Une pub, cinq joueurs, et la fédération française de football dans l’embarras. À quelques jours du départ pour la Coupe du monde 2026, Kylian Mbappé, Rayan Cherki, Ousmane Dembélé, Michael Olise et Désiré Doué ont exprimé leur mécontentement après l’utilisation de leur image par Betclic dans une campagne publicitaire. Une polémique de plus entre les Bleus et leur fédération, au pire moment.
Une campagne publicitaire qui passe très mal
La séance photo se tenait à Clairefontaine, dans un cadre habituel de rassemblement. Rien, en apparence, ne laissait présager la suite. Or, Betclic, partenaire officiel de la Fédération Française de Football, a récupéré des images issues de cette session pour alimenter une campagne publicitaire diffusée ce week-end. Cinq joueurs y apparaissaient sans avoir donné leur accord : Kylian Mbappé, Rayan Cherki, Ousmane Dembélé, Michael Olise et Désiré Doué.
Aucun d’eux n’aurait donné son accord explicite à cette utilisation précise. C’est, en substance, ce qui a mis le feu aux poudres. Les joueurs concernés estiment que la fédération ne les a « pas suffisamment informés en amont de l’association de leur image à une promotion de paris sportifs ». Un manque de transparence que plusieurs d’entre eux ont jugé inacceptable, d’autant que ce sujet est historiquement explosif au sein du groupe France.
Betclic, de son côté, estime avoir agi dans les règles. La marque invoque les termes de la convention signée avec la FFF, qui lui accorderait ce droit d’usage collectif. Autrement dit, le problème ne vient pas du partenaire, mais bien de la fédération, qui n’aurait pas suffisamment consulté ses cadres avant de valider cette activation commerciale. Les joueurs, eux, n’ont pas l’intention de laisser passer ça sans réponse, promettant une suite à cette affaire au retour de la Coupe du Monde.
Mbappé et Cherki, en première ligne d’un combat ancien
L’Équipe place Mbappé et Cherki parmi les plus remontés des cinq. Ce n’est pas une surprise pour le capitaine des Bleus. Depuis des années, il revendique une charte stricte sur son image : pas d’alcool, pas de malbouffe, pas de paris sportifs. En 2024, lors d’une interview accordé à Mouloud Achour, il avait été on ne peut plus explicite, expliquant que « les paris en ligne détruisent des vies dans les quartiers d’où viennent bon nombre de ses coéquipiers ». Des mots forts, assumés, qui traduisent une conviction profonde et durable.
Ce dossier est, par ailleurs, symptomatique d’un malaise plus large. Les tensions entre le groupe et la FFF se sont accumulées ces derniers mois, autour des primes d’après-Mondial et du nombre de places accordées aux familles lors des rencontres. La fédération pensait pourtant avoir définitivement réglé la question des droits à l’image après le bras de fer mené par Mbappé il y a quelques années. Néanmoins, cette nouvelle affaire démontre que les garde-fous mis en place restaient insuffisants. Ce n’est plus une tension isolée, c’est un dossier structurel.
La France s’apprête tout de même à s’envoler vers les États-Unis pour affronter le Sénégal le 17 juin prochain. C’est donc dans cette fenêtre de préparation que la polémique éclate, au moment où la sérénité du groupe est une priorité absolue. Les instances dirigeantes ont pris connaissance du dossier, mais tout le monde s’accorde sur un point : il ne sera pas tranché avant le coup d’envoi du Mondial. En conséquence, la FFF aura tout le loisir de gérer les conséquences à la rentrée, face à des joueurs qui, clairement, ont décidé de ne plus rien laisser passer.