pas assez de petites mains pour faire le travail administratif. Et ces cadres, qui plus est, sont souvent choisis sur des critères politiques. », avait déclaré, en septembre 2012, l’un des anciens responsables de la LMDE dans une interview accordée au site de l’UFC-Que Choisir. A ce moment-là faisait-il allusion à Laurence Rossignol ? Aucune affirmation n’est possible mais le doute est permis.

Alors que la LMDE a été épinglée, il y a deux ans, pour sa gestion plus qu’approximative (carte Vitale non délivrée, importants retards dans les remboursements de frais médicaux, erreurs de saisie dans les dossiers, renseignements impossibles à obtenir car aucun interlocuteur joignable par téléphone…) la situation de la LMDE ne s’est, depuis, guère arrangée. Même le directeur général de la CNAMTS (Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés), Frédéric van Roekeghem, le suggérait devant une commission sénatoriale de 2011 : « Si les mutuelles étudiantes n’arrivent pas à gérer à bon prix, autant les réintégrer dans l’assurance maladie ». A la LMDE, l’organisation est tellement chaotique que Gérard Pain, père d’un étudiant adhérent de la LMDE, a monté le site « Se grouper pour agir » afin d’aider les déçus de cette dernière.

Bref, l’administration déplorable de la LMDE est un sujet sans fin dont les facteurs sont multiples. Parmi eux : la question des recrutements des cadres gestionnaires de la LMDE, où l’appartenance politique semble être un critère de sélection. A titre d’exemple, on peut citer le cas de Laurence Rossignol, actuelle secrétaire d’État à la famille et aux personnes âgées. Cette dernière a toujours dit avoir travaillé à la MNEF (ancêtre de la LMDE) à partir de 1993. Dans le portrait que Le Monde du 9 avril 2014 lui avait consacré, il était même fait état d’un « passage à la MNEF ». Un passage qui a tout de même duré 18 ans, soit de 1993 à 2011, date à laquelle Mme Rossignol est devenue sénatrice.

Interrogé par l’UFC-Que Choisir, son cabinet a fait savoir que Madame Rossignol avait été chargée d’études à la direction Santé et Prévention de la mutuelle à temps plein jusqu’en 2004, puis à tiers-temps jusqu’en 2011. Avec une rémunération de l’ordre de 1 200 € nets par mois (soit 3 600 € nets équivalent plein temps). Et la seule trace de son activité à cette période a été sa mention en tant que rédactrice en chef dans quelques brochures à destination des jeunes. « Elle est créditée comme rédactrice en chef pour quelques brochures, mais je sais qu’elle ne les a pas écrites parce que c’est moi et des collègues qui les avons faites », a révélé un ancien salarié de la LMDE. « Elle venait très rarement. Son bureau, pas très loin du mien, était toujours fermé. Les syndicats ont d’ailleurs fini par s’émouvoir de cette situation quand on a commencé à parler de suppressions de postes à la LMDE. La question s’est réglée car elle a démissionné quand elle est devenue sénatrice », poursuit-il.

Ainsi, alors que Laurence Rossignol a été une élue assidue aux postes de conseillère municipale d’opposition à Compiègne, de vice-présidente du Conseil régional de Picardie, mais également de secrétaire nationale du PS chargée des droits des femmes puis de l’environnement, on peut s’interroger sur le temps qu’elle a pu accorder à la LMDE. Si vraiment Laurence Rossignol s’est investie au service de la mutuelle étudiante, pourquoi donc ne pas en parler, ou brièvement, dans son curriculum vitae ? Et si, au contraire, sa contribution à la bonne marche de la LMDE a seulement été épisodique, pourquoi la mutuelle l’a-t-elle rétribuée aussi longtemps malgré ses difficultés financières flagrantes ?

Des interrogations qui font polémiques. D’autant que le copinage politique au sein de la LMDE est récurrent : en 2013, un rapport du commissaire aux comptes avait mis en exergue qu’une somme de 250 000 euros avait été distribués à la vingtaine d’étudiants issus de l’UNEF (Union National des Etudiants Français, un syndicat à tendance gauchiste) qui administrent la LMDE. Certains touchant jusqu’à 2.200 euros par mois. La LMDE avait également financé le congrès de l’UNEF, le festival étudiant contre le racisme organisé par le même syndicat ou encore la branche lycéenne de l’UNEF, pour un total de 200 000 euros. De l’argent qui aurait sans doute dû être réinjecté pour engager du vrai personnel capable d’une meilleure gestion des dossiers.

Laurence Rossignol, secrétaire d’État à la famille et aux personnes âgées.

Laurence Rossignol, secrétaire d’État à la famille et aux personnes âgées.

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